Le monde agricole adoucit le ton, mais demeure prudent

Le président de l’UPA, Marcel Groleau
Photo: François Pesant Le Devoir Le président de l’UPA, Marcel Groleau

Il semble que le cri du coeur du monde agricole ait été entendu. Après l’indignation exprimée la veille lors du dépôt des recommandations de la commission Robillard, l’Union des producteurs agricoles et la Coop fédérée ont accueilli lundi avec un optimisme prudent la mise au point du président du Conseil du trésor, Martin Coiteux.

« Si les commentaires du ministre Coiteux sont de nature à rassurer le secteur agroalimentaire, notamment sur la prise en compte de sa contribution exceptionnelle à l’économie du Québec, il est important que le ministre Paradis intervienne rapidement pour rétablir la confiance des producteurs et des transformateurs », a déclaré l’UPA par voie de communiqué.

« La Coop fédérée est confiante que le gouvernement se distanciera diligemment et fermement de toute recommandation susceptible de déstructurer profondément l’agriculture et l’agroalimentaire québécois », a ajouté la seconde organisation.

Le ministre Coiteux a réagi lundi aux recommandations de la Commission de révision permanente des programmes rendues publiques dimanche.

Le rapport de l’ex-ministre libérale Lucienne Robillard propose notamment de réduire de 300 millions de dollars la somme versée annuellement à la Financière agricole du Québec, responsable du programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA).

Ce programme permet de verser une compensation aux entreprises agricoles lorsque le prix moyen de vente d’un produit est inférieur à un revenu établi à l’avance, basé sur le coût de production. Le gouvernement libéral a déjà décidé d’amputer de 113 millions l’enveloppe de la Financière à la fin de l’exercice 2014-2015, le 31 mars prochain.

Se montrant rassurant, M. Coiteux a affirmé qu’il « aidera toujours les producteurs efficaces en difficulté ». Même si le rapport de la commission Robillard ne restera pas sans suites, a-t-il promis, le gouvernement attendra les conclusions du groupe de travail qu’il a créé pour évaluer l’efficacité des outils de soutien aux agriculteurs avant d’annoncer ses couleurs.

Ouverture modérée

L’UPA est montée aux barricades dimanche lorsqu’elle a pris connaissance du rapport de la commission Robillard. « Le gouvernement du Québec doit rapidement rectifier le tir. L’insécurité que créent de telles recommandations pourrait avoir des impacts désastreux sur les décisions d’investissement des producteurs agricoles. Il serait irresponsable de jouer ainsi avec l’économie du secteur et des régions du Québec », a-t-elle fait savoir.

Le ton a changé lundi, mais les inquiétudes demeurent les mêmes. « Les producteurs agricoles du Québec doivent pouvoir compter sur leur gouvernement pour partager les risques avec eux », a réitéré le président de l’UPA, Marcel Groleau.

« L’abolition de l’ASRA serait hasardeuse et dommageable pour l’agriculture et la transformation agroalimentaire au Québec qui évolue dans des marchés de grande volatilité », a également répété la Coop fédérée. L’organisation souhaite que les programmes de soutien soient évalués en fonction de leurs coûts, mais aussi de leur impact sur l’économie de la province.

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