Légère embellie à l’horizon pour le marché de l’habitation au Québec

Le chantier de la Tour des Canadiens, au centre-ville de Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chantier de la Tour des Canadiens, au centre-ville de Montréal

Ce n’est pas encore l’eldorado, mais une conjoncture économique allant en s’améliorant devrait favoriser une timide reprise de l’activité dans le marché de l’habitation au Québec. Il faudra toutefois attendre 2016 avant de revoir des mises en chantier au-dessus des 40 000 unités.

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) présentait ses perspectives québécoises mardi. Kevin Hughes, économiste principal pour le Québec de l’organisme, invite à miser sur un scénario de « relance graduelle de la croissance économique du Québec au cours des deux prochaines années », ce qui soutiendra la demande d’habitations en 2015 et en 2016. « Durant cette période, le marché de la revente se resserrera quelque peu, ce qui contribuera à soutenir les mises en chantier », ajoute-t-il. Quant aux prix, « une offre soutenue maintiendra la croissance des prix à un rythme modeste ».

L’économiste met toutefois en exergue la variable démographique. « Très bientôt, le vieillissement démographique aura d’importants impacts sur l’offre et la demande d’habitations visant les ménages de 75 ans et plus, groupe d’âge dont la population est sur le point d’augmenter plus rapidement », prévient-il.

En chiffres, les mises en chantier devraient totaliser 39 000 unités l’an prochain et 40 100 en 2016, contre 38 200 cette année. Le marché de la revente est appelé à suivre la même tendance. Il y aura quelque 72 600 ventes en 2015 et 73 400 en 2016, contre 70 900 cette année, « grâce à des marchés de l’emploi plus robustes ». Les prix des maisons existantes afficheront cependant une croissance sous la barre de 2 % au cours des deux prochaines années.

Beaucoup de condos

Dans son récent survol touchant le mois d’octobre, la SCHL évoquait la tendance baissière observée ces derniers mois. « Cette tendance reflète la diminution des mises en chantier de logements collectifs, y compris celles de copropriétés […] Vu le nombre élevé de copropriétés en construction, nous nous attendons à ce que les mises en chantier de copropriétés continuent de suivre une tendance à la baisse au cours des prochains mois », écrivait la SCHL Les mises en chantier fonctionnaient alors au ralenti dans les centres urbains des cinq grandes régions du Canada. La Colombie-Britannique a été la plus touchée, suivie par le Québec, l’Atlantique, les Prairies, puis l’Ontario.

À l’échelle canadienne, les projections présentées le 30 octobre indiquaient que les mises en chantier d’habitations resteront, l’an prochain, sensiblement au même niveau que cette année, reflétant à la fois les tendances économiques et démographiques. L’agence s’attend toutefois à un léger ralentissement en 2016 à l’échelle canadienne.

La SCHL indiquait que, sur une base annuelle, le nombre de mises en chantier d’habitations devrait se situer entre 186 300 et 191 700 en 2014 (pour une prévision ponctuelle se chiffrant à 189 000). L’an prochain, ce nombre devrait osciller entre 168 000 et 205 800 (avec une prévision ponctuelle de 189 500), et entre 168 000 et 205 800 en 2016 (prévision ponctuelle de 187 100 unités).

Le nombre de ventes conclues par l’entremise du Service interagences (mieux connu sous son acronyme anglais MLS) devrait atteindre des prévisions ponctuelles de 476 100 cette année, de 482 500 l’an prochain et de 477 200 en 2016.