2015 sera l’année de la fidélisation chez Vidéotron

À la fin du troisième trimestre, Vidéotron comptait 589 400 clients, en hausse de 6,9 % par rapport à la fin du deuxième trimestre.
Photo: iStock À la fin du troisième trimestre, Vidéotron comptait 589 400 clients, en hausse de 6,9 % par rapport à la fin du deuxième trimestre.

Vidéotron s’attend à une année chargée au Québec en 2015. La filiale de Québecor devra tenter de retenir plusieurs de ses clients de téléphonie mobile dont les contrats arrivent à échéance.

Sa présidente et chef de la direction, Manon Brouillette, a expliqué jeudi qu’un programme de rétention avait été mis de l’avant puisque de nombreuses ententes de 36 mois doivent se terminer au cours de la prochaine année. « Nous devons nous assurer d’être là avant que nos concurrents viennent mettre la main sur ces clients », a-t-elle dit, au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du troisième trimestre de Québecor.

Le conglomérat, qui rivalise avec Rogers, Bell et Telus, estime que sa part de marché dans le secteur du sans-fil québécois atteint désormais 12 %. Vidéotron a vu son nombre de clients de téléphonie mobile progresser de façon significative au Québec depuis son arrivée dans ce secteur, en 2010. À la fin du troisième trimestre, la filiale de Québecor comptait 589 400 clients, en hausse de 6,9 % par rapport à la fin du deuxième trimestre. De plus, le revenu mensuel moyen par abonné a grimpé de 6,5 %, ou 2,68 $, pour s’établir à 44,23 $.

Mme Brouillette n’est pas entrée dans les détails de la stratégie de rétention, affirmant que Vidéotron devait s’assurer de conserver ses clients sans influencer négativement ses revenus. « Nous allons utiliser une stratégie qui a fonctionné dans le passé en mettant l’accent sur le jumelage de services, a-t-elle expliqué aux analystes financiers. Ça sera un défi, parce que nos concurrents sont agressifs. »

Vidéotron croit également que son réseau mobile LTE permettant de meilleures vitesses de transfert de données — offert depuis septembre dernier — ainsi que son offre de téléphones intelligents Apple devrait lui permettre d’éviter de perdre des clients au bénéfice de ses concurrents.

Dion prône la discipline

Le président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion, a par ailleurs réitéré que le conglomérat n’avait toujours pas décidé s’il allait se lancer dans une expansion pancanadienne dans le secteur du sans-fil. Questionné par les analystes, M. Dion s’est contenté de dire qu’il n’avait pas d’échéancier à fournir et qu’il préférait demeurer discipliné. « Nous avons eu quelques discussions avec Wind Mobile. Ils sont au courant de notre intérêt à participer à la consolidation de l’industrie. »

La direction de Québecor a déjà indiqué dans le passé qu’elle croyait à un partenariat avec Wind Mobile pour former le quatrième joueur canadien à l’échelle nationale pour concurrencer Rogers, Bell et Telus. Cette société ontarienne compte quelque 750 000 clients répartis en Ontario, en Alberta ainsi qu’en Colombie-Britannique. M. Dion a toutefois prévenu que le gouvernement fédéral devra proposer des conditions visant à satisfaire les demandes de Québecor, qui en a particulièrement contre les frais d’itinérance facturés à une entreprise ayant recours au réseau d’une autre compagnie.

Au troisième trimestre, le conglomérat a vu ses profits progresser grâce à la performance de Vidéotron, ce qui a compensé le recul des revenus dans son secteur des médias.

Québecor a dévoilé jeudi un bénéfice net de 45,1 millions, ou 37 ¢par action, ainsi qu’un profit ajusté de 65,6 millions, ou 53 ¢ par action, des résultats supérieurs par rapport à la même période l’an dernier. Au troisième trimestre de 2013, Québecor avait enregistré une perte de 188,8 millions, ou 1,53 $ par action, une performance que la société avait attribué aux fluctuations des valeurs des écarts d’acquisition. Pour la période de trois mois terminée le 30 septembre dernier, le chiffre d’affaires de Québecor a toutefois glissé de 0,2 % pour s’établir à 1,02 milliard.

Son secteur des médias a vu ses revenus fléchir de 6,2 %, à 298,8 millions, alors que ceux du secteur sports et divertissement ont glissé de 22,5 %, à 12,4 millions. La performance a été meilleure du côté des télécommunications, où le chiffre d’affaires a progressé de 3,3 % pour s’établir à 738,2 millions.

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