Légère poussée de l’inflation en zone euro

Bruxelles — L’inflation a légèrement progressé en octobre dans la zone euro, à 0,4 %, mais cela ne va pas suffire à éloigner les risques de déflation qui pèse sur la région depuis près d’un an.

Elle était plus faible en septembre, à 0,3 %, a indiqué l’office européen des statistiques Eurostat et s’élevait déjà à 0,4 % en juillet et août. Il y a un an, l’inflation s’élevait à 0,7 %.

Cette première estimation n’éloigne pas le spectre de la déflation qui pèse depuis près d’un an sur la zone euro. Ce phénomène, marqué par une baisse générale des prix, peut engendrer un cercle vicieux pour l’économie : les consommateurs suspendent certains achats dans l’espoir de nouvelles baisses des prix, les entreprises diminuent leur production pour s’ajuster à la demande, entraînant une baisse des salaires qui, à son tour, fait baisser la demande et les prix. Certains pays en zone euro sont déjà touchés, notamment l’Espagne où les prix ont reculé de 0, 2 % sur un an en octobre, marquant le quatrième mois consécutif de baisse.

« Avec une inflation toujours proche de zéro et un chômage à un niveau quasi record, le risque de déflation reste important au sein de la zone euro », estime Jennifer McKeown de Capital Economics. « L’inflation ne devrait pas atteindre 1 % avant le quatrième trimestre 2014. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne reste sous pression pour faire plus pour stimuler l’inflation et atteindre cet objectif », estime Martin van Vliet de la banque ING. L’institut monétaire devrait attendre sa réunion de décembre avant d’envisager une nouvelle action, dit-il.

Chômage

Le chômage est resté stable en septembre dans la zone euro par rapport à août, à 11,5 %. Il y avait 18,34 millions de chômeurs en septembre dans la zone euro, soit 19 000 de moins que le mois précédent et 826 000 de moins qu’il y a un an. Il y a tout juste un an, en septembre 2013, le taux de chômage atteignait 12 %.

Ces chiffres masquent d’importantes disparités. L’Allemagne et l’Autriche sont toujours les deux pays de la zone euro où le chômage est le plus faible, avec des taux respectifs à 5 % et 5,1 %. À l’autre bout du tableau, la Grèce enregistre le taux de chômage le plus élevé, à 26,4 % en juillet, date des dernières données disponibles, suivie par l’Espagne avec un taux de 24 %.

Dans certains des pays les plus durement touchés par la crise, des signes d’amélioration sont toutefois perceptibles : en un an, le chômage est passé en Espagne de 26,1 % à 24 % et au Portugal de 15,7 % à 13,6 %. En revanche, la situation s’est dégradée en Finlande, avec un chômage passant de 8,2 % à 8,7 % et en France, de 10,3 % à 10,5 %.

Le chômage des jeunes est resté stable dans la zone euro par rapport à août, à 23,3 %. Cela se traduit par quelque 3,34 millions de jeunes de moins de 25 ans sans emploi dans la zone. Sans surprise, c’est en Espagne que la situation est la plus critique avec plus d’un jeune sur deux au chômage (53,7 %), suivie par la Grèce (50,7 % en juillet 2014) et l’Italie (42,9 %). À l’inverse, les taux les plus bas ont été observés en Allemagne (7,6 %) et en Autriche (9,1 %).

Dans l’ensemble de l’Union européenne, le chômage touchait en septembre 24,51 millions de personnes, soit un taux de 10,1 % (stable). En un mois, le nombre de demandeurs d’emploi a diminué de 10 800 et de 1,81 million en un an.