Plan Nord: Couillard se découvre un précieux allié en Chine

Selon Philippe Couillard, le Chinois sont <em>«contents»</em> de voir que le Plan Nord est revenu à l’avant-scène.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Selon Philippe Couillard, le Chinois sont «contents» de voir que le Plan Nord est revenu à l’avant-scène.

Un des poids lourds du gouvernement central chinois s’est engagé, mercredi, à faire connaître le Plan Nord.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a en effet obtenu, à Pékin, une rencontre en haut lieu avec le ministre des Territoires et des Ressources de la Chine, Jiang Daming, qui est à la tête d’une vaste?administration?de 400 000 employés.

Au cours de son exposé, M. Couillard a fait valoir les avantages du programme de développement nordique du gouvernement et le ministre a indiqué, en réponse, non seulement son ouverture, mais sa volonté de collaborer et d’en faire en quelque sorte la promotion. « Nous présenterons le Plan Nord aux entreprises chinoises pour qu’elles soient plus impliquées dans son développement », a déclaré M. Jiang par la voie de son interprète, lors d’un entretien dans une salle de son ministère, entouré de ses officiels. « Nous espérons que les deux parties vont faciliter les politiques et projets afin de paver la voie pour les deux pays », a-t-il poursuivi.

Cet entretien officiel très sélect a été confirmé à la dernière minute aux médias. Il s’agissait d’une rencontre multilatérale : M. Couillard était accompagné de ses homologues Kathleen Wynne, de l’Ontario, et Robert Ghiz, de l’Île-du-Prince-Édouard, car l’entretien se déroulait sous l’égide d’une mission commune du Conseil de la fédération.

« J’étais très content d’entendre ça, a dit M. Couillard en point de presse quelques heures après la rencontre. C’est très intéressant comme réaction. […] Qu’il veuille en faire la promotion auprès du reste du gouvernement, pour nous, c’est très très important. » Il a rappelé que M. Jiang est un « personnage important » du gouvernement chinois et qu’il est très difficile d’obtenir ce type de rencontre avec un ministre.

« Imaginez la taille de l’État, ce que les ministres ont à administrer, ce sont des gens excessivement occupés. Le rencontrer en personne est très important, parce que dans la chaîne de décisions, ce n’est pas une personne qui décide en Chine, c’est le ministre, ensuite la Commission des investissements, ensuite c’est le gouvernement, alors M. Jiang est un maillon important. »

Ami du Québec

Selon le premier ministre, les Chinois sont « contents » de voir que le Plan Nord est revenu à l’avant-scène.

Jiang Daming se considère comme un ami du Québec. Il était auparavant gouverneur du Shandong, la province partenaire du Québec en Chine. Il a donc bien connu le précédent premier ministre libéral, Jean Charest, l’instigateur du Plan Nord, et a longuement parlé de ses rencontres avec lui. Il avait même déjà reçu un briefing sur le Plan Nord dans le cadre de ses fonctions précédentes. « Votre amitié avec le Shandong est profonde », a-t-il rappelé à M. Couillard, en disant qu’il serait heureux de passer au congrès minier de Toronto, puis de visiter le Québec et les communautés nordiques. Le premier ministre lui a offert de l’accompagner personnellement.

Trois entreprises chinoises sont déjà partie prenante de projets miniers dans le nord du Québec, deux de fer et un de nickel, mais la mission du premier ministre vise notamment à solliciter davantage d’entreprises et de capitaux de ce pays.

Le fer pèse pour près du tiers des ventes du Québec en Chine. Wisco, le géant mondial de l’acier, propriété du gouvernement chinois, est friand du métal ferreux et partenaire dans les deux projets de mine de fer. L’entreprise fabrique de tout et le métal québécois pourrait très bien servir à l’industrie militaire autant qu’à concevoir de la tôle et des poutres de pont.