La croissance sera moins forte que prévu, dit Carlos Leitão

Le ministre des Finances, Carlos Leitão
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Finances, Carlos Leitão

La cible de croissance économique prévue dans le budget Leitão pour l’année en cours sera revue à la baisse lors de la mise à jour économique et financière attendue à la fin novembre, a indiqué lundi le ministre des Finances.

« On avait prévu dans le budget une croissance de 1,8 %, a expliqué Carlos Leitão devant l’Association des économistes québécois. Mais c’est clair, avec ce qui s’est passé au premier trimestre — et même un peu au deuxième —, que ça va être très difficile à atteindre. On va avoir une mise à jour économique : on va réviser ça un peu à la baisse. »

M. Leitão a soutenu que « l’environnement externe est toujours difficile. Force est de constater que la sortie de crise financière est laborieuse, très lente. Elle prend beaucoup plus de temps que ce qu’on pensait ».

Le ministre a parlé d’un « certain regain d’activité, pas très fort », mais néanmoins positif. « On est sorti de la récession, il y a quand même une reprise de l’économie, mais ce n’est pas encore satisfaisant ».

Cette reprise est selon lui attribuable au fait que « ça va mieux aux États-Unis. C’est la première étape de l’accélération de la croissance. L’investissement privé viendra ensuite, et puis l’emploi. »

Mais pour le moment, la création d’emplois se fait toujours attendre. Carlos Leitão a réitéré lundi que la « progression de l’emploi n’est pas satisfaisante. C’est très faible, à cause notamment de la lenteur du secteur privé, qui découle de l’incertitude de la demande américaine. À mesure qu’on verra que la reprise est bien réelle, on verra une augmentation de l’investissement », pense-t-il.

C’est la deuxième fois en quatre semaines que M. Leitão doit réviser à la baisse des cibles fixées dans le budget. Celui dont les libéraux aiment à rappeler qu’il fut nommé deuxième économiste au monde par l’agence Bloomberg en 2008 — précisément pour la qualité de ses prévisions — avait reconnu le 2 octobre que l’objectif de création d’emplois pour 2014 (31 300 emplois) ne serait pas atteint.

Mise à jour

Dans son allocution devant ses anciens confrères, M. Leitão a néanmoins défendu la valeur de son budget, qui « tient la route » à son avis.

« Il y a une certaine croissance, très lente, l’emploi n’est pas au rendez-vous, d’accord, mais les revenus de l’État sont en hausse par rapport à l’an dernier, a-t-il dit. On a un peu d’inflation en 2014, ça aide. La dépréciation du dollar canadien aussi. Il n’y a pas de désastre de revenus, ils sont là. »

Le contrôle des dépenses — la cible de l’augmentation était fixée à 1,8 % — est plus difficile, a-t-il reconnu. « L’augmentation est à 2,2 %. Mais les premières mesures [du budget] commençaient à s’appliquer en juin, et le rythme de croissance commence à plafonner », a néanmoins fait valoir M. Leitão.

Ainsi la mise à jour économique « ne sera pas un mini-budget, qui voudrait dire que notre budget ne tiendrait pas la route. Il n’y aura pas de changement majeur [par rapport au budget] ».

12 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 28 octobre 2014 01 h 13

    M Couillard

    "Wake up". Vous avez dit qu'avec votre nom, le Québec était en affaires. On a voté pour vous. cette partie du contrat est réalisé. Il reste la votre

  • François Dugal - Inscrit 28 octobre 2014 09 h 51

    Du meilleur "effet"

    Mais ou est donc passé "l'effet libéral"?

  • Jacques Gagnon - Inscrit 28 octobre 2014 10 h 25

    Stabilité économique

    On voit ce que nous donne «la stabilité» chère aux Libéraux. Cette potion magique ne serait-elle pas devenue stagnation économique ?

    C'est sûr que lorsque l'on ne prend pas de risques, on ne risque pas de devenir prospère. On attend toujours les résultats de nos gérants d'estrade. Monsieur Couillard vendra-t-il autre chose que les cochons et la plan Nard ? Vaches maigres en vue.

    L'environnement est difficile, dit-il, et la maigre reprise dépend des États-Unis, mais où est passé leur influence ? Quand l'environnement sera favorable, ils diront que c'est grâce à eux.

  • Marc Davignon - Abonné 28 octobre 2014 10 h 26

    Le génie.

    Le «deuxième économiste», ça représente quoi, au fait?

    Ça fait penser au gestionnaire de projet qui «révise» chaque semaine son fichier pour «ajuste» les «temps» de ces projets. Ben! Croyez-le ou pas! À la fin, il arrive toujours «exactement» à «la fin prévue».

    Rappelons, en passant, que ce sont ces mêmes personnages qui croient au bien fait de l'austérité! Ou encore, à la «croyance» qui fait en sorte que faire payer moins d'impôt est une meilleure façon de redistribuer la richesse. Que les «entrepreneurs» vont se ruer a rétribué leurs argents, dans des investissements pour améliorer leurs «performances», leurs «compétitivités» (il n'est jamais question des conditions de travails, il faut le préciser). Ce sont eux qui croient au «ruissellement».

    Il faudrait qu'ils puissent «réviser» leurs croyances aussi que monsieur «deuxième» fait des «révisions» de prévision budgétaire.

  • Carroll Roy - Inscrit 28 octobre 2014 15 h 08

    Et c'étaient ça les vraies affaires....

    52,000 emplois à temps pleins de perdu, dilapidation des fonds publics en ne voulant pas racheter (4 milliards $ d'économie) les PPP des deux mégahopitaux de Mtl, ....

    hum.... on recule, chers libéraux....

    • Grace Di Lullo - Inscrit 28 octobre 2014 15 h 36

      Aujourd'hui annonce de rachats de PPP !

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 28 octobre 2014 21 h 42

      Libéraux et péquistes ensembles..Posez-vous la question si "le modèle québécois" fonctionne vraiment en Amérique du nord?

      C'est une question fondamentale qu'il faut analyser..

      Certains disent que le dollar canadien est détrimentaire à l'économie québécoise...Pourquoi ne l'est-il pas pour les autres provinces?

      Est-ce que l'instabilité politique créée avec la question nationale en suspend deppuis 40 ans donne les résultats actuels...c'est à dire moins d'investissements que dans le ROC? donc moins d'emplois?

      Est-ce que le secteur saisonnier agricole, pêcheries et forestier tire l'économie du QC vers le bas? Certainement n'aide pas aux revenus de l'État...

      Est-ce que la fonction publique a été rendue pléthorrique par les différents gouvernements pour ne pas faire face aux vrais chiffres du chômage? et donc poue éviter de prendre les mesures nécéssaires?

      Est-ce qu'au nom de la francisation plus facile des immigrants, on choisit des groupes d'immigrants qui ne répondent pas aux besoins du QC, qui n'ont pas la capacité de s'intégrer et qui finissent par être un fardeau social?

      Autant de questions qu'il faut honnêtement se poser pour arriver à un décollage économique...