Moody’s maintient l’AAA du Canada

Ainsi, Moody’s estime que l’économie canadienne a très bien récupéré de la crise et de la grande récession qui a suivi.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Ainsi, Moody’s estime que l’économie canadienne a très bien récupéré de la crise et de la grande récession qui a suivi.

Moody’s poursuit dans sa logique. Le Canada conserve son triple A, l’agence de notation saluant le retour du fédéral à l’ère des surplus budgétaires. L’institution new-yorkaise réitère toutefois cette inquiétude à l’égard de la dette des ménages et de la valorisation du marché immobilier qui l’avait incitée à abaisser la cote de grandes banques canadiennes.

Le Canada conserve son triple A et sa perspective stable. Moody’s Investor Service met en exergue la performance économique « relativement solide » du Canada, la force de son système bancaire, la faiblesse relative de l’endettement public et le retour imminent à l’équilibre budgétaire après cette période de déficits héritée de la crise de 2008. Moody’s parle toutefois d’une situation d’endettement plus problématique à l’échelle des provinces sans que cela puisse compromettre la qualité de leur profil de crédit.

Sur ce dernier point, faut-il rappeler que l’agence avait maintenu la cote de crédit du Québec à Aa2 avec une perspective stable en juillet dernier. Elle faisait alors ressortir la capacité du gouvernement québécois de minimiser l’impact de ses déficits sur sa dette, tout en mettant en doute les cibles de croissance des dépenses retenues par le gouvernement Couillard.

Ainsi, Moody’s estime que l’économie canadienne a très bien récupéré de la crise et de la grande récession qui a suivi. L’agence n’en demeure pas moins inquiète du niveau d’endettement record des ménages et d’une surévaluation des prix de l’immobilier résidentiel, avec un marché en surchauffe dans certaines grandes villes. « Cette combinaison constitue un potentiel de risques tant pour les banques que pour le gouvernement fédéral » qui, par l’intermédiaire de la Société canadienne d’hypothèques et de logement, se retrouve être le garant de première ligne sur un portefeuille imposant de prêts hypothécaires.

Système bancaire canadien

Déjà en juillet dernier, l’agence américaine revoyait à la baisse ses perspectives pour le système bancaire canadien, passées de stables à négatives, en raison d’un soutien moindre du gouvernement fédéral au secteur en cas de crise financière. L’exercice ne visait pas les banques une à une, l’évaluation individuelle des sept grandes banques demeurant inchangée, précisait-elle.

D’autant que l’exercice avait été mené en janvier 2013. Inquiète de l’endettement des Canadiens et craignant une surchauffe immobilière, l’agence new-yorkaise abaissait la note de cinq grandes banques canadiennes et celle de la Caisse centrale Desjardins. La cote à long terme des banques de Montréal, Scotia, CIBC Nationale et TD ainsi que celle de la Caisse centrale Desjardins baissait ainsi d’un cran. Exclue de la liste, la Royale avait vu sa cote réduite en juin dernier dans le cadre d’un exercice de révision plus large de Moody’s touchant plus de 130 banques et institutions financières de calibre international.

Dans son analyse, l’agence new-yorkaise de notation avait attribué sa décision à l’exposition de ces institutions à l’endettement record des Canadiens et au prix élevé des propriétés résidentielles. Ce faisant, elles sont plus vulnérables que par le passé à tout choc pouvant secouer l’économie canadienne. Moody’s soulignait, malgré tout, que la cote des banques canadiennes demeure parmi les plus élevées au monde.

Le fédéral est garant de première ligne sur un gros portefeuille de prêts hypothécaires.

Les acheteurs sensibles à une hausse des taux

La majorité des Canadiens actuellement à la recherche d’une maison seraient forcés de modifier leur projet d’achat si les taux d’intérêt augmentaient de deux points de pourcentage. Selon le sondage Pollara mené pour la BMO :

Une hausse des taux d’intérêt de deux points de pourcentage réduirait l’accessibilité à la propriété pour les deux tiers des acheteurs de maison potentiels.

Le quart des personnes sondées pourraient difficilement se permettre d’acheter une maison dans leur fourchette de prix actuelle, mais ne réduiraient pas leur budget d’achat.

En outre, 30 % des acheteurs potentiels seraient forcés de baisser leur fourchette de prix et de se contenter d’une maison moins chère, tandis que 13 % des répondants seraient exclus du marché.

Selon le Service des études économiques de BMO, même si les ventes au Canada sont près de leur niveau le plus élevé depuis quatre ans, « le calme apparent en matière de ventes et de prix masque un fossé de plus en plus profond entre la montée en flèche des prix dans trois grandes villes (Calgary, Toronto et Vancouver) et la faiblesse de l’activité dans une grande partie du reste du pays ».
1 commentaire
  • Leclerc Éric - Inscrit 21 octobre 2014 11 h 07

    Maintenue grâce à quoi?

    Les impôts et taxes trop élevés. Les modifications à la Loi sur l'assurance-emploi avec lesquelles le gouvernement canadien s'enrichi et diminue son déficit depuis plus de vingt-ans.

    Pendant ce temps, les ménages s'endettent et s'endetteront encore longtemps parce que jamais le gouvernement canadien n'éliminera complètement sa dette.

    Tout ça a commencé au début des années 80, avec la signature de la constitution qui prive le Québec de milliards (avec lesquels le gouvernement central s'en mets plein les poches), et l'élection de ce "Très honorable" Brian Mulroney qui a joué au poker avec les impôts et taxes des contribuables! Et dire qu'on lui attibue le titre de "Très honorable"... !?!