Les ménages accélèrent le remboursement de leur hypothèque

Photo: Renaud Philippe Le Devoir

Toronto — Les propriétaires canadiens remboursent leur hypothèque plus vite que l’on pense, d’après un nouveau rapport de CIBC Marchés des capitaux.

L’économiste en chef adjoint de l’institution financière, Benjamin Tal, affirme que les propriétaires profitent notamment des faibles taux d’intérêt pour accélérer leurs paiements, réduisant ainsi la période d’amortissement. Au total, les Canadiens remboursent un montant supplémentaire de 11 milliards par année, selon l’étude. Le document précise toutefois que la Banque du Canada ne tient pas compte de cette somme.

Le document suggère également que de 30 à 40 % des ménages ayant contracté une hypothèque accélèrent leurs paiements. De plus, entre 40 et 50 % des emprunteurs ont une période d’amortissement de moins de 20 ans — en deçà de la moyenne de 25 ans.

Selon M. Tal, le ratio du service de la dette du marché hypothécaire canadien — qui sert notamment à calculer la capacité de remboursement de la dette d’un particulier — est de 7,3 %, alors que les calculs de la Banque du Canada font état de 6,3 %.

L’économiste en chef adjoint de la Banque CIBC suggère que le marché immobilier canadien demeurerait plus stable que prévu si les taux d’intérêt devaient grimper. « Les ménages canadiens profitent des faibles taux d’intérêt pour rembourser leurs dettes à une fréquence jamais vue auparavant », affirme M. Tal.

Ventes en baisse

Ces données s’inscrivent dans un contexte de rééquilibrage du marché immobilier au Canada. À cet effet, les ventes de maisons existantes ont un peu ralenti en septembre dernier au Canada, accusant une baisse de 1,4 % par rapport à août et une première réduction depuis janvier, a indiqué mercredi l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Les ventes de maisons conclues par le biais des systèmes MLS des chambres et associations immobilières canadiennes ont reculé dans environ 60 % des marchés locaux en septembre, notamment à Calgary, Edmonton, Toronto centre et Ottawa. Les ventes ont par ailleurs augmenté sur l’île de Vancouver, dans la région d’Okanagan, à Mississauga, Sherbrooke et dans le nord de la Nouvelle-Écosse.

Les ventes réelles (non corrigées des variations saisonnières) en septembre dernier étaient cependant de 10,6 % supérieures aux niveaux enregistrés un an plus tôt, note l’ACI.

Le prix de vente moyen au Canada a connu une hausse de 5,9 % d’une année à l’autre en septembre, à 408 795 $. Mais si l’on exclut le Grand Toronto et le Grand Vancouver, le prix de vente moyen atteint 325 406 $, en hausse de 4,5 % par rapport à septembre 2013, selon l’ACI. L’Indice des prix des propriétés MLS a quant à lui augmenté de 5,3 % d’une année à l’autre en septembre, alors que le nombre de nouvelles inscriptions de maisons en vente a baissé de 1,6 % d’août à septembre.

On comptait 5,9 mois d’inventaire à l’échelle nationale à la fin de septembre 2014, soit une légère hausse comparativement à 5,8 mois en août, et légèrement inférieur à 6 mois en mai, juin et juillet.