Jean Coutu veut être associé au projet de supercliniques

Les supercliniques promises en campagne électorale par le gouvernement Couillard intéressent le Groupe Jean Coutu qui veut en savoir plus quant à l’exploitation de ces établissements.

Son président et chef de la direction, François Coutu, a expliqué mercredi qu’il attendait toujours des informations de la part du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). « Il semble que le gouvernement veuille aller de l’avant avec cela, ce qui, je crois, est une bonne chose », a-t-il observé au cours d’une conférence téléphonique visant à discuter des résultats du deuxième trimestre.

Québec souhaite regrouper dans un même établissement aux heures d’ouverture élargies divers professionnels de la santé, comme des médecins omnipraticiens, des spécialistes ainsi que des infirmières. Pour l’instant, le ministère n’a toujours pas précisé si ces supercliniques seraient privées ou publiques. L’entreprise établie à Longueuil suit le dossier de près, puisqu’elle a notamment embauché une lobbyiste pour tenter d’obtenir le mandat du projet-pilote de la première superclinique. L’inscription de Ginette Pellerin au Registre des lobbyistes indique que Jean Coutu souhaite préparer un dossier pertinent afin de collaborer avec le MSSS. Mme Pellerin peut également intervenir auprès du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations.

Le Groupe Jean Coutu attend également que le gouvernement Couillard se prononce dans le dossier de l’élargissement du rôle des pharmaciens, qui pourraient, par exemple, renouveler certaines prescriptions pour aider à désengorger le système de santé. « Ils ont réglé le dossier de la rémunération des médecins. […] On dirait qu’ils vont pouvoir se pencher sur d’autres choses », a laissé tomber François Coutu.

Intense concurrence

Entre-temps, le Groupe Jean Coutu s’affaire à accroître son offre de promotions afin de fidéliser sa clientèle puisque la concurrence des autres chaînes pharmaceutiques est de plus en plus intense. En plus des rabais proposés dans sa circulaire hebdomadaire, l’entreprise québécoise a proposé à ses clients des rabais encore plus percutants en succursale pendant deux fins de semaine. Cette initiative, selon M. Coutu, a stimulé les ventes. « C’est la responsabilité des détaillants de surprendre leurs clients avec des promotions différentes. Cela fait partie de notre stratégie. »

Il a expliqué que la société devait également faire des efforts en ce qui a trait aux ventes réalisées en ligne pour offrir davantage de choix aux consommateurs. « Cette agressivité [pour ce qui est des promotions] devrait se poursuivre jusqu’à après Noël. »

Au deuxième trimestre terminé le 30 août dernier, le bénéfice net de Jean Coutu a fondu à 53,6 millions, ou 28 ¢ par action, comparativement à 208,9 millions, ou 99 ¢ par action, à la même période l’an dernier. Ce recul s’explique par le gain de 158,3 millions lié au placement dans l’entreprise américaine Rite Aid constaté au cours du deuxième trimestre de l’exercice financier précédent. En faisant abstraction de ce gain, le bénéfice net de Jean Coutu a été supérieur aux 49,9 millions, ou 24 ¢ par action, engrangés au deuxième trimestre de l’année dernière. Son chiffre d’affaires a progressé de 3,2 % pour s’établir à 674,4 millions.

Les ventes des établissements comparables — un indicateur clé dans le secteur du commerce de détail — ont grimpé de 2,4 % alors que celles de la section commerciale ont augmenté de 1,6 %.

Par ailleurs, les ventes de médicaments génériques de la marque maison Pro Doc ont bondi de 7,8 % pour s’établir à 48,1 millions, en plus de générer un résultat opérationnel avant amortissements de 22,1 millions. Ces médicaments ont représenté 68,1 % des ordonnances au cours du deuxième trimestre, en hausse par rapport à 67,2 % à la période correspondante de l’an dernier.

M. Coutu s’attend à ce que les ventes de Pro Doc continuent à progresser puisque le taux de pénétration de ces médicaments au Québec est loin de la moyenne de 82 % aux États-Unis. « Je ne vois pas une croissance comme pendant les trois ou quatre premières années de Pro Doc, mais il devrait y avoir une croissance des produits qui existent déjà. »

1 commentaire
  • Yvon Bureau - Abonné 9 octobre 2014 08 h 54

    À une condition

    Et si c'était qu'à la condition de devenir uniquement des pharmacies, sans vente de cosmétique et de tous les autres produits vendus ailleurs?

    Bref, à condition d'être seulement une pharmacie.