La marque libérale est déjà bien visible, dit Jacques Daoust

Le ministre de l'Economie, Jacques Daoust
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le ministre de l'Economie, Jacques Daoust

Pierre Karl Péladeau se trompe lorsqu’il affirme que le gouvernement n’a pas de vision et que l’« effet libéral » ne se fait toujours pas sentir sur l’économie du Québec, dit le ministre l’Économie Jacques Daoust. Au contraire, plusieurs projets avancent rondement et des annonces importantes sont à venir, a-t-il affirmé vendredi en marge d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Lorsqu’on lui demande ce qu’il pense des critiques formulées par le député de Saint-Jérôme à l’endroit de la politique économique du gouvernement, M. Daoust reste de glace. « C’est sa perception. On n’a pas eu de grandes conversations à l’Assemblée nationale à ce jour. Moi, je pense qu’il y en a un, effet libéral, parce qu’on voit des dossiers qui se ferment, et des dossiers qui sont solides », répond-il en rappelant quelques annonces récentes.

FerroAtlantica qui choisit d’établir son usine de silicium à Port-Cartier, Stornoway qui met la touche finale au montage financier de sa mine de diamant grâce à la participation de Québec, Gaz Métro qui s’entend avec le gouvernement pour faciliter l’accès au gaz naturel liquéfié : voilà trois exemples qui démontrent que les libéraux sont à pied d’oeuvre depuis qu’ils ont pris le pouvoir, estime le ministre Daoust. « Si vous saviez ce qu’on met dans le moulin actuellement, vous verriez qu’il s’en passe, des choses », ajoute-t-il.

Lors d’une rencontre éditoriale organisée plus tôt cette semaine à la demande de son entourage, Pierre Karl Péladeau, candidat favori mais non déclaré à la course à la chefferie du Parti québécois, a accusé Jacques Daoust de jouer les banquiers sans s’appuyer sur une vision économique claire. Il a également déploré que le gouvernement ne parle que de réduction des dépenses, jamais de revenus. « C’est sûr qu’on va travailler du côté des revenus. Mais le seul côté où on peut travailler avec certitude pour équilibrer le budget, c’est du côté des dépenses, comme dans toute entreprise, rétorque M. Daoust. Ça ne nous empêche pas de faire des investissements. »

Lors de son allocution devant la communauté d’affaires montréalaise, il a répété que le régime minceur imposé par Québec est une nécessité. « On n’avait pas le choix. C’est une façon qui n’est pas la meilleure, mais c’était la seule que nous avions à ce moment-là. Ce qu’on voit, c’est qu’après avoir testé les limites du système actuel, on échappe encore le budget par 3 milliards. »

Discours nuancé

La pensée économique exprimée la semaine dernière par le ministre Daoust lors d’une tournée d’entrevues a provoqué de nombreuses réactions. Il faut investir « sur la base de résultats », avait-il notamment affirmé au Devoir.

Jeudi, devant le parterre de la Chambre de commerce, il a adopté un discours plus nuancé. Sur le fond, il souhaite toujours que l’État soit un « partenaire » plutôt qu’un « subventionnaire », bien que des aides financières puissent être distribuées « quand la situation l’exige ». Il a réitéré le rôle de locomotive des « grands joueurs » pour les petites entreprises de la province. Les emplois les mieux rémunérés doivent être priorisés, mais « il n’y a pas de mauvais emplois », a-t-il pris soin de préciser.« Les postes à temps partiel ne sont plus nécessairement de mauvais emplois », a lancé le ministre, expliquant que plusieurs d’entre eux sont occupés par des baby-boomers qui demeurent ainsi actifs sur le marché du travail.

Lors de la dernière campagne électorale, les libéraux ont insisté sur la perte d’emplois à temps plein compensée par le gain d’emplois à temps partiel au cours de la dernière année pour critiquer le gouvernement Marois.

Adoptant un ton plus détendu, sans veston, M. Daoust a également profité de son passage à Montréal pour aborder des aspects du développement économique évacués de son discours jusque-là. « Les grands principes de développement durable devront être au coeur de notre politique de développement économique, a-t-il par exemple déclaré. On ne peut pas penser que si on ne s’occupe pas de l’environnement, nos enfants vont s’en occuper à notre place. »

Le ministre a aussi fait valoir que l’économie sociale « est une économie qui est importante sur laquelle on ne compte pas assez ». « L’économie sociale a un meilleur crédit que l’économie en général. Il n’y a pas de mal à développer ça, a-t-il renchéri en point de presse. Il y a des dizaines de milliers d’emplois en économie sociale au Québec, ce n’est pas négligeable. Si j’oublie l’économie sociale, j’oublie un grand bout de l’économie. »

13 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 4 octobre 2014 05 h 48

    Ce gouvernement n'a pas de vision en effet

    Quoiqu'en pense Daoust, il n'est pas faux de dire que ce gouvernement n'a pas de vision d'avenir puisque jusqu'à maintenant il a surtout montré une obsession aux allures pathologiques pour un déficit qui commence à avoir la connotation d'un déficit démocratique.

    Le temps passe et ce gouvernement commence à avoir des allures à la Harper. C'en est au point où je me demande parfois s ces gens-là ont du plaisir dans la vie autrement qu'en se promenant avec une hache à la main.

    • Jean-Marc Tremblay - Abonné 5 octobre 2014 01 h 44

      Dacccords avec vous. Au moins, Harper ne fut pas majoritaire au Québec au élections fédérales. La gang à Couillard, quant à elle, a bel et bien été élu démocratiquement par les Québécois... C'est bien cela le plus triste....

    • Roxane Bertrand - Abonnée 6 octobre 2014 08 h 31

      Entièrement d'accord, il n'a de vison que de mettre le Québec en faillite et vivre au dépend du fédéral.

      Une banque ne s'administre pas comme une compagnie et certainement pas comme un gouvernement. Quand tu met une personne au chômage, elle ne paie plus d'impôt, elle peut coûter des sous à l'aide sociale, elle ne consomme plus de services donc d'autres s'appauvrissent, les écarts de richesses grandissent, la valeur du travail diminue,....bref, les gens s'appauvrissent, et le gouvernement aussi.

      Mauvaise vison!

  • Normand Carrier - Inscrit 4 octobre 2014 07 h 22

    Mais ou monsieur Daoust ?

    Tous les indicateurs économiques sans exception sont a la baisse dont le dernier et non le moindre soit la confiance des Québécois qui a baissé de dix points ..... Il semble que cettre fois le bla , bla , bla ne suffira pas et il faudra ajouiter les pertes d'emplois dans la fonction publique ......

  • François Dugal - Inscrit 4 octobre 2014 08 h 21

    La marque indelibile

    "La marque libérale est déjà bien visible"
    Monsieur le ministre Daoust n'aura jamais si bien dit.

    • ghislaine fortin - Inscrite 4 octobre 2014 17 h 08

      La marque libérale a été très visible devant la Commission Charbonneau...

  • Sylvain Rivest - Abonné 4 octobre 2014 10 h 21

    L'effet libéral! Ou le modèle Harper.

    On privatise l'état et on subventionne les riches avec l'argent des pauvres.
    ...il n'y a plus de service au numéro que vous avez composé.

  • Jean-Marc Chevalier - Inscrit 4 octobre 2014 13 h 02

    Ça prend combien de temps?

    La réalité, c'est que ce parti est le seul à avoir été au pouvoir depuis 2003. Ils doivent bien être sur le point de réussir.