Gaz Métro refilera la facture aux consommateurs

Lors de son exercice 2013, Gaz Métro a réalisé un bénéfice net de 165,7 millions.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors de son exercice 2013, Gaz Métro a réalisé un bénéfice net de 165,7 millions.

Les exigences du marché du carbone entraîneront un impact de 273,8 millions chez Gaz Métro pour la période 2015-2017, signale une décision de la Régie de l’énergie dans laquelle le distributeur réitère son intention de mettre ses clients à contribution.

Selon le texte de la décision rendue le 30 septembre, Gaz Métro estime que l’année 2015 à elle seule va entraîner des coûts de 66,8 millions, dont 66,4 millions seraient relayés aux clients sous forme de contribution tarifaire.

Gaz Métro fait partie d’un groupe de distributeurs de carburants qui, à partir du 1er janvier 2015, seront visés par le système de plafonnement et d’échange de droits d’émission (SPEDE) de gaz à effet de serre (GES).

Dans sa décision, la Régie de l’énergie « autorise la récupération, par l’intermédiaire des tarifs, des coûts d’acquisition des droits d’émission nécessaires pour couvrir les émissions de Gaz Métro ». Elle ne porte pas sur une demande précise de hausse tarifaire.

À la demande du Devoir, l’entreprise a indiqué que, pour le chauffage d’une maison de taille moyenne, au coût annuel de 1171 $, l’intégration du SPEDE équivaudrait à 34 $, soit 2,8 %. « Malgré l’entrée en vigueur du SPEDE, notre position concurrentielle demeurera favorable par rapport à l’électricité, quoique réduite »,a affirmé une porte-parole, Catherine Houde.

Le SPEDE a été mis en oeuvre en 2013 et touchait jusqu’ici un ensemble de sociétés comprenant des papetières, des raffineries, des alumineries, Hydro-Québec et Rio Tinto Alcan.

Le SPEDE permet aux entreprises d’émettre une certaine quantité de gaz à effet de serre. Il existe cependant un seuil au-delà duquel elles doivent se procurer des droits d’émission, notamment lors des ventes aux enchères organisées par le gouvernement du Québec. Si elles polluent moins que prévu, les droits inutilisés peuvent être revendus, d’où l’incitatif financier à réduire les émissions.

Lors de la dernière vente aux enchères, le prix d’une unité de carbone — qui représente l’émission de 1000 tonnes — s’est établi à 11,39 $. Il s’agit du prix plancher.

Gaz Métro compte environ 140 000 clients résidentiels et 40 000 clients d’affaires. Dans son actionnariat figurent des noms comme Enbridge, la Caisse de dépôt et placement du Québec, le Fonds FTQ, le Régime des rentes du Mouvement Desjardins et le grand public (par l’entremise de Valener inc.).

Lors de son exercice 2013, Gaz Métro a réalisé un bénéfice net de 165,7 millions.

Pour gérer à l’interne sa participation au SPEDE, la compagnie prévoit pour 2015 des dépenses d’exploitation supplémentaires de 400 000 $, selon la décision de la Régie.

« Il s’agit de frais de consultation pour la mise à jour de ses modèles mathématiques, d’un poste de conseiller stratège en lien avec la stratégie de couverture, de coûts pour des activités de perfectionnement reliées au marché du carbone, des frais de lettres de crédit pour garantir les engagements lors des ventes aux enchères et finalement, de coûts de vérification des déclarations annuelles », peut-on lire.

9 commentaires
  • Dalva Sammy - Inscrit 3 octobre 2014 08 h 05

    Pas de surprise

    Mais c'est tout à fait normal, c'est l'application du principe "Utilisateur - Payeur" tant demandé.

    • Claude Lafontaine - Abonné 3 octobre 2014 18 h 33

      Non, pas de surprise là, toutes les entreprises incorporent dans le prix de leurs produits / services tous les éléments de coûts occasionnés par ces produits et services.

      Une question qu'on peut se poser ici, c'est quelle proportion de la production de Gaz Métro sera dédiée à des entreprises et clients résidentiels québécois. Si par exemple 30% de ses clients se trouve à l'extérieur du Québec, Gaz Métro achètera à d'autres entreprises d'ici ou de la Californie des droits de polluer (des crédits de carbone), mais 100% de la pollution générée par Gaz Métro sera faite et demeurera au Québec.

      On peut aussi penser que, si ce n'est déjà le cas, Gaz Métro s'approvisionnera de gaz en provenance des USA (du gaz de schiste) qu'il distribuera tel quel ou qu'il liquéfiera ici avant d'en exporter une partie.

      Vu sous cet angle là, on ne peut pas dire "Utilisateur - payeur" puisque si le pollueur se limite à payer une autre entreprise pour polluer, la pollution elle est bien réelle et reste là, et c'est l'État (les citoyens) qui en fera le frais un jour.

    • Dalva Sammy - Inscrit 3 octobre 2014 20 h 25

      M. Lafontaine,

      Je crois que vous sur analysez mon commentaire qui se voulait un simple sarcasme; l'utilisateur à qui je faisais référence est celui qui malheureusement paye toujours, comme vous et moi et ce, même si nous ne sommes pas clients de Gaz Metro.

  • Murray Henley - Inscrit 3 octobre 2014 08 h 34

    Le temps de cesser ces niaiseries

    Assez, Assez! Nous au Québec, nous sommes assez naïfs pour être une des deux seules juridictions en Amnérique à tirer dans le pied de notre économie en imposant cette nouvelle taxe déguisée.

    Le Québec émet .04% des GES mondiaux. Même pour les croyants du réchauffement anthropogénique, la fermeture pure et simple du Québec, incluant sa dépopulation et la transformation de tout son territoire en réserve écologique. aurait un impact nul sur les températures.

    Donner l'exemple, vous dites? Les Chinois et les Indiens doivent bien rire...

    • Bernard Plante - Abonné 3 octobre 2014 14 h 34

      Je dois rêver.

      Sommes-nous bien en 2014?

  • Robert Beauchamp - Abonné 3 octobre 2014 14 h 59

    La facture

    À ce compte là, l'Alberta devrait être hypertaxée en tant que pollueur ou en temps qu'investisseur en crédits de carbone.

    • Claude Lafontaine - Abonné 3 octobre 2014 18 h 09

      L'Alberta a choisi de ne pas participer à la bourse du carbone, ça évite un problème à leurs pétrolières, mais ça reporte à plus tard les coûts de dépollution (il seront bien obligés de le faire un jour) pour ne pas dire qu'ils les refilent à la génération suivante des albertains ( l'État qui devra les absorber).

    • Ronald Houde - Abonné 4 octobre 2014 10 h 48

      m. Lafontaine, c'est, pour le moins qu'on puisse dire, naïf de penser que les pétrolières resteront pour "mopper" leurs dégats après avoir fini de se goinfrer dans les sables bitumineux. Ils vont tout abandonner là, comme ils ont toujours fait...

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 3 octobre 2014 16 h 03

    Et voilà...la goutte qui fait déborder le vase!


    Mon cri du coeur...arrêtez...stop...J'en peux plus!

    Gaz Métro n'avait-il pas comme publicité "vivre en bleu"...je croyais que c'était le
    bleu du ciel dont ils parlaient....d'une pureté à toute épreuve!

    Alors que j'écris ce commentaire,sur la droite de mon écran il y a cette publicité
    de oléoducénergieest.com qui me nargue...et il y est écrit:"...transportera du pétrole de l'Ouest canadien vers les marchés de l'Est"...

    J'ai 71 ans et le peu qu'il me reste à vivre, je veux le vivre et non exister!
    Alors , sacrez-moi patience avec vos coupures de retraite,augmentations de tarifs, pollutions ad nauseam, guerres de toutes sortes!

    Je suis tannée de me battre contre quelque chose... sans espoir de gagner...
    tel don Quichotte contre ses moulins à vents.
    Lui c'était dans un monde irréel, imaginaire...Moi je suis dans la réalité, la vraie!