Des investisseurs importants s’engagent, à Montréal, à dévoiler leur empreinte carbone

Des investisseurs institutionnels oeuvrant aux quatre coins de la planète se sont engagés jeudi à rendre publique leur empreinte carbone en signant le tout nouvel Engagement de Montréal sur le carbone (Montreal Carbon Pledge).

Cet engagement a été officiellement lancé dans le cadre de la conférence annuelle des Principes pour l’investissement responsable (PRI) des Nations unies, qui se déroule cette semaine à Montréal.

« Nous sommes très fiers de mettre sur pied le Montreal Carbon Pledge, qui témoigne de l’engagement des investisseurs à traduire les discussions au sujet de l’environnement et des changements climatiques en actions concrètes, a déclaré la directrice générale des PRI, Fiona Reynolds, au moment de dévoiler cette initiative en sol québécois. Le premier pas à franchir pour gérer les risques des investissements à long terme liés aux changements climatiques est de les mesurer, et cette initiative ouvre clairement la voie. »

Neuf investisseurs institutionnels ont accepté d’apposer leur signature pour le lancement de l’initiative. Cette courte liste compte notamment le California Public Employees Retirement System (CalPERS), qui gère près de 300 milliards de dollars américains, et le régime de retraite public français dénommé l’Établissement du régime additionnel de la fonction publique (ERAFP).

Pour l’instant, un seul joueur québécois s’est manifesté. Il s’agit de Bâtirente, le système de retraite des syndicats affiliés à la CSN. Son directeur général, Daniel Simard, siège au conseil d’administration des PRI.

À temps pour Paris

Les premiers signataires de cet engagement ont promis de mesurer l’empreinte carbone de leurs investissements et de déposer un rapport annuel à ce sujet. Cela signifie qu’ils devront quantifier les émissions de gaz à effet de serre des compagnies dans lesquelles ils investissent, pour ensuite établir un ratio entre la quantité obtenue et chaque million investi.

L’organisation des PRI, responsable du Montreal Carbon Pledge, espère éventuellement attirer des investisseurs institutionnels dont les portefeuilles totalisent plus de 3000 milliards à temps pour la prochaine conférence sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris en 2015. À terme, le but de l’engagement est d’utiliser les informations dévoilées pour établir des cibles de réduction de l’empreinte carbone et mettre au point une stratégie pour les atteindre.

Finance Montréal, la grappe financière du Québec, s’est réjouie de la nouvelle déclaration montréalaise, notamment en raison de sa portée mondiale. « Il s’agit d’un accomplissement concret qui contribue à positionner Montréal comme un centre financer avant-gardiste qui encourage les principes d’investissement responsable », a affirmé son directeur, Eric Lemieux, par voie de communiqué. Selon lui, ce « succès » est « aligné sur des valeurs grandement partagées par plusieurs Québécois ».

La conférence des PRI, qui réunit depuis le début de la semaine près de 500 participants provenant de 25 pays, se termine vendredi.

La taxe carbone serait peut-être utile, dit le FMI

Washington — Le Fonds monétaire international (FMI) a estimé jeudi que l’instauration d’une taxe carbone pourrait être utile pour freiner le réchauffement climatique sans avoir d’effets négatifs sur la croissance économique.

«La taxe carbone peut être efficace [...]. C’est un des outils qui peut être utile pour contribuer à freiner le changement climatique sans avoir d’impact négatif sur la croissance», a déclaré le porte-parole du Fonds, Gerry Rice, lors d’une conférence de presse. Réunis à l’ONU mardi, les dirigeants mondiaux se sont engagés à New York à redoubler d’efforts pour lutter contre le réchauffement climatique même si les résultats de ce sommet semblent maigres. En prélude à ce sommet, 73 pays et plus de 1000 entreprises s’étaient déclarés favorables à un système permettant de faire payer la pollution au CO2 via une taxe carbone ou un système de quotas échangeables. S’agissant de la taxe carbone, le porte-parole du FMI a toutefois ajouté qu’elle ne serait efficace que si elle était «proprement conçue et mise en œuvre».

Fin 2013, le gouvernement français envisageait une contribution carbone trois ans après le rejet d’un précédent projet de taxe sur les émissions de C02. En juillet, l’Australie a aboli une taxe carbone vivement critiquée par les groupes miniers et instaurée il y a deux ans par le gouvernement travailliste.
Agence France-Presse
1 commentaire
  • Robert Henri - Inscrit 26 septembre 2014 08 h 19

    Qu'est-ce qui nous garantie qu'ils diront vrai ?

    Qu'est-ce qui nous garantie qu'ils diront vrai ? Ils vont peut-être surévaluer leurs émissions pour être certains de payer leur juste part vous croyez ? Pas moi.