L’incertitude perdurera jusqu’en 2015

Photo: Georges Coulombes

Après le fort repli de 2013, le marché de la construction résidentielle au Québec devrait se stabiliser cette année et l’an prochain. Une apparente stabilité qui n’est pas sans inquiéter l’APCHQ.

L’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec dévoilait vendredi ses prévisions économiques pour 2014 et 2015. Il est retenu que le nombre de mises en chantier devrait croître de 1 % en 2014, pour ensuite diminuer de 3 % en 2015. « Après une année 2013 très décevante où les mises en chantier ont diminué de 20 %, nous observons une relative stabilisation du marché résidentiel. Néanmoins, avec 37 000 mises en chantier, l’année 2015 sera la plus faible enregistrée au cours de la dernière décennie et l’environnement incertain nous amène à croire qu’il sera difficile de renverser la situation », a soutenu Georges Lambert, économiste à l’APCHQ.

L’Association note une croissance économique plus faible au Québec que dans les autres provinces canadiennes, une augmentation plus timide du nombre de ménages ainsi qu’une accession de plus en plus difficile à la propriété. « À 61 %, le taux de propriété des ménages québécois est loin en dessous de la moyenne canadienne de 69 %. L’APCHQ considère que le resserrement de certaines règles, dont la réduction de la période d’amortissement maximale pour un prêt hypothécaire, a potentiellement restreint l’accès à la propriété pour près de 40 000 ménages. » Elle ajoute que, de 2011 à 2013, une diminution de 11 % du nombre de premiers acheteurs a été observée dans le marché de la construction résidentielle neuve. « La hausse du nombre de mises en chantier pour le marché locatif illustre également cette accession difficile. »

Les maisons individuelles écopent. « Bien qu’elles représentent encore 31 % de toutes les mises en chantier, les maisons individuelles sont moins populaires qu’auparavant. De 2013 à 2015, le nombre de maisons individuelles construites aura chuté de 13 %, passant de 13 144 à 11 415. La densification accrue et l’enjeu de l’abordabilité expliquent cette tendance à la baisse. »

Reste la rénovation, véritable salut pour l’industrie. « Pour 2013, le nombre d’emplois à temps plein de ce secteur a été supérieur à 105 000 et la valeur économique des activités de rénovation a dépassé 11,5 milliards. En incluant les activités de réparation et d’entretien, la rénovation compte pour près de 60 % de l’importance du secteur de l’habitation au Québec », a souligné l’APCHQ.


 
1 commentaire
  • Ronald Houde - Inscrit 20 septembre 2014 10 h 54

    Assez les Shacks à Voisin Gonflable

    Les promoteurs et constructeurs immobiliers doivent se mettre au diapason d'une nouvelle réalité s'ils espèrent sortir du marasme. Pour ce, à mon avis, il doivent: 1) diminuer considérablement la construction de condos et cabanes de luxe que personne autre qu'un spéculateur immobilier ou un "voisin gonflable" est capable d'acheter et entretenir; 2) penser aux réels besoins d'une population vieillisante qui a besoin d'un environnement intégré abordable (domicile, commerces de proximité, services et activités récréatives, sociales et culturelles) qui ne nécessite de sauter dans une automobile à tout bout de champ; 3) penser à remettre à neuf et au goút du jour le parc immobilier construit dans les années 50-70 et y intégrer l'environnement décrit en 2) ci-haut. La poursuite du gain maxium pour l'effort minimum ne fera qu'entretenir le marasme... pensez-y!