Manuvie tente de rassurer Montréal

Manuvie a acquis les actifs canadiens de la Standard Life.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Manuvie a acquis les actifs canadiens de la Standard Life.

La Financière Manuvie a voulu se faire rassurante à l’endroit du secteur financier québécois, jeudi, en suggérant que son acquisition des actifs canadiens de la Standard Life ne se traduira pas nécessairement par des suppressions d’emplois à Montréal.

La directrice générale de la division canadienne de Manuvie, Marianne Harrison, a ainsi tenté de dissiper les inquiétudes quant à l’objectif de la société ontarienne de réaliser des synergies de 100 millions — une situation qui se traduit souvent par des licenciements. « Il y a un élément qui sera la clé pour nous : ce sera d’avoir cette présence au Québec », a-t-elle souligné, dans le cadre d’une conférence destinée aux investisseurs organisée à Montréal par la Banque CIBC.

Plus de 1600 des 2000 employés canadiens de la Financière Standard Life se trouvent à Montréal.

Questionnée sur le dossier, Mme Harrison a prévenu qu’une trop grande diminution d’effectifs dans la métropole réduirait l’empreinte de Manuvie — actuellement quasi inexistante — dans la province. Elle a réitéré à quelques reprises que la décision de l’assureur torontois de mettre la main sur une des plus importantes firmes financières de Montréal était surtout motivée par sa volonté d’établir son empreinte au sein du marché québécois. « Nous sommes une des seules compagnies d’assurances à ne pas avoir de leader pour nos activités au Québec, a souligné Mme Harrison. Depuis un an et demi, nous nous demandions comment percer au Québec lorsque cette occasion s’est présentée. »

La directrice générale de la division canadienne de Manuvie a par ailleurs indiqué que la réalisation des synergies se fera vraisemblablement par le biais d’un processus qui s’appliquera à l’ensemble des activités de la société ontarienne. « Est-ce que cela veut dire que nous allons supprimer moins de postes pour réaliser ces synergies ? Non », a affirmé Mme Harrison.

Cette dernière a expliqué que Manuvie allait « trouver des postes » au sein de son organisation et que l’atteinte des objectifs pourrait également se faire grâce à une réduction naturelle des effectifs. « Par exemple, si nous avons des départs par attrition dans la région de Kitchener et Waterloo, est-ce que nous avons l’occasion de consolider notre expertise au Québec ? C’est quelque chose que nous voulons faire », a expliqué Mme Harrison.

Elle a réitéré que le Québec ne deviendra pas un simple « centre d’opérations » et qu’il était important d’y laisser plusieurs professionnels. « Nous avons eu des difficultés à bâtir notre présence dans la province et [cette acquisition] vient de nous donner l’élan [nécessaire] », a-t-elle dit.

Le président de Standard Life, Charles Guay, avait également tenté de se montrer rassurant peu après l’annonce de la transaction, annoncée le 3 septembre dernier. Dans une lettre publiée sur Internet, M. Guay avait souligné que les deux entreprises « se complètent sur bien des plans ».

La transaction est financée en partie par la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui a réalisé un investissement de 500 millions en capital-actions dans Manuvie pour cette entente. L’investissement porte à plus de 1 milliard la participation de la Caisse dans Manuvie et en fait un de ses actionnaires les plus importants.

En date du 30 juin dernier, les actifs sous gestion de la Standard Life totalisaient 52 milliards et quelque 1,4 million de clients. La société occupe le cinquième rang des principales entreprises d’assurance-vie et de produits financiers liés au Canada.