Les familles américaines continuent de souffrir de la crise immobilière

Washington — La présidente de la Banque centrale américaine (Fed), Janet Yellen, a relevé jeudi que la crise immobilière de 2008 à l’origine de la récession avait encore « des effets persistants » sur le niveau de vie et le patrimoine des familles américaines.

Dans un discours à Washington, Mme Yellen a d’abord indiqué que les revenus des familles les plus modestes avaient continué de décliner depuis 2010. Mais elle a signalé aussi, qu’au niveau du patrimoine, de nombreux foyers américains « n’ont pas encore récupéré les actifs perdus lors de la crise immobilière ».

« Le marché immobilier s’améliore et le logement demeure un important vecteur de constitution d’un patrimoine pour les familles à modeste et moyen revenus », a déclaré la patronne de la Fed. « Mais une des leçons de la crise », a-t-elle averti, « est qu’il faut posséder des économies et des actifs financiers liquides ».

Or, la moitié des foyers américains situés sous le revenu médian ne détiennent que 8 % de tous les actifs financiers, a-t-elle précisé. « J’espère que notre pays ne va pas faire face à une autre crise financière aussi sévère que celle que nous avons connue […] mais pour beaucoup de familles modestes, la définition d’une crise financière correspond à un ou deux mois sans salaire », a encore déclaré la patronne de la Fed. Elle a rappelé que, selon une enquête récente de la Banque centrale, une dépense inattendue de 400 $US conduit « la majorité des Américains soit à emprunter, soit à vendre quelque chose, soit simplement à ne pas payer ».

Les données publiées au début du mois faisaient ressortir que le revenu médian des ménages américains a nettement reculé entre 2010 et 2013 malgré la fin de la récession, montrant que l’écart s’est davantage creusé entre riches et moins riches. Cette conclusion venait d’une enquête de la Fed.

Sur les trois dernières années, le revenu médian des Américains s’est replié de 5 %. Les familles au bas de l’échelle ont subi des « baisses substantielles », dans la continuité de la tendance observée de 2007 à 2010, affirme cette étude trisannuelle de la Fed. Entre 2010 et 2013, le revenu médian des ménages américains a glissé de 49 000 $US par an, à 46 700 $US. Le revenu moyen, en revanche, a augmenté de 4 % à 87 200 $US, reflétant « l’accentuation de la concentration des revenus », soulignait la Fed.

Salaires moyen comme médian en 2013 sont restés en-dessous de leurs niveaux de 2007, avant la récession. « Seules les familles situées au sommet de l’échelle ont enregistré des augmentations importantes de revenus » entre 2010 et 2013, avait ajouté la Fed.

Dans le même temps, le patrimoine médian a reculé de 2 % à 81 200 $US, tandis que le patrimoine moyen est resté stable à 534 600 $US. La valeur du patrimoine moyen des foyers les plus pauvres a fondu de 21 % en trois ans alors que celui des foyers les plus riches a gagné 2 %.

Les 3 % de ménages les plus aisés détenaient à eux seuls 54,4 % des richesses en 2013, contre 51,8 % en 2007. Mais le taux de détention des 90 % des foyers a reculé à 24,7 % des richesses, contre 33,2 % en 1989.

1 commentaire
  • Pierre Langlois - Inscrit 19 septembre 2014 23 h 16

    Remettre les pendules à l'heure

    Revenu familial moyen de 87,200$ mais revenu médian de seulement 49,000$ (qui reflète la concentration de la richess chez le 1%). Voila qui nuance les propos des Francois Legault et des Mario Dumont de ce monde qui ne cessent de nous répéter combien les Québécois sont si pauvres. Pour les familles de la classe moyenne, je suis loin d'être convaincu que l'herbe est plus verte ailleurs au Canada ou aux Etat-Unis. Mais bien entendu, pour le 1% du Quebec (dont ils sont les porte-parole officieux) la situation outre-fontière est fort enviable.