Québec investit dans Arianne Phosphate

Selon Arianne Phosphate, la construction de la mine entraînerait la création d’environ 2200 emplois.
Photo: Source Osisko Selon Arianne Phosphate, la construction de la mine entraînerait la création d’environ 2200 emplois.

Le projet de mine de phosphate de 1,2 milliard au nord de Saguenay compte maintenant le gouvernement du Québec parmi ses actionnaires avec une injection de 2 millions de dollars.

« Ce n’est pas l’ampleur de l’investissement, c’est le message que ça envoie », a dit hier le chef de l’exploitation du projet chez Arianne Phosphate, Jean-Sébastien David, lors d’une entrevue téléphonique.

La mine du lac à Paul, qui devrait être étudiée par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement au cours des prochains mois, est située à 200 kilomètres au nord de Saguenay. « Il reste encore beaucoup d’étapes, dont le BAPE », a dit M. David.

Le concentré de phosphate est utilisé principalement par des fabricants d’engrais. La seule autre mine canadienne, celle de Kapuskasing, en Ontario, a cessé ses activités l’an dernier. Arianne Phosphate affirme qu’au Canada, les usines de transformation s’approvisionnent en Idaho et avec du produit marocain. Le prix tourne autour de 110 $ US la tonne, comparativement à 200 $ en 2011.

Un autre projet de roche phosphatée, celui de Mine Arnaud inc., à Sept-Îles, a récemment fait l’objet d’un examen du BAPE. En plus de s’interroger sur la rentabilité, l’organisme a jugé qu’il n’était « pas acceptable dans sa forme actuelle » en raison de préoccupations liées à la contamination des eaux et aux risques de glissement de terrain. Mine Arnaud compte deux actionnaires, soit le groupe norvégien Yara et Investissement-Québec.

Au moins 25 ans

 

Selon Arianne Phosphate, la construction de la mine entraînerait la création d’environ 2200 emplois, après quoi les opérations assureraient du travail direct et indirect à un millier de personnes. Pour les calculs de l’étude de faisabilité, la durée de vie a été fixée à 25 ans, mais elle sera vraisemblablement plus longue dans les faits, selon M. David.

« Durant la dernière campagne électorale, j’ai dit que notre gouvernement appuierait le projet d’Arianne Phosphate », a dit dans un communiqué le premier ministre Philippe Couillard, également député de Roberval. « En nous associant à cette initiative majeure, nous favorisons l’essor du Plan Nord, qui présente un grand potentiel de création de richesse pour le Québec. Nous mettons également à profit notre main-d’oeuvre qualifiée et recherchée, qui fait la renommée de l’industrie minière québécoise. Ce projet est une source d’enrichissement incontournable pour notre région. »

De manière concrète, Arianne Phosphate a émis ses unités au prix de 1 $, chaque unité étant composée d’une action ordinaire et de la moitié d’un bon de souscription. Ces bons permettront d’acheter d’autres actions ordinaires au prix de 1,25 $ pendant deux ans.

Arianne Phosphate est déjà présente sur les marchés boursiers. Son action est inscrite à la Bourse de croissance TSX où elle se négocie ces jours-ci à 97 ¢. Le plus grand actionnaire est le groupe Windermere Capital, qui contrôle un bloc de 30 %.

Le concentré de phosphate qui serait produit sur place partirait par bateau sur la rivière Saguenay pour ensuite emprunter le Saint-Laurent. L’entreprise envisage une clientèle située dans l’Ouest canadien — il faudrait alors se rendre jusqu’au canal de Panama — et aux États-Unis, notamment en Floride et dans le golfe du Mexique où des acheteurs se manifestent déjà.

En plus des 2 millions de Québec, l’entreprise a récemment récolté 6 millions dans le cadre d’une série de financement. À plus long terme, il lui faudra trouver des investisseurs et des partenaires qui fourniront la somme de 1,2 milliard nécessaire pour construire les installations.

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