L’écart des revenus se creuse encore, selon la Fed

Des employés de différentes chaînes de restauration rapide ont manifesté dans les rues d’une centaine de villes, dont New York.
Photo: Andrew Burton Agence France-Presse Des employés de différentes chaînes de restauration rapide ont manifesté dans les rues d’une centaine de villes, dont New York.

Washington — Le revenu médian des ménages américains a nettement reculé entre 2010 et 2013 malgré la fin de la récession, montrant que l’écart s’est davantage creusé entre riches et moins riches, selon une enquête de la Banque centrale américaine (Fed) publiée jeudi.

 

Sur les trois dernières années, le revenu médian des Américains s’est replié de 5 %. Les familles dans le bas de l’échelle des revenus ont subi des « baisses substantielles », dans la continuité de la tendance observée de 2007 à 2010, affirme cette étude trisannuelle de la Fed. Entre 2010 et 2013, le revenu médian des ménages américains a glissé de 49 000 $US par an, à 46 700 $US. Le revenu moyen, en revanche, a augmenté de 4 % à 87 200 $US, reflétant « l’accentuation de la concentration des revenus », souligne la Fed.

 

Salaires moyen comme médian en 2013 sont restés en-dessous de leurs niveaux de 2007, avant la récession. « Seules les familles situées au sommet de l’échelle ont enregistré des augmentations importantes de revenus » entre 2010 et 2013, souligne la Fed.

 

Le revenu médian des Noirs et des Hispaniques a chuté de 9 % sur la période, contre -1 % pour les Blancs. La part des revenus perçus par les foyers les plus riches (3 % des ménages américains) a augmenté ces trois dernières années pour atteindre 30,5 %, contre 27,7 % en 2010.

 

Dans le même temps, le patrimoine médian a reculé de 2 % à 81 200 $US, tandis que le patrimoine moyen est resté stable à 534 600 $US. La valeur du patrimoine moyen des foyers les plus pauvres a fondu de 21 % en trois ans alors quecelui des foyers les plus riches a gagné 2 %.

 

Les 3 % de ménages les plus aisés détenaient à eux seuls 54,4 % des richesses en 2013, contre 51,8 % en 2007. Mais le taux de détention des 90 % des foyers a reculé à 24,7 % des richesses, contre 33,2 % en 1989, a souligné la Fed.

 

L’enquête observe en outre qu’au cours de cette période, qui a succédé à l’éclatement de la bulle immobilière, le taux de propriétaires « a chuté de façon notable » : le pourcentage de familles américaines possédant leur logement est tombé de 68,6 % en 2007 à 65,2 % en 2013, soit le niveau de 1995.