Résolu ferme son usine de papier de Shawinigan

Ancien phare industriel du Québec, la ville de Shawinigan subit une nouvelle perte majeure. La direction de Produits forestiers Résolu (PFR) a annoncé mardi la fermeture de son usine de papier d’impression commerciale Laurentide, vieille de 126 ans, ce qui pourrait entraîner jusqu’à 275 pertes d’emplois.

 

« Nous avons fait énormément d’efforts pour trouver une façon d’améliorer la performance de l’usine Laurentide, mais malheureusement, en raison de sa structure de coûts et des conditions de marché, nous en sommes venus à la conclusion qu’il n’y avait plus d’options économiquement viables pour l’usine », a déclaré par voie de communiqué le président et chef de la direction de PFR, Richard Garneau.

 

La papeterie qui produisait 191 000 tonnes métriques de papier commercial fermera officiellement ses portes de manière permanente le 15 octobre prochain. A priori, les 275 employés de la papeterie pourraient perdre leur emploi. L’entreprise affirme toutefois qu’elle rencontrera tous les travailleurs et qu’elle tentera de réaffecter le plus grand nombre d’entre eux dans ses autres installations.

 

« Même si ce n’est un secret pour personne que les conditions du marché dans le papier sont difficiles, des annonces de fermeture, c’est toujours extrêmement difficile à prendre », a réagi Renaud Gagné, le directeur adjoint du syndicat Unifor, qui représente les employés de l’usine Laurentide. Le dirigeant syndical a indiqué que l’accompagnement des travailleurs est pour l’instant prioritaire, mais il a aussi profité de l’annonce du jour pour dénoncer le « sous-financement chronique » en matière de recherche et de développement au sein de la filière des pâtes et papiers. « Nos membres, les travailleuses et travailleurs, leur famille et les communautés vivent les répercussions d’une inaction de la part des industries et des gouvernements », a-t-il soutenu.

 

Demande en baisse

 

PFR a fait savoir que le coût élevé de la fibre de bois, les frais de transport et la baisse de la demande pour le papier commercial ont justifié cette décision. Celle-ci a diminué d’environ 30 % au cours des cinq dernières années, a précisé le porte-parole Karl Blackburn. Le redémarrage à la fin de l’année 2012 de l’usine de Pacific West située à Port Hawkesbury, en Nouvelle-Écosse, a également asséné un dur coup à la papetière de la Mauricie, puisqu’il a introduit 360 000 tonnes de papier commercial supplémentaires sur le marché canadien, affirme M. Blackburn.

 

L’usine Laurentide bat de l’aile depuis quelque temps déjà. La fermeture d’une de ses machines en novembre 2012 avait causé une centaine de pertes d’emplois. Puis en juin dernier, une diminution du carnet de commandes de la papetière a poussé la direction à fermer l’usine pendant une semaine.

 

Il s’agit également d’une nouvelle douche froide pour Shawinigan. Cette ville autrefois reconnue pour son important développement industriel a également dû encaisser l’annonce de la fermeture de l’usine de Rio Tinto Alcan l’an dernier et de la Belgo d’AbitibiBowater en 2007. Depuis sept ans, elle a perdu plus de 1650 emplois industriels.

 

Excédé par cette accumulation de mauvaises nouvelles, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a réclamé mardi que Québec consacre un fonds de secours de 20 millions pour relancer l’économie de sa ville. « Ce sont des situations exceptionnelles, et pour répondre aux situations exceptionnelles, ça prend des mesures d’exception », a-t-il lancé en interpellant directement le premier ministre Philippe Couillard.

 

Au cours des dernières années, M. Angers a entrepris la transformation Shawinigan en attirant notamment des entreprises des secteurs de la technologie et du numérique.

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