Les investisseurs sont favorables au projet de fusion

Le titre de l’américaine Burger King Worldwide a avancé lundi de 19,5 % à 32,40 $US à la Bourse de New York.
Photo: Mike Mozart/CC Le titre de l’américaine Burger King Worldwide a avancé lundi de 19,5 % à 32,40 $US à la Bourse de New York.

Les actions de Tim Hortons et de Burger King ont bondi significativement, lundi, après que les deux sociétés eurent indiqué discuter d’un possible regroupement de leurs activités, une opération qui pourrait aider la chaîne canadienne de cafés et beignets à améliorer ses perspectives aux États-Unis.

 

La valeur d’une éventuelle entente est encore inconnue, mais les actions des deux entreprises n’ont pas attendu avant de s’emballer. Le titre de l’américaine Burger King Worldwide a avancé lundi de 19,5 % à 32,40 $US à la Bourse de New York, tandis que celui de Tim Hortons a grimpé de 13,25 $, soit 19,3 %, à 82,03 $ à la Bourse de Toronto.

 

Les deux entreprises ont confirmé qu’elles étaient en discussion et ont précisé que les deux bannières, soit Tim Hortons, établie à Oakville, en Ontario, et Burger King, établie à Miami, seraient exploitées de façon distincte.

 

Selon l’analyste Colin Cieszynski, de CMC Markets Canada, la réaction des marchés laisse croire que les investisseurs voient le regroupement d’un bon oeil, notant que de telles propositions « doivent habituellement être assez convaincantes pour que les deux actions se mettent à grimper. Les gens misent sur deux choses. La première est la prime que Burger King sera prête à allonger, et la deuxième est la possibilité que d’autres acheteurs se présentent », a-t-il expliqué.

 

Malgré le sentiment de patriotisme que plusieurs Canadiens ressentent en buvant leur tasse de café Tim Hortons, la société a déjà appartenu à une grande chaîne américaine par le passé. Elle a été achetée par la chaîne de restauration rapide Wendy’s en 2005, avant de s’inscrire à la Bourse de Toronto.

  

Vaste révision des activités

 

Même si Tim Hortons domine le marché canadien des cafés, la société a eu de la difficulté à percer aux États-Unis, et elle doit s’adapter ces dernières années à la concurrence accrue de la part de ses rivales américaines Starbucks et McDonalds. Lorsque le chef de la direction de Tim Hortons, Marc Caira — un ancien dirigeant des activités mondiales du géant alimentaire suisse Nestlé — a pris les rênes de la chaîne de cafés l’an dernier, il a entamé une révision de toutes ses activités.

 

Tim Hortons a depuis lancé un vaste programme sur ses priorités et sur les façons dont elle pourrait améliorer sa réputation, tant auprès des clients canadiens que ceux à l’international. La chaîne a en outre ajouté des items à son menu pour faire grimper ses ventes au déjeuner et au dîner. En se joignant à un partenaire comme Burger King, la société canadienne pourrait vraisemblablement créer une structure à faibles coûts pour mettre à jour son expansion aux États-Unis, ce qui procurerait de meilleurs rendements aux franchisés et représenterait une option plus attrayante.

 

Dans une note à ses clients, l’analyste Keith Howlett, de Valeurs mobilières Desjardins, a qualifié l’éventuelle fusion de surprise, faisant remarquer qu’« un élément clé serait l’utilisation de la présence de Burger King dans 98 pays pour accélérer l’expansion de Tim Hortons dans les marchés internationaux ».

 

Dans l’éventualité où les deux entreprises regrouperaient leurs activités, la nouvelle société serait établie au Canada, principalement parce que l’environnement fiscal serait plus avantageux pour la chaîne de restauration rapide américaine. Burger King pourrait ainsi réduire ses frais en impôts au terme de l’opération, que certains appellent « inversion fiscale ». Cette stratégie gagne en popularité auprès des sociétés américaines qui tentent de réduire leurs coûts.

 

Dans une telle inversion, une société américaine procède à une réorganisation dans un pays où le taux d’imposition est plus faible en rachetant ou en fusionnant avec une société qui y réside déjà. Les inversions permettent à la société de transférer l’argent gagné à l’étranger à leur société mère sans payer d’impôts additionnels aux États-Unis. Cet argent peut être réinvesti dans la société ou utilisé pour financer des dividendes ou des rachats d’actions, entre autres choses.

 

La simple éventualité d’une entente entre Burger King et Tim Hortons montre combien les choses ont changé au Canada au chapitre de la fiscalité. « Je ne crois pas qu’on aurait considéré le Canada comme un paradis fiscal il y 10 ou 20 ans. C’était le contraire, tout le monde voulait partir », a observé M. Cieszynski.

 

L’actionnaire majoritaire de Burger King, 3G Capital, continuerait de détenir la majorité des actions de la nouvelle entreprise et les parts trestantes iraient aux actionnaires actuels de Tim Hortons et Burger King. La nouvelle société posséderait plus de 18 000 restaurants dans 100 pays à travers le monde et occuperait le troisième rang du palmarès des grandes entreprise de restauration rapide au monde, avec un chiffre d’affaires d’environ 22 milliards $US, selon Burger King et Tim Hortons.

 

Les deux entreprises ont indiqué qu’elles ne commenteraient pas davantage la situation à moins qu’une entente soit conclue ou que les négociations soient abandonnées.

Coup d’œil sur les deux chaînes de restaurants

Burger King

Fondation : 1954.
Siège social : Miami, Floride.
Valeur boursière : 11,03 milliards $US, selon FactSet.
Plus de 13 000 restaurants dans 98 pays et territoires dans le monde entier.
Vend des hamburgers, des frites, des sandwichs, des salades et des desserts, entre autres choses.
Les boissons incluent des boissons gazeuses et glacées, du lait et du café, notamment.
Connue comme étant la maison du Whopper. Presque tous ses restaurants appartiennent à des franchisés indépendants qui les exploitent.

Tim Hortons

Fondation : 1964.
Siège social : Oakville, Ontario.
Valeur boursière : 10,96 milliards $US, selon FactSet.
Plus de 4500 restaurants, dont 3630 au Canada, 866 aux États-Unis et 50 dans la région du golfe Persique.
Connue pour ses beignets et son café, la chaîne vend aussi des boissons fouettées aux fruits, des sandwiches, de la soupe, du chili, des paninis, des wraps et des produits de boulangerie.
Le cofondateur de l’entreprise, Tim Horton, a joué dans la Ligue nationale de hockey pendant près de 25 ans, à Toronto, New York, Pittsburgh et Buffalo.
Achetée par Wendy’s International en 1995. A réalisé un premier appel public à l’épargne et est devenue une société ouverte distincte en 2006.
Associated Press
1 commentaire
  • michel lebel - Inscrit 26 août 2014 10 h 03

    Quelle aubaine!

    Grosse nouvelle! Stephen Harper pourra boire son café et manger des beignes et hamburgers au même endroit!Le paradis sur terre, bien loin d'une séance soporifique à New York, au machin des Nations unies!


    Michel Lebel