La Libye revient sur le marché pétrolier

Les ports de l’Est libyen étaient bloqués depuis juillet 2013 par des gardes des installations pétrolières, partisans de l’autonomie, empêchant toute exportation.<br />
Photo: Thinkstock Les ports de l’Est libyen étaient bloqués depuis juillet 2013 par des gardes des installations pétrolières, partisans de l’autonomie, empêchant toute exportation.

La Libye revient peu à peu sur le marché pétrolier avec l’augmentation de sa production depuis une crise qui avait bloqué pendant un an ses terminaux d’exportation, affirment des responsables de ce secteur vital pour un pays plongé dans le chaos.

 

« La production du pays ne cesse d’augmenter et elle devrait atteindre son niveau d’avant cette année si la situation se stabilise dans les différents gisements », a déclaré à l’AFP le ministre du Pétrole par intérim, Omar al-Chakmak.

 

Le porte-parole de la compagnie nationale NOC, Mohamed Hrari, a pour sa part précisé que « la production a atteint lundi 550 000 barils alors qu’elle tournait précédemment autour de 400 000 barils par jour ».

 

M. Hrari a prédit, dans une déclaration à l’AFP, « un niveau de production d’un million de barils […] par jour en septembre prochain, avec l’augmentation de la production des champs de Charara et d’al-Fil et une reprise de la production dans d’autres champs de l’est, de l’ouest et du sud du pays ».

 

Les autorités, qui ont pourtant du mal à maîtriser la situation dans le pays livré à des milices rivales et surarmées, a déclaré le 6 juillet les terminaux de Ras Lanouf (200 000 barils par jour) et d’al-Sedra (350 000 barils par jour) prêts à la reprise des exportations, grâce à un accord intervenu quatre jours plus tôt avec les rebelles qui avaient remis aux autorités ces deux terminaux de l’est libyen.

 

Le blocage des deux autres terminaux de cette région, Al-Hariga (110 000 barils par jour) et Zwitina (100 000 barils par jour) avait été levé en avril mais les exportations avaient du mal à décoller.

 

Les ports de l’Est libyen étaient bloqués depuis juillet 2013 par des gardes des installations pétrolières, partisans de l’autonomie, empêchant toute exportation.

 

Depuis le déblocage, une première cargaison de 690 000 barils de brut a été exportée vers l’Italie la semaine dernière de Ras Lanouf [700 km à l’est de Tripoli], a indiqué M. Hrari. Une autre cargaison devrait l’être du terminal d’al-Sedra « probablement la semaine prochaine », a-t-il ajouté.

 

Le retour de la Libye sur le marché a agi sur les prix qui ont ouvert à la baisse lundi à New York.

 

« La Libye est peut-être plongée dans le chaos, mais elle a réussi à augmenter sa production d’une moyenne de 200 000 à 450 000 barils par jour. L’ouverture récente de Ras Lanouf est un important signal de progrès et on nous dit qu’al-Sedra devrait rouvrir rapidement », ont souligné lundi les analystes du courtier PVM de New York.

 

Pour le ministre du Pétrole par intérim, « la Libye a perdu de nombreux clients sur le marché pétrolier durant l’arrêt pendant un an des exportations. Ces clients se sont adressés ailleurs, a-t-il noté, ajoutant que la Libye a réussi à en reconquérir certains ».

 

La Libye « tente de récupérer ses clients traditionnels et de conquérir de nouveaux clients et elle va y arriver », a affirmé avec optimisme M. Chakmak.

 

La crise pétrolière a occasionné pour le pays un manque à gagner de 40 milliards de dollars cette année, selon les spécialistes. Cette crise a vu a la production baisser à 250 000 barils par jour contre 1,5 million de barils par jour avant la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.