Le chômage recule mais la déflation menace

La baisse du chômage s’est poursuivie en juin dans la zone euro, avec un taux à 11,5 %, son plus bas niveau depuis septembre 2012, a indiqué jeudi l’office européen de statistiques Eurostat.

 

Il y a tout juste un an, le taux de chômage s’élevait encore à 12 % dans la zone euro. En mai dernier, il était à 11,6 %, tout comme en avril. En juin, la zone euro comptait 18,41 millions de personnes sans emploi, soit 152 000 de moins que le mois précédent et 780 000 qu’il y a exactement un an.

 

Mais ces chiffres masquent d’importantes disparités. Les taux de chômage les plus faibles ont ainsi été enregistrés en Autriche (5 %), en Allemagne (5,1 %) ainsi qu’à Malte (5,6 %). À l’inverse, les taux les plus élevés ont été enregistrés en Grèce (27,3 % en avril, date des dernières données disponibles) et en Espagne (24,5 %).

 

Dans les pays les plus durement touchés par la crise, des signes d’amélioration sont perceptibles : en un an, le chômage est passé de 26,2 % à 24,5 % en Espagne. Au Portugal, il est passé de 16,6 % à 14,1 % et en Irlande de 13,6 % à 11,8 %. Les deux pays sont récemment sortis de leur plan d’assistance financière obtenus au début de la crise de la zone euro.

 

Le chômage des jeunes a également décliné, son taux passant de 23,2 % en mai à 23,1 % en juin, ce qui se traduit par quelque 3,31 millions de jeunes sans emploi. Les pays les plus concernés sont sans surprise la Grèce (56,3 % en avril), l’Espagne (53,5 %) ainsi que l’Italie (43,7 %).

 

Dans l’ensemble de l’Union européenne, le chômage touchait 25 millions d’hommes et de femmes en juin, soit un taux de 10,2 % contre 10,3 % le mois précédent. En un mois, le nombre de chômeurs a diminué de 198 000. Il a baissé de 1,54 million en un an.

 

Le nouveau ralentissement de l’inflation en zone euro ravive cependant le spectre de voir la région basculer dans une spirale néfaste de baisse des prix et met une fois de plus sous pression la Banque centrale européenne (BCE) pour s’attaquer à ce problème qui pénalise la reprise. Selon Eurostat, l’inflation a ralenti à 0,4 % en juillet sur un an, après avoir atteint 0,5 % le mois précédent. Elle évolue ainsi à son plus bas niveau en quatre ans et demi, depuis octobre 2009 quand elle était passée en territoire négatif, à -0,1 %.

  

Pas de surprise

 

Ces chiffres sont tout sauf une surprise sachant que l’inflation a atteint en Allemagne son plus bas niveau depuis plus de quatre ans en juillet, à 0,8 %. En Espagne, les prix à la consommation sont repassés en territoire négatif, à -0,3 %.

 

Pour Jonathan Loynes de Capital Economics, « la BCE doit faire plus pour s’attaquer au risque de déflation » qui correspond à une baisse généralisée des prix et des salaires, minant l’ensemble de l’économie.

 

Un tel scénario aurait notamment pour effet de décourager les achats des consommateurs et des entreprises qui préfèrent les reporter dans l’espoir de payer moins cher plus tard.

 

L’objectif de la BCE est justement de veiller à la stabilité des prix et de maintenir l’inflation juste en dessous 2 %. Or, elle se situe depuis des mois à un niveau très faible, sous le seuil de 1 % considéré comme la zone de danger par l’institut monétaire. Face à cette menace, la banque centrale a pris des mesures en juin pour stimuler à la fois la croissance et l’inflation. Elle a abaissé son principal taux directeur, à 0,15 %, et annoncé un paquet de mesures exceptionnelles pour encourager les banques à prêter davantage.

 

« La bonne nouvelle est que le récent affaiblissement de l’euro laisse un peu de marge à la BCE pour agir », estime Peter Vanden Houte d’ING. « Cela lui enlève de la pression pour prendre de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire » comme une baisse de ses taux. L’euro a atteint jeudi son plus bas niveau depuis novembre, une bonne nouvelle pour les exportations de la zone euro et par extension pour la croissance.