Ciment McInnis: Heurtel fait son mea culpa concernant les émissions de GES

Le ministre québécois de l’Environnement, David Heurtel (à gauche), en compagnie du premier ministre Philippe Couillard
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Le ministre québécois de l’Environnement, David Heurtel (à gauche), en compagnie du premier ministre Philippe Couillard

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a fait un mea culpa, mercredi, concernant les émissions de gaz à effet de serre d’un projet de cimenterie en Gaspésie.

 

M. Heurtel a reconnu que son ministère dispose d’une étude précisant la quantité de GES que pourrait émettre l’installation, qui doit être construite à Port-Daniel-Gascons. La semaine dernière, le ministre avait pourtant affirmé le contraire, bien que Ciment McInnis, le promoteur du projet, ait soumis un document contenant l’information en 2013.

 

Citant cette étude demandée par son ministère à l’entreprise, M. Heurtel a affirmé, mercredi, qu’avec une production de 2,2 millions de tonnes de ciment, l’installation émettrait 1,75 tonne de GES par année.

 

La cimenterie, un projet de 1,1 milliard, est appuyée par 450 millions en fonds publics, ce qui fait de l’État un actionnaire.

 

Lors d’un bref échange avec la presse parlementaire, avant le Conseil des ministres, M. Heurtel a reconnu qu’il avait mal compris une question à ce sujet la semaine dernière car le ministère disposait déjà de ces chiffres. « Mea maxima culpa de ma part, a-t-il dit. Ce que moi j’avais mal compris, et donc ce que je peux rectifier aujourd’hui, ce que je voulais dire c’est s’il y avait d’autres études ou des études plus précisément [qui] spécifiaient l’émission de GES du projet. »

 

La semaine dernière, M. Heurtel avait affirmé qu’il n’avait vu ces chiffres nulle part, bien qu’ils se trouvent dans le document intitulé  Mise à jour de l’étude de répercussions sur l’environnement, réalisée par Ciment McInnis.

 

Selon les données présentées à la page 141, sur la base d’un « scénario de production augmentée », les émissions pourraient s’élever à 2,01 millions de tonnes de GES pour 2,5 millions de tonnes de ciment produit.

 

Le groupe écologiste Greenpeace estime que ces chiffres montrent que l’usine deviendrait la plus importante source de GES au Québec.

 

M. Heurtel a répété mercredi qu’il n’a pas le pouvoir de soumettre le projet de cimenterie à une évaluation du Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) puisque le projet à Port-Daniel-Gascons a été amorcé avant des changements à la Loi sur la qualité de l’environnement en juin 1995 et que le ministère a accepté les études de répercussions mises à jour.

 

L’objectif du gouvernement est toutefois que l’installation renonce à utiliser le coke de pétrole comme combustible, de manière à réduire ses émissions, a dit le ministre, qui mise sur le marché du carbone pour atteindre cet objectif.

 

« Ce que j’ai compris, c’est que c’était le cas probablement pour la première année d’entrée en service de la cimenterie mais qu’après ils travailleraient à explorer des sources alternatives de combustible, a-t-il dit. Et nous, c’est ce sur quoi on veut travailler. »

5 commentaires
  • Pierre Vincent - Inscrit 17 juillet 2014 07 h 06

    Encore de l'aveuglement volontaire ?

    Si le ministre n'a pas vu ces chiffres, comme il l'affirme, c'est sans doute que la question des émissions de GES ne l'intéresse pas beaucoup. Pourtant, il a été nommé ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, justement. Mais j'imagine que le gouvernement pense qu'on peut lutter efficacement en ajoutant une source industrielle d'émission de 2 millions de tonnes de GES sans conséquences sur le bilan des GES au Québec...

  • jerome ladouceur - Inscrit 17 juillet 2014 07 h 43

    Le coke de petrole

    Pourquoi une nouvelle cimenterie alors que celles présentes opèrent à 60%.?
    Pouquoi garder un projet contreversé du P.Q.?
    Pourquoi créer la plus importante source de GES du Québec?
    Ne serait-ce pas pour le petcoke ,utilisable seulement dans les cimenteries à cause de
    sa haute teneur en soufre?
    Suncor en fera des tonnes après l’inversion du pipeline no 9.

  • François Beaulé - Inscrit 17 juillet 2014 12 h 46

    Que brûlent les 2 autres cimenteries du Québec?

    Si c'est du gaz alors il n'y a probablement pas de gaz naturel disponible à Port-Daniel. Sinon, alors est-ce du charbon ou du coke?

    Le ministre de l'Environnement prétend qu'un autre combustible pourrait remplacer le coke en Gaspésie. Si c'est vrai alors pourquoi attendre un an pour l'utiliser?

  • Murray Henley - Inscrit 17 juillet 2014 20 h 58

    Pas la vraie question

    Le Québec ne produit que .04 % des émissions mondiales de GES. Ce débat n'intéresse que les plus puristes des verts.

    D'autre part, si une production addtionnelle de ciment est requise sur le marché du nord-est du continent, elle sera éventuellement produite ailleurs qu'au Québec, sans impact sur les GES totaux.

    La question fondamentale est de savoir si ce projet plombé aux fonds publics est requis sur des bases commerciales.

  • Philippe ROY - Inscrit 17 juillet 2014 21 h 16

    Le procédé génère à lui seul beaucoup de GE, le carburant s'ajoute

    Pour extraire une molécule de ciment à partir du clacaire de Port Daniel il faut libérer une molécule de gaz carbonique CO2. Ça fait beaucoup de CO2, autant que de ciment. Et ce procédé chimique est très énergivore, il requiert du carburant. GES au carré !
    Philippe Roy