La banque du Vatican confesse une chute de son bénéfice

Les fonds propres de la banque du Vatican totalisaient 720 millions à la fin de 2013, contre 769 millions un an plus tôt.
Photo: Filipo Monteforte Agence France-Presse Les fonds propres de la banque du Vatican totalisaient 720 millions à la fin de 2013, contre 769 millions un an plus tôt.

La banque du Vatican a vu l’an dernier son bénéfice net s’effondrer, passant de 86,6 millions d’euros à 2,9 millions d’euros, dû largement aux coûts exceptionnels du processus de réforme, a annoncé mardi l’IOR dans un communiqué.

 

L’Institut pour les oeuvres de religion (IOR), banque commerciale du Vatican, que le pape François a décidé de conserver en la réformant, a annoncé par ailleurs un renouvellement de sa direction. Après une année 2013 difficile, la « banque du pape » a enregistré au premier semestre 2014 une remontée très satisfaisante, avec un résultat net de 57,4 millions d’euros sur six mois, selon des données préliminaires.

 

L’IOR attribue la baisse du bénéfice en 2013 aux coûts de la réforme mais aussi à certaines opérations malheureuses. Il cite ainsi une perte de 15,1 millions d’euros, sans plus de précision.

 

Le cardinal italien Tarcisio Bertone, secrétaire d’État de Benoît XVI, a été mis en cause par la presse italienne pour avoir favorisé une opération hasardeuse au profit d’un producteur de télévision catholique ami, à hauteur précisément de 15 millions d’euros.

 

Autre nouveauté à l’IOR : tous les comptes de clients ont désormais été contrôlés, a indiqué le communiqué. L’Institut a fermé définitivement 3000 comptes en vertu d’une procédure ordinaire : 2600 d’entre eux étaient des comptes qui n’avaient pas été utilisés durant une longue période, et 396 autres n’entraient plus dans la liste restrictive des catégories admises à l’IOR.

 

La détention de comptes à l’IOR n’est désormais possible que pour « les institutions catholiques, les membres du clergé, les employés ou anciens employés du Vatican (pour le versement de salaire et de retraites), les ambassades et diplomates accrédités auprès du Saint-Siège », a précisé le communiqué.

 

La fermeture des comptes de ces 396 clients a entraîné un départ de fonds à hauteur de 44 millions d’euros, dont 37 millions ont été transférés dans d’autres institutions financières (88 % en Italie). Aussi, 359 autres comptes ne correspondant pas aux critères établis par le conseil de surveillance de l’IOR, pour un montant de 183 millions d’euros fin 2013, sont en voie de fermeture.

 

L’IOR a par ailleurs bloqué provisoirement les comptes de 1329 personnes et de 762 clients institutionnels, dans l’attente de la fourniture d’informations requises.

 

Au 31 décembre dernier, il y avait au total 17 419 comptes à l’IOR, contre 18 900 en 2012 : 5043 étaient des comptes d’institutions catholiques (80 % des fonds) et 12 376 comptes individuels (20 %).

 

Chute du bilan

 

Avec le lancement de la « phase II » de sa réforme, l’IOR confirme par ailleurs l’arrivée « d’une nouvelle équipe dirigeante, travaillant sous une nouvelle structure de gouvernance ». L’industriel allemand Ernst von Freyberg, qui avait été nommé par Benoît XVI peu avant sa démission en 2013, devrait donc céder la main. Le Français Jean-Baptiste de Franssu, qui dirige un cabinet de conseil en fusions-acquisitions et collabore à titre bénévole à la réforme économique du Vatican depuis un an, a été pressenti pour le remplacer, selon plusieurs médias français.

 

En dépit de ressources en baisse sensible, l’IOR a contribué en 2013 pour 54 millions d’euros au budget du Saint-Siège consacré aux oeuvres de charité et d’évangélisation : un chiffre identique à celui de 2012.

 

M. von Freyberg a engagé une entreprise de consultants, Promontory, pour éplucher les comptes de l’IOR. Il a aussi imposé depuis deux ans la publication d’un rapport annuel, une première en 126 années d’existence pour cet institut connu pour son opacité et des affaires retentissantes de blanchiment d’argent sale.

 

Au bilan, l’actif totalisait 3,4 milliards d’euros à la fin de 2013, contre près de 5 milliards un an plus tôt. L’investissement en valeurs mobilières a été ramené à 2,6 milliards, soit 1 milliard de moins sur un an, et les liquidités sont passées de 1,2 milliard à 716 millions entre les deux exercices. Au passif les sommes dues aux épargnants ont été réduites de 1,6 milliard, de 4,1 milliards à 2,5 milliards d’euros.

 

Les fonds propres de la banque du Vatican totalisaient 720 millions à la fin de 2013, contre 769 millions un an plus tôt.

1 commentaire
  • Jean-Yves Marcil - Inscrit 9 juillet 2014 09 h 50

    Faire des profits = faire oeuvres de religion

    On brasse de la grosse argent à l’Institut pour les oeuvres de religion (IOR), qu'on nomme plus justement la Banque du Vatican.
    Faire des profits = oeuvres de religion !