Ne touchez pas au bitcoin, avertit l’Autorité bancaire

Un homme prend son reçu après avoir acheté des bitcoins.
Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse Un homme prend son reçu après avoir acheté des bitcoins.

L’Autorité bancaire européenne (ABE) a appelé vendredi les établissements financiers européens à ne pas toucher au bitcoin ni à d’autres monnaies virtuelles tant qu’elles ne sont pas encadrées par des règles spécifiques.

 

Dans un communiqué, l’autorité basée à Londres conseille aux autorités de supervision nationale de « décourager les institutions financières d’acheter, de détenir ou de vendre des monnaies virtuelles tant qu’aucun régime réglementaire n’est en place ».

 

Selon l’ABE, qui s’est penchée sur la question en collaboration avec la Banque centrale européenne et l’Autorité de régulation financière européenne, les risques liés aux monnaies virtuelles dépassent les bénéfices constitués par exemple par la rapidité et le caractère économique des transactions. Ces risques sont notamment liés au blanchiment d’argent ou à d’autres crimes financiers, détaille l’ABE.

 

« Un mécanisme de monnaie virtuelle peut être créé — et son fonctionnement changé — par n’importe qui — et dans le cas de mécanismes décentralisés comme les bitcoins, par quiconque disposant d’une puissance informatique suffisante —, et de plus de façon anonyme », met en garde l’autorité bancaire. « La sécurité informatique ne peut pas être garantie » tandis que « la viabilité financière de certains participants sur le marché reste incertaine », poursuit l’ABE.

 

Les monnaies virtuelles vont donc devoir être réglementées selon l’ABE, qui adresse cette recommandation au conseil européen, à la Commission et au Parlement, via la création de structures de gouvernance en charge de chaque monnaie virtuelle et pouvant être tenue pour responsable de l’intégrité de cette devise. Une autorité de régulation devra en outre se saisir de la question des exigences en terme de gouvernance pour plusieurs participants sur ces marchés ainsi que des exigences en terme de capitaux afin d’éviter tout problème de liquidité.

 

Créé en 2009, le bitcoin s’est attiré les foudres de nombreux régulateurs dans le monde car, ne passant pas par le système bancaire, il permet de réaliser des paiements de manière anonyme. Il était par exemple utilisé sur Silk Road, un site Internet clandestin fermé par les autorités américaines l’an dernier, qui vendait notamment armes et drogue.

 

Son cours a connu de fortes fluctuations, en raison de la spéculation des investisseurs mais aussi de la faillite de sa principale plateforme d’échange MtGox, située au Japon.