Québecor cherche des partenaires pour percer dans l’ouest du Canada

Pierre Dion, président de Québecor: «Nous sommes en discussion avec différents groupes à l’heure actuelle.»
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Pierre Dion, président de Québecor: «Nous sommes en discussion avec différents groupes à l’heure actuelle.»

Après la réserve des derniers mois au sujet de ses visées pancanadiennes, Québecor ne se retient plus : non seulement les blocs de spectre sans fil achetés cet hiver mèneront idéalement à l’expansion de ses activités hors Québec, mais des discussions sont déjà en cours avec des partenaires potentiels.

 

Le rêve de Québecor, qui repose toutefois sur l’espoir d’une réglementation des services d’itinérance au niveau fédéral, n’est pas rattaché à un échéancier précis, a indiqué le nouveau président de l’entreprise, Pierre Dion.

 

« On a besoin de partenaires pour le spectre, mais aussi d’autres partenaires qui nous permettraient de partager les risques et les occasions. Nous sommes en discussion avec différents groupes à l’heure actuelle »,a dit M. Dion lors d’un point de presse après l’assemblée annuelle des actionnaires.

 

Invité à préciser lesquels, il a dit que les discussions se déroulent avec des groupes des deux catégories, c’est-à-dire dans le monde financier et auprès d’entreprises qui détiennent déjà du spectre et « qui ont des abonnés à l’heure actuelle dans le Canada anglais ».

 

M. Dion n’a pas voulu en dire davantage, tout comme il n’a pas voulu évaluer les chances de succès d’une telle expansion, dans la mesure où elle est assujettie à des gestes que devrait poser le gouvernement fédéral.

 

Lors d’un discours donné à Toronto mercredi au Canadian Telecom Summit, M. Dion a dit qu’il faut « une politique sur les services d’itinérance équitable, concurrentielle et réglementée au niveau fédéral », car « le paysage réglementaire actuel favorise les fournisseurs de services sans fil titulaires au Canada ».

 

L’expression« fournisseurs titulaires » désigne généralement les sociétés Bell, Telus et Rogers.

 

Il est de notoriété publique que les nouvelles entreprises qui ont vu le jour après les enchères de 2008 ont connu des problèmes financiers. Public Mobile se trouve maintenant entre les mains de Telus. Wind Mobile et Mobilicity, cependant, n’ont pas encore trouvé preneur.

 

M. Dion a affirmé aux actionnaires que l’acquisition d’« un ou deux nouveaux entrants » qui sont « sous-capitalisés » permettrait à Québecor de « pratiquement tripler [son] nombre de clients ». La compagnie dit qu’elle compte présentement un demi-million de clients dans le sans-fil.

 

Lors des enchères de spectre de 700 MHz organisées par Industrie Canada cet hiver, Québecor a acquis des licences hors Québec pour 233 millions de dollars au Québec, mais aussi en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

 

« Ils ne vont pas aller faire de la compétition dans l’Ouest canadien sans réglementation des prix pour l’itinérance », dit un analyste de Valeurs mobilières Desjardins, Maher Yaghi. « Et la décision politique de modifier les prix des services de gros, ce n’est pas évident. En Europe, quand l’itinérance a été réglementée, l’investissement des entreprises dans les nouvelles technologies a diminué. »

 

« Aussi, ils doivent trouver un partenaire d’affaires aux reins solides car, à eux seuls, ça serait trop lourd à soutenir », a ajouté M. Maghi, selon lequel Québecor a un ratio d’endettement qui est « supportable » mais « qui n’est pas le meilleur dans l’industrie ».« Si vous dépensez un milliard pour aller au Canada anglais, ça devient trop lourd. »

 

Dans son discours aux actionnaires, M. Dion a aussi répété une information qui circule déjà : Le Journal de Montréal va continuer d’exister en version papier, ce qui sera aussi le cas pour Le Journal de Québec.