Moody’s juge Carlos Leitao bien ambitieux

Photo: Associated Press Mark Lennihan

Moody’s constate une détérioration de la santé fiscale du Québec et qualifie d’« ambitieuse » la cible de retour à l’équilibre budgétaire en 2015-2016. L’agence américaine de notation poursuit son analyse du budget de l’an 1 du gouvernement Couillard dans une perspective d’accroissement du fardeau de la dette québécoise.

 

Le budget 2014-2015 du gouvernement du Québec est riche en défis, constate Moody’s, dans ses commentaires au lendemain de l’exercice budgétaire piloté par le ministre des Finances, Carlos Leitao. L’agence retient que l’état de santé des finances publiques québécoises s’est détérioré par rapport aux projections précédentes. « Avec des déficits accrus et d’importantes dépenses en infrastructures, le fardeau de la dette du Québec est appelé à croître au cours des deux prochaines années », a-t-elle ajouté. Moody’s retient que la dette brute atteindra 54,9 % du PIB l’an prochain. Ce ratio était estimé à 54,3 % au 31 mars dernier.

 

Surtout, l’agence revient sur la croissance projetée des dépenses, qui devrait être de 1,8 % cette année pour être abaissée davantage, à 0,7 %, en 2015-2016, et ce, même si les deux grands postes, soit la santé et l’éducation, doivent connaître une progression de loin plus rapide. En santé, la progression attendue des dépenses est de 3 % et de 2,7 % respectivement pour les deux prochaines années. En éducation, le taux est de 2,2 % et de 1,9 %.

 

Changement de culture radical

 

L’atteinte de l’équilibre budgétaire en 2015-2016 repose sur une transformation substantielle dans la manière de dépenser par rapport aux années passées et sur des mesures de revenus venant d’un comité spécial d’examen qui n’est pas encore formé, a écrit l’analyste Michael Yake. « Compte tenu de la dépendance à ces facteurs, et vu la détérioration des équilibres fiscaux dans un passé récent par rapport aux cibles précédentes, la prévision d’un budget équilibré en 2015-2016 apparaît ambitieuse », a ajouté le vice-président adjoint de Moody’s.

 

En février dernier, dans la foulée d’un budget — celui de Nicolas Marceau — qui a fait long feu, l’agence new-yorkaise n’avait pas modifié la cote de crédit du Québec, qui est demeurée à AA2 avec une perspective stable.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 6 juin 2014 06 h 25

    Les dépenses folles

    Les dépenses folles des dernières années en infrastructures, ajoutées aux dépassements de coûts incontrôlés et aux coûts gonflés par la collusion et la corruption vont hypothéquer l'avenir des Québécois pour de nombreuses années. On vient ensuite nous assommer pour nous dire que nous n'avons plus les moyens de nous payer le même panier de services, que nous avons été trop gâtés. Cela nous est lancé en pleine figure par la même équipe qui aura géré les deux bouts du spectre. Une amputation budgétaire gérée par des chirurgiens qui ont eu bien «soin» de négocier des conditions scandaleuses en faveur de la confrérie.

    • Mathieu Bouchard - Inscrit 6 juin 2014 15 h 34

      Ce n'est pas aussi grave que ça l'a déjà été. La différence entre l'inflation et le taux d'intérêt moyen de toutes les parties de la dette du Québec, ça nous indique le rythme auquel on perd de l'argent pour chaque $ de la dette. C'est beaucoup moins que dans les années 90, par exemple. Autrement dit, nous avons PLUS (+) les moyens d'être endettés qu'avant.