Le marché de l’habitation se détériore au Canada

L’accessibilité à la propriété s’est détériorée davantage au Canada au premier trimestre. Elle est demeurée au neutre au Québec, là où la faiblesse du marché de l’habitation est particulièrement ressentie.

 

Le niveau d’accessibilité immobilière est demeuré neutre au Québec au cours des trois premiers mois de 2014. Mais loin d’y voir une amélioration de l’état de santé de la propriété résidentielle, la dernière lecture réalisée par Recherche économique RBC indique que « le marché de l’habitation au Québec a continué de s’affaiblir au premier trimestre pour s’établir, sur une base désaisonnalisée, à son plus bas niveau depuis le début 2009, au plus fort de la récession », a noté Craig Wright, premier vice-président et économiste en chef de l’institution.

 

Il a notamment été mis en exergue que les reventes de propriétés ont reculé de 2,2 % comparativement au quatrième trimestre, soit une sixième baisse au cours des huit derniers trimestres. « Les données provinciales sur l’emploi n’ont pas été des plus encourageantes ces derniers mois, ce qui a vraisemblablement ébranlé la confiance des acheteurs »,a ajouté la Royale.

 

Les mesures d’accessibilité indiquent la part du revenu avant impôts qu’un ménage doit consacrer au paiement des coûts de propriété d’une résidence (y compris les versements hypothécaires, les services publics et les impôts fonciers). Pour les bungalows et les maisons à deux étages, l’indice a augmenté de 0,2 et 0,1 point de pourcentage pour atteindre respectivement 34,5 % et 43,7 %. Pour les copropriétés, il a baissé de 0,1 point à 26,6 %.

 

L’activité immobilière demeure difficile dans la région de Montréal, là où les reventes ont fléchi pour un deuxième trimestre consécutif. L’indice pour le bungalow individuel atteignait 38,9, en hausse de 0,1. « La faiblesse de la demande coïncide avec une augmentation de l’offre sur le marché de Montréal, particulièrement dans la catégorie des copropriétés. Ce genre de situation entraîne généralement une pression à la baisse sur les prix,a renchéri M. Wright. À ce jour, les prix continuent de monter, mais à un rythme plutôt lent. »

 

Ailleurs, dans les grandes villes canadiennes, l’indice d’accessibilité pour le bungalow individuel atteignait 82,4 à Vancouver, 56,1 à Toronto, 36,4 à Ottawa, et 34,5 à Calgary.

 

Détérioration de l’accessibilité

 

Les perspectives en matière d’accessibilité à la propriété au Canada demeurent contrastées même si les risques pointent vers une détérioration.

 

Dans les principaux marchés régionaux du reste du Canada, la hausse des prix des propriétés s’est poursuivie au premier trimestre, entraînant une détérioration de l’accessibilité. La Royale n’y voit toutefois aucune menace pour le marché de l’habitation. Elle a rappelé que le marché de la revente a été plutôt anémique l’hiver dernier à l’échelle canadienne et qu’une reprise printanière apparaît au radar.

 

« Nous prévoyons, pour le reste du printemps, une reprise de l’activité sur le marché de l’habitation attribuable en grande partie aux creux historiques atteints récemment par les taux hypothécaires fixes. Cette reprise sera toutefois de courte durée, car nous croyons que la demande accumulée est limitée et qu’une hausse des taux d’intérêt à long terme va s’amorcer d’ici le troisième trimestre. »

 

Dans la foulée, la hausse attendue des taux directeurs de la Banque du Canada devrait peu jouer. La banque centrale devrait normaliser son taux de financement à un jour « de façon graduelle à compter du milieu de 2015 et, par conséquent, les taux obligataires augmenteront petit à petit. Le risque que la hausse des taux déséquilibre les niveaux d’accessibilité au Canada est donc limité »,a ajouté Craig Wright.