Une école d’été est offerte pour et par les passionnés d’agriculture urbaine

Claude Lafleur Collaboration spéciale
L’école d’été en agriculture urbaine permet, entre autres, d’en apprendre davantage sur la culture en pots et en bacs, qui est pratique en milieu urbain.
Photo: Amélie Daoust-Boisvert Le Devoir L’école d’été en agriculture urbaine permet, entre autres, d’en apprendre davantage sur la culture en pots et en bacs, qui est pratique en milieu urbain.

Ce texte fait partie du cahier spécial Agriculture - Mai 2014

Pour une deuxième année, l’Université Laval offre une École d’été en agriculture urbaine. Cette formation s’adresse à ceux et celles qui s’intéressent au jardinage et à l’horticulture, que ce soit dans le cadre d’un jardin communautaire ou collectif, d’un petit potager derrière chez soi ou même de la culture de légumes en pot.

« Nous avons plaisir à transmettre nos connaissances », lance joyeusement Chantal Beauchamp, professeure à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation à l’Université Laval et responsable du contenu de l’École d’été. De surcroît, cette formation de trois ou cinq jours se donne dans un cadre champêtre.

 

« Les “ étudiants ” qui ont suivi l’an dernier notre école d’été ont tout simplement adoré la formule,déclare Mme Beauchamp, puisqu’on n’est pas dans une salle de classe, mais dans un bel édifice, l’Envirotron, situé au coeur du Jardin botanique Roger-Van den Hende. On a l’impression d’être dans une serre, un endroit très convivial pour apprendre. »

 

Le matin, des conférenciers présenteront à la trentaine d’« étudiants » divers aspects de l’agriculture urbaine, alors que les après-midi sont consacrés à des ateliers et démonstrations. L’École d’été se clôturera par des visites de divers sites d‘agriculture urbaine, dont des terrains prêtés par la ville de Québec, des jardins communautaires et collectifs, etc.

 

« Pour réussir en agriculture, on doit toujours réfléchir et planifier nos choses, relate la spécialiste. On veut donc que nos étudiants commencent lentement afin que ça devienne pour eux un succès. »

 

Un savoir se perd, mais se reconstitue

 

« L’agriculture urbaine, c’est un nouveau terme à la mode, explique Chantal Beauchamp,mais c’est dans une certaine mesure de l’horticulture et du jardinage. Or, historiquement, si au Québec on n’avait pas eu nos grands potagers, on aurait eu de sérieux problèmes d’approvisionnement en légumes ! Je dirais même que l’agriculture urbaine fait partie de l’évolution de l’humanité puisque, depuis toujours, on fait de la production maraîchère familiale. »

 

Ce qui a changé, poursuit-elle, c’est que l’on connaît à présent une foule de techniques pour favoriser la culture en milieu urbain et que, alors que de tout temps on transmettait ce savoir de génération en génération, ce n’est désormais plus le cas.

 

Pour elle, l’agriculture urbaine présente maints avantages, outre le fait de produire de succulents légumes. « C’est souvent l’occasion de rencontrer les gens du voisinage,fait-elle remarquer. Et au moment des récoltes, comme on a souvent trop de légumes, c’est une belle occasion de partage. » Elle fait en outre état d’un nouveau concept, les jardins collectifs, où on se met ensemble pour cultiver un terrain, se partageant le travail et les récoltes. « C’est une formidable façon d’acquérir des connaissances,dit-elle, et de se faire des connaissances ! »

 

L’École d’été se veut incidemment un lieu d’échanges entre les participants qui possèdent de l’expérience et les novices. « Une école, c’est fait pour poser des questions, et pas nécessairement devant toute la classe ! », souligne en riant Mme Beauchamp.

 

Deux options, de trois à cinq jours

 

La formation d’été est destinée à ceux et celles qui désirent parfaire leur expertise en agriculture urbaine durable. On y offre deux formations, l’une de trois jours et l’autre de cinq jours, qui coûtent respectivement 150 et 250 $ seulement. Aucun prérequis n’est nécessaire pour suivre ces formations non-créditées. Néanmoins, une attestation de formation continue (UEC) est remise au terme de chaque formation.

 

« L’option de trois jours est celle qu’on a offerte l’an passé, précise Mme Beauchamp,et les étudiants l’ont tellement aimée qu’ils nous ont demandé de créer une formation plus élaborée. Cette seconde option s’adresse à quelqu’un qui connaît déjà l’horticulture, qui a un potager et qui a le goût d’en apprendre davantage. » Par contre, il n’est pas nécessaire d’avoir suivi la première pour s’inscrire à la seconde.

 

La formation courte traite de l’importance de comprendre le sol, la fertilité, les rotations, les insectes, les maladies, explique Mme Beauchamp. La formation longue est davantage orientée vers des concepts de botanique, notamment le fonctionnement et les besoins des plantes. « On parlera aussi de la culture des fines herbes, de la multiplication des végétaux, de la culture des fruits, des aménagements comestibles, etc. »

 

Prévention et culture

 

Durant l’École d’été, on abordera également les maladies des plantes afin d’apprendre à les reconnaître et à déterminer si on doit intervenir ou non. On traitera aussi des insectes utiles, puisqu’il ne faut pas tous les détruire, ainsi que des pollinisateurs et de la façon d’aider ceux-ci à remplir leur précieuse fonction.

 

« Nous enseignons également la culture en contenants », poursuit Chantal Beauchamp. Cette culture devient de plus en plus fréquente puisqu’on s’installe désormais sur les galeries. Mais cette culture exige un substrat qui ne sèche pas trop vite, soit du paillage, qui évite l’évapotranspiration.

 

Pour ce genre de culture, il faut surtout choisir la bonne taille de contenant, poursuit la spécialiste. « Si je mets une petite plante dans un petit pot, tout va très bien. » On voit par conséquent apparaître sur le marché quantité de variétés de plantes naines qui ne développent pas de gros systèmes racinaires, par exemple du persil nain et des fèves naines, adaptés à l’agriculture en contenants sur le balcon.

 

« Et ma spécialité étant le compost, c’est sûr qu’on va en parler,lance enfin la responsable du contenu de l’École d’été en agriculture urbaine. Certaines cultures, dont la tomate, adorent le compost, et c’est donc avec du compost qu’on obtient de bien meilleures tomates ! »

 

Pour plus d’information : http://www.fsaa.ulaval.ca/ecole-ete.html

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