L’ombre de PKP continue de planer sur Québecor

Pierre Dion
Photo: - Le Devoir Pierre Dion

La direction de Québecor ne voit pas pourquoi la profession de foi souverainiste de son actionnaire de contrôle, Pierre Karl Péladeau, lui nuirait dans ses discussions avec le gouvernement fédéral concernant une possible expansion pancanadienne dans le secteur du sans-fil.

 

Le conglomérat médiatique, qui a remporté l’enchère sur les licences du spectre sans fil dans les quatre plus grandes provinces, dont le Québec, n’a pas encore eu de pourparlers avec Ottawa sur certaines conditions à respecter pour devenir le quatrième joueur au pays dans ce secteur.

 

Cela n’a pas empêché certains analystes financiers de questionner le nouveau président et chef de la direction de Québecor, Pierre Dion, sur l’impact du saut en politique de M. Péladeau — maintenant député péquiste de la circonscription de Saint-Jérôme. «Concernant Pierre Karl, c’est une décision personnelle et elle n’implique pas Québecor, s’est limité à dire M. Dion. Il a démissionné de ses fonctions sur les conseils d’administration de Québecor, QMI et TVA.»

 

Le nouveau dirigeant de Québecor s’est également montré peu bavard quant à la possibilité de voir Québecor concurrencer Bell, Rogers et Telus à l’extérieur du Québec dans un avenir rapproché. «Nous allons rencontrer le gouvernement pour lui laisser savoir ce que nous croyons être les bonnes conditions pour sortir du Québec dans le sans-fil. Sa réponse dictera nos prochaines décisions.» M. Dion remplace Robert Dépatie, qui a quitté ses fonctions la semaine dernière pour des raisons de santé. Il a laissé entendre que l’analyse de Québecor dans le dossier du sans-fil devrait prendre encore quelques mois.

 

Interrogé par un analyste, M. Dion a également balayé du revers de la main un scénario dans lequel Pierre Karl Péladeau quitterait la vie politique pour revenir à la tête du conglomérat. «Il n’est plus impliqué dans les décisions. J’ai un mandat clair, (...) le conseil d’administration m’a donné un mandat clair de diriger Québecor afin de créer de la valeur pour les actionnaires.»

 

Hausse du bénéfice

 

Quant à ses résultats du premier trimestre, l’entreprise a dépassé les attentes grâce à une bonne performance de son secteur des télécommunications. Pour la période terminée le 31 mars dernier, son bénéfice net a progressé de 14 %, à 40,7 millions, ou 33 ¢ par action, comparativement à 35,6 millions, ou 29 ¢ par action, à la même période en 2013. De leur côté, les revenus ont progressé de 1,1 % pour s’établir à 1,04 milliard, en hausse de 11,4 millions par rapport au premier trimestre de l’an dernier.

 

Ceux du secteur des télécommunications ont grimpé de 4,8 %, à 692,7 milliards. Des reculs ont toutefois été observés dans ceux des médias (moins 8,6 %), de la télédiffusion (4,2 %) et du loisir et divertissement (4,2 %).

 

L’analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, a souligné que Vidéotron avait perdu quelque 14 000 clients de câblodistribution au cours du trimestre, alors qu’il s’attendait à un recul de 5000 abonnés. Dans une note envoyée par courriel, ce dernier a évoqué la possibilité que l’entrée en scène de M. Péladeau en politique soit à l’origine de cette variation.

 

Maher Yagi, de Valeurs mobilières Desjardins, s’attendait à une perte de 13 000 abonnés chez Vidéotron, principalement en raison de la vive concurrence de Bell Fibe.

 

Par ailleurs, la nouvelle présidente et chef de l’exploitation de Vidéotron, Manon Brouillette, a dit s’attendre à une augmentation du nombre de clients sans fil depuis que les appareils intelligents iPhone 5C et 5S sont offerts.

 

En ce qui a trait au secteur des médias, le premier trimestre a été marqué par le retrait des activités de distribution porte-à-porte des journaux hebdomadaires et de circulaires au Québec ainsi que la cessation de la distribution du Sac Plus depuis janvier dernier. Quant à la vente par Québecor de ses 74 journaux hebdomadaires de sa filiale Sun Media à TC Transcontinental, la transaction est toujours en attente de l’approbation du Bureau de la concurrence, a indiqué le pdg du conglomérat.


Par Julien Arsenault

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