La reprise se confirme dans la zone euro

Les ménages européens disposent de plus de revenus disponibles en raison d’une inflation basse et de la stabilisation progressive du marché du travail.
Photo: Agence France-Presse (photo) Michael Probst Les ménages européens disposent de plus de revenus disponibles en raison d’une inflation basse et de la stabilisation progressive du marché du travail.

Bruxelles — La reprise se confirme dans la zone euro, grâce en particulier à la reprise de la demande intérieure, soutenue par une inflation basse et un marché du travail qui se stabilise, selon la Commission européenne, qui a très peu modifié son anticipation de croissance pour l’union monétaire, à 1,2 % cette année et 1,7 % l’an prochain.

 

« Des fondations solides sont en place pour que la reprise économique se poursuive », s’est réjoui lundi le commissaire européen chargé du dossier, Siim Kallas, à l’occasion de la présentation des prévisions de croissance de printemps de l’exécutif européen. La Commission anticipe désormais une croissance de 1,7 % pour la zone euro en 2015, contre 1,8 % précédemment, selon ses prévisions de croissance de printemps publiées lundi. Cette révision est mineure, reconnaît la Commission, qui a maintenu inchangée sa prévision de croissance pour 2014 à 1,2 %, comme lors de ses prévisions d’hiver, publiées en février.

 

La croissance sera tirée par la reprise de la demande intérieure : les dépenses des consommateurs devraient en effet augmenter progressivement, les ménages disposant de plus de revenus disponibles en raison d’une inflation basse et de la stabilisation progressive du marché du travail.

 

L’emploi devrait progresser de 0,4 % cette année et de 0,7 % l’an prochain dans la zone euro, contribuant à faire reculer le taux de chômage à 11,4 % en 2015 après 11,8 % cette année. « La lenteur de ce recul reflète une reprise graduelle, mais aussi peut-être une plus forte prévalence du chômage structurel que dans les années d’avant la crise », souligne le rapport.

 

Le taux de chômage devrait diminuer dans tous les pays de la zone euro en 2015, sauf en Allemagne et à Malte, où il restera inchangé. Il devrait notamment passer de 26 % à 24 % de la population active en Grèce, et de 25,5 % à 24 % en Espagne, les deux pays où il est le plus élevé.

 

En ce qui concerne l’inflation, la Commission s’attend à 0,8 % cette année pour la zone euro mais considère que le risque de déflation, définie comme une baisse généralisée et auto-entretenue des prix, est très faible. « Nous voyons l’inflation augmenter légèrement l’an prochain », à 1,2 %, a souligné M. Kallas.

 

Divergences

 

« Des divergences importantes subsistent entre les États membres », souligne la Commission. Parmi les principales économies de la zone euro, « la croissance économique devrait être soutenue en Allemagne, tandis que la reprise s’affermit en Espagne et que son rythme s’accélère doucement en France et en Italie ». La croissance devrait atteindre 1,8 % cette année et 2 % l’an prochain en Allemagne, 0,6 % puis 2,9 % en Espagne, 1 % puis 1,5 % en France, et 0,6 % puis 1,2 % en Italie. La Commission n’écarte pas la possibilité que la croissance s’avère supérieure à ce qu’elle prévoit à ce stade, car « une augmentation plus forte de la demande intérieure pourrait se matérialiser si la confiance augmente et si les conditions de crédit s’améliorent plus vite qu’anticipé ».

 

Les « importantes réformes structurelles entreprises ces dernières années pourraient aussi déboucher sur des résultats meilleurs que prévu sur le marché du travail », ajoute le document.

 

Du côté des risques qui pèsent sur l’économie européenne, « le principal vient clairement des tensions externes », liées à la crise en Ukraine, a indiqué le commissaire européen. Il a expliqué que ses services avaient produit plusieurs analyses, et que dans le pire scénario, cela aura un impact sur la croissance européenne. Certains pays, très exposés à l’économie russe, comme Chypre ou la Finlande, sont plus fragilisés que d’autres par cette crise, qui suscite par ailleurs « beaucoup de discussions concernant l’énergie et la dépendance énergétique », a-t-il rappelé.


Par Céline Loubette