Les États-Unis sont talonnés par la Chine

Les pays émergents effectuent du rattrapage par rapport aux pays riches, mais les États-Unis restent dans le peloton de tête lorsqu’on ramène les résultats par habitant.
Photo: Agence France-Presse (photo) Joe Moore Les pays émergents effectuent du rattrapage par rapport aux pays riches, mais les États-Unis restent dans le peloton de tête lorsqu’on ramène les résultats par habitant.

Les économies émergentes poursuivent leur rattrapage sur les pays riches au point où leurs champions respectifs sont rendus maintenant au coude à coude, rapporte la Banque mondiale.

 

Les six plus grandes économies émergentes (Chine, Inde, Russie, Brésil et Mexique) représentent désormais près du tiers (32,3 %) de l’économie mondiale, soit presque exactement le même poids (32,9 %) que les plus grands pays à revenus élevés (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni et Italie), estime un rapport de l’institution internationale dévoilé mardi et se voulant l’estimation de la richesse des nations et de leurs populations la plus rigoureuse et la plus fidèle possible.

 

Placé sous l’égide des Nations unies, l’exercice évalue notamment le produit intérieur brut des pays (PIB) total et par habitant à parité de pouvoir d’achat (PPA), c’est-à-dire en y tenant compte du coût de la vie ainsi que de l’importance relative de grandes composantes de ce PIB, comme la richesse moyenne des ménages, les dépenses gouvernementales ou l’investissement privé.

 

La Banque mondiale estime ainsi que le PIB mondial dépassait 90 000 milliards en 2011. Première économie mondiale, les États-Unis comptaient, à eux seuls, pour 17 % de ce total, avec un PIB de 15 500 milliards, mais étaient désormais suivis de près par la Chine, avec 15 % de l’économie mondiale et 13 500 milliards de PIB. Venait ensuite, non pas le Japon (4,8 % du total), mais l’Inde (6,4 %). L’Allemagne (3,7 %), la Russie (3,5 %) et le Brésil (3,1 %) pointaient un peu plus loin, précédant la France (2,6 %) et le Royaume-Uni (2,4 %).

 

Il fallait chercher au 15e rang mondial pour trouver le Canada, avec un PIB à parité de pouvoir d’achat estimé à 1416 milliards, soit 1,6 % de la richesse mondiale.

 

L’Afrique, quant à elle, continue à sérieusement tirer de l’arrière, le PIB du continent tout entier ne s’élevant qu’à 4100 milliards, soit l’équivalent de 4,5 % de l’économie mondiale.

 

Réticente, en raison de méthodologies différentes, à dresser des comparaisons avec l’enquête précédente remontant à 2005, la Banque mondiale souligne, malgré tout, la vitesse avec laquelle les pays émergents rattrapent leur retard sur les pays riches. Équivalente, il y a neuf ans, à moins de la moitié (43 %) de l’économie américaine, la Chine avait plus que doublé de taille, à 87 %, seulement six ans plus tard. Mesurée à la même aune, l’Inde est passée, au même moment, de l’équivalent de 19 % à 37 % de l’économie américaine, le Brésil, de 13 % à 18 % et l’Indonésie, de 5,7 % à 13 %.

 

 

Question de taille

 

 

Comme les principales puissances émergentes sont aussi parmi les pays les plus populeux de la planète, il y a lieu de ramener ces chiffres nationaux en proportion de leur population. Dans ce classement, les États-Unis arrivent dans les premiers rangs, avec un PIB par habitant de 49 800 $, entourés de paradis fiscaux (Luxembourg, Bermudes…) et de petits pays riches en pétrole (Qatar, Koweït…). Fortes, toutes deux, d’une population dépassant le milliard d’habitants, la Chine (10 057 $) et l’Inde (4735 $) arrivent fatalement beaucoup plus loin derrière, mais tout de même loin devant des pays pauvres comme le Burundi (712 $), les Comores (610 $) ou le Liberia (537 $).

 

Le Canada se tire bien d’affaire à ce chapitre, avec un PIB d’un peu plus de 41 000 $ par personne. Cela se révèle mieux que le Japon (34 300 $), la France (36 400 $), le Royaume-Uni (35 000 $) et même l’Allemagne (tout juste derrière le Canada), mais moins bon que les champions de l’Europe du Nord, comme les Pays-Bas (43 200 $), le Danemark (41 800 $) et la Suède (41 800 $).

 

 

Au niveau des individus

 

 

Une étude dans le New York Times rappelait, la semaine dernière, comment ces moyennes par habitant pouvaient être trompeuses dans un monde où le groupe du 1 % des plus riches accapare une proportion de plus en plus grande de la richesse nationale.

 

Le rapport de la Banque mondiale n’aborde pas cette question. Il présente cependant un indicateur appelé « consommation individuelle effective par habitant » et censé mieux décrire le bien-être matériel de la population d’un pays parce qu’il mesure « l’ensemble des dépenses profitant directement aux ménages », y compris la contribution de l’État à des services publics de consommation personnelle tels que la santé ou l’éducation.

 

Les États-Unis (37 400 $) et le Canada (27 400 $) y font, encore une fois, généralement mieux que les autres pays, notamment que la Chine (4300 $) et l’Inde (3000 $), mais aussi que la plupart des pays riches, à l’exception de l’Allemagne (28 500 $) pour le Canada.

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