Les alumineries frappent à la porte

L’aluminerie Alouette, à Sept-Îles
Photo: Aluminerie Alouette L’aluminerie Alouette, à Sept-Îles

Le ton des négociations entre les alumineries et le gouvernement du Québec en ce qui a trait aux tarifs d’électricité ne devrait pas changer avec l’arrivée du Parti libéral du Québec (PLQ) au pouvoir, selon le président et chef de la direction d’Aluminerie Alouette.

 

Les discussions visant à renouveler les contrats de partage de risque — qui fixent les tarifs d’électricité — ont progressé de façon significative, selon André Martel, qui s’attend à la même attitude de la part des libéraux. « Nous n’avons pas réussi à conclure […] parce qu’il y a eu l’élection, a-t-il souligné, vendredi, à Montréal. Chez les fonctionnaires, changement de gouvernement veut parfois dire changement de direction. On attend d’avoir les nouveaux joueurs pour reprendre les discussions. »

 

À l’instar d’Alcoa, Aluminerie Alouette, dont le contrat d’approvisionnement d’électricité vient à échéance en 2016, souhaite une entente plus avantageuse, ce qui lui permettra entre autres de poursuivre le développement de ses installations situées à Sept-Îles, sur la Côte-Nord.

 

En marge d’un événement de l’Association de l’aluminium du Canada (ACC), M. Martel a affirmé que son entreprise avait supporté 1050 emplois au Québec depuis 2006 et que la conclusion d’une nouvelle entente pourrait se traduire par la création de nouveaux emplois. « Si on s’entend, les emplois actuels vont être préservés pendant très longtemps et on va pouvoir envisager des projets d’expansion comme nous voulons le faire », a observé le dirigeant d’Aluminerie Alouette.

 

M. Martel s’est bien gardé de dire quel tarif il visait, affirmant qu’il devait être concurrentiel. « Je vais garder ça pour mes discussions avec le gouvernement. La pire chose à faire serait de lancer toutes sortes de chiffres. »

 

En février dernier, Alcoa, qui avait menacé de fermer ses trois alumineries québécoises si Hydro-Québec refusait de revoir ses tarifs à la baisse, s’était entendu avec le gouvernement dirigé à l’époque par le Parti québécois. Rio Tinto Alcan, qui produit elle-même l’énergie de ses alumineries, a également plaidé pour des tarifs d’électricité plus bas pour rendre l’industrie québécoise plus concurrentielle. Les alumineries québécoises plaident que certains nouveaux joueurs établis au Moyen-Orient ainsi qu’en Chine bénéficient de tarifs très avantageux en ce qui a trait aux coûts énergétiques, ce qui explique pourquoi elles demandent un coup de pouce gouvernemental.

 

La révolution de la canette

 

L’Association de l’aluminium du Canada a par ailleurs réitéré que la demande pour les feuilles d’aluminium destinées à l’industrie automobile s’apprête à exploser, ce qui devrait relancer l’industrie.

 

Son président, Jean Simard, a qualifié de « game changer » la décision de Ford de construire la populaire camionnette F-150 en aluminium à compter de 2015, d’autant plus que son principal concurrent, General Motors, a l’intention d’emboîter le pas au cours des prochaines années. « Pour nous, c’est l’équivalent de l’invention de la canette (en aluminium) qui a été introduite dans de nombreux marchés il y a environ 50 ans », a-t-il dit.

 

La camionnette F-150 est le véhicule le plus vendu en Amérique du Nord année après année, toutes catégories de véhicules confondues. « C’est un signal de croissance de la demande dans un secteur extrêmement stratégique parce que des véhicules il s’en vend à chaque année », selon le président de l’ACC.


Par Julien Arsenault