Les mises en chantier ont ralenti au Canada

Ottawa — Les signes d’un refroidissement du marché canadien de l’habitation se sont accumulés mardi, alors qu’ont été dévoilées des données confirmant que les mises en chantier et l’octroi des permis de bâtir sont en perte de vitesse au pays.

 

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) a annoncé que le rythme des mises en chantier avait ralenti en mars à un taux annuel désaisonnalisé de 156 823, comparativement à 190 639 en février.

 

La SCHL a publié ces données alors que Statistique Canada annonçait que les municipalités avaient délivré pour 6,1 milliards de dollars de permis de bâtir en février, une baisse de 11,6 % par rapport au mois précédent.

 

Robert Kavcic, économiste principal à la Banque de Montréal, a indiqué qu’une partie du ralentissement tenait à la météo, l’hiver ayant une fois de plus durement frappé le Canada atlantique, mais que cela n’expliquait pas entièrement le mouvement à la baisse.

 

Les plus récentes données annoncent un atterrissage en douceur du marché de l’habitation, a-t-il ajouté. « Nous nous attendons à commencer à glisser à environ 180 000 et à y demeurer pendant les deux prochaines années », a affirmé M. Kavcic.

 

La SCHL a affirmé que la moyenne mobile de six mois du nombre mensuel de mises en chantier d’habitations avait chuté à 184 476 unités en mars, comparativement à 191 126 en février. La tendance des mises en chantier d’habitations est ainsi descendue sous la barre des 190 000 unités pour la première fois en six mois.

 

L’agence a aussi indiqué que 10 781 mises en chantier avaient eu lieu le mois dernier. Les mises en chantier dans les centres urbains ont reculé de 18,8 % en mars, en données annualisées et désaisonnalisées. Les mises en chantier de logements collectifs en milieu urbain ont diminué de 25,5 %, tandis que celles de maisons individuelles en milieu urbain ont glissé de 5,4 %. « Bien que l’étendue du déclin ait été étonnante, les importants balancements de cette nature ne sont pas sans précédent pour les logements collectifs », a affirmé l’économiste Connor McDonald, de la Banque TD.

 

La baisse des permis de bâtir s’explique en grande partie par la chute de 31,5 % de la valeur des permis de construction de logements multifamiliaux.