L’épouvantail référendaire crée de l’incertitude, mais ne freine pas les affaires

Réjean Robitaille
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir Réjean Robitaille

Certains actionnaires de la Banque Laurentienne s’inquiètent de la perspective référendaire au Québec, selon son président et chef de la direction, qui croit cependant que cela ne freinera pas la performance de l’institution.

 

En marge de l’assemblée annuelle des actionnaires, mercredi, à Montréal, Réjean Robitaille a rappelé que la croissance de la banque s’est toujours maintenue peu importe le parti politique au pouvoir à l’Assemblée nationale. « Il y a déjà eu des gouvernements majoritaires péquistes dans le passé, la banque a continué de croître. Il y a eu des gouvernements majoritaires libéraux dans le passé et la banque a continué de croître », a-t-il dit.

 

Le dirigeant de la septième banque en importance au pays a reconnu que le dossier référendaire — qui a occupé une large partie des discussions au cours de la campagne électorale — avait soulevé des interrogations auprès d’actionnaires canadiens et américains. « Nos actionnaires viennent de partout. Ça crée une perception d’incertitude parce que tu ne connais pas la suite des événements [en cas de souveraineté]. C’est ça qui amène de l’incertitude. Qu’est-ce qui peut ou ne pas se produire ? »

 

Peu importe le résultat de l’élection du 7 avril, M. Robitaille croit que le bilan de la Banque Laurentienne, qui a généré des résultats records au cours des sept dernières années en plus de doubler ses actifs pour les porter à 34 milliards en 2013, sera en mesure de les rassurer. « Parler le même langage, c’est de dire je connais ton business […] parce que j’ai des spécialistes dans ce domaine, a-t-il expliqué. Il va y avoir des élections ailleurs et est-ce que ça va empêcher les gens de faire du business ? La réponse est non. »

  

L’apport extérieur

 

Grâce aux récentes acquisitions de la Compagnie de Fiducie AGF et des Sociétés MRS, plus de la moitié des profits de la banque et 40 % de ses prêts proviennent désormais de l’extérieur du Québec.

 

Le p.-d.g. de la Laurentienne a exprimé le souhait de poursuivre cette tendance au cours des cinq prochaines années en plus de mettre l’accent sur les produits spécialisés offerts par l’institutionµfinancière. « Québec représente un peu moins de 25 % de la population canadienne, a souligné M. Robitaille. Une belle représentativité [pour les profits] serait de 60 % pour le reste du Canada. »

 

Il veut également se pencher sur sa filiale d’activités commerciales B2B Banque, dont 40 % des prêts se trouvent à l’extérieur du Québec. « Nous recherchons un équilibre 50-50. Au fur et à mesure que nous allons avancer dans le temps nous allons tenter d’avoir une représentativité pancanadienne. »

 

Il a toutefois précisé qu’une plus grande présence dans le reste du Canada ne passait pas par une augmentation du nombre de succursales dans les autres provinces du pays. « Nous avons des bureaux à l’extérieur du Québec et c’est de cette façon que ça va se faire. » Il a également pris le temps de rappeler que les racines de la Banque Laurentienne allaient demeurer au Québec et que les activités de l’institution dans la province auraient toujours une pondération importante.