La fin d’Electrolux à L’Assomption

Des employés d’Electrolux à Memphis, Tennessee, montent des cuisinières.
Photo: Associated Press Adrian Sainz Des employés d’Electrolux à Memphis, Tennessee, montent des cuisinières.

C’est la fin de l’incertitude, mais c’est aussi le début de l’inconnu. Il aura fallu trois ans et demi pour que les 1200 travailleurs de l’usine d’Electrolux à L’Assomption connaissent la date définitive de fermeture, fixée hier au 18 juillet lors d’une rencontre avec les employés qui ont dû patienter plus d’une heure en raison d’une panne de courant.

 

La convocation-surprise des employés, qui s’attendaient à ce que l’usine ferme ses portes à la fin du mois de juin, a déclenché la visite de trois candidats, dont François Legault, député sortant de L’Assomption et chef de la Coalition avenir Québec.

 

« Les gens pensent que ça aurait pu être fait d’une autre manière, comme par un communiqué ou quelque chose du genre »,a dit Dominic Durand, le président d’atelier du Syndicat des machinistes, section locale 1148. « Faire attendre le monde pendant une heure et demie pour se faire dire une date qui était plus ou moins prévue, c’est ordinaire un peu. »

 

Le deuil se prépare depuis longtemps. Mais en parallèle de la fermeture prévue, les travailleurs digèrent encore très mal qu’Electrolux ait construit une grosse usine à Memphis grâce à l’aide financière généreuse de différents gouvernements au Tennessee.

 

Qualifiée de « catastrophe » par la préfète de la MRC et mairesse de Repentigny, Chantal Deschamps, la fermeture a déclenché il y a longtemps des travaux portant sur une stratégie de relance. Celle-ci viserait à créer 1000 emplois, notamment par une « conversion industrielle » de l’usine et diverses initiatives économiques.

 

La MRC évalue à 59 millions la perte de masse salariale annuelle découlant des pertes d’emplois, lesquels comptent pour 5 % des emplois totaux de la MRC.

 

L’annonce d’hier a été faite par le directeur de l’usine, Jean Tilloy. « Electrolux est déterminée à aider et à bien informer ses employés pendant cette période de transition et tient à remercier l’équipe de L’Assomption pour son dévouement et son professionnalisme »,a affirmé la compagnie dans un bref communiqué.

 

« Bien que la production ait commencé à l’usine de Memphis, la société continuera à fabriquer des appareils de cuisson à L’Assomption jusqu’à la date annoncée du 18 juillet 2014 pour répondre à la demande de la clientèle »,a-t-elle ajouté.

 

Première vague en juin

 

Le Centre local de développement (CLD) de la MRC de L’Assomption a mentionné qu’une première vague de licenciements toucherait 300 personnes le 27 juin.

 

« On a déjà des comités qui sont en place. Il s’agit de voir ce que vont faire les partis politiques. On a mis sur pied un plan qui demande entre autres au gouvernement d’acheter le bâtiment pour qu’on puisse offrir à d’autres employeurs la possibilité de venir s’installer à L’Assomption et sauver des emplois », a dit M. Durand. La MRC a aussi sondé les employeurs de la région pour replacer les employés qui ont perdu leur poste, selon lui.

 

La confirmation survient après des mois d’incertitude, car l’entreprise, qui y fabrique des cuisinières, a transmis un avis de licenciement massif à l’été 2013 sans toutefois passer à l’acte.

 

La caravane de la Coalition avenir Québec a fait un arrêt imprévu vendredi après-midi à L’Assomption. La fermeture de l’usine Electrolux plonge dans le « deuil » 1300 familles. « Il faut penser aux familles. On a beau savoir depuis deux ans, il reste que c’est un très très dur coup pour L’Assomption et pour toute Lanaudière »,a déclaré François Legault, trempé par la pluie, à l’entrée de l’usine. « On va avoir une année difficile en 2014, mais tout le monde ensemble, on va y arriver. »

 

Le candidat du Parti québécois, Pierre Paquette, a fait un arrêt lui aussi tout comme celui du Parti libéral du Québec, Jean-Marc Bergevin.

 

Pont d’or

 

Lorsque la compagnie a révélé son intention de fermer ses portes, en décembre 2010, les travailleurs s’étaient indignés d’apprendre que le groupe suédois avait, en parallèle, obtenu une aide gouvernementale importante de la ville de Memphis et de l’État du Tennessee.

 

Au départ, l’entreprise avait indiqué que le transfert de production commencerait en 2012 et prendrait fin en 2013.

 

Un journal de Memphis, le Commercial Appeal, en est venu à la conclusion en 2011 que les appuis financiers et les crédits offerts à Electrolux atteignaient 188 millions. Ce chiffre, avait précisé le journal, découlait d’une estimation « prudente, car l’information est limitée ».


Avec Marco Bélair-Cirino

4 commentaires
  • Raymond Lutz - Inscrit 29 mars 2014 09 h 20

    Mais qu'est-ce qu'ils font là?

    Pour quoi les candidats vont-ils renifler ces plaies? Alors que la platte-forme de chacun de ces partis désirent justement la libre circulation des capitaux et des entreprises trans-nationnales au détriment des travailleurs. Les entreprises modernes créent du _profit_ , elles ne créent pas des jobs (elles les détruisent, au besoin).

    Création d'emplois, création d'emplois, création d'emplois.

    À force de le répéter ça va être vrai! Création d'emplois, création d'emplois, création d'emplois! la, la, la!

    Merci de prendre ma photo avec ces pauvres familles en deuil, clic clic sourire, poignée de main dans l'adversité. Nous sommes de tout coeur avec vous. Création d'emplois, création d'emplois, création d'emploiaaaahh.

    • Michel Vallée - Inscrit 29 mars 2014 13 h 55


      @Raymond Lutz

      << (...) Ces partis désirent justement la libre circulation des capitaux et des entreprises transnationales au détriment des travailleurs>>

      Voilà pourquoi dans un tel contexte, la notion même d’indépendance ne signifie plus rien.

      Je songe par exemple au fromage danois et au vin australien qui garnissent les tablettes de nos épiceries, alors même que nos producteurs viticoles et nos fromagers artisanaux en arrachent.

    • Murray Henley - Inscrit 29 mars 2014 21 h 53

      Ce qu'ils font là? La même chose que tous les politiciens font à chaque fois qu'il y a une catastrophe quelque part. Ils vont afficher leur "solidarité" et leur "sympathie". Il y a aussi le fait que si un candidat y va, les autres se sentent obligés d'y aller, de peur d'être taxés d'indifférence.

  • Michel Vallée - Inscrit 29 mars 2014 13 h 49

    Fifi Brin d’Acier…


    Il faut organiser le boycotte des produits Electrolux en particulier, et suédois (p. ex. : IKEA) en général.