Joe Oliver dit qu’il gardera les taux hypothécaires à l’oeil

La Banque de Montréal avait soulevé l’ire de l’ex-ministre des Finances, Jim Flaherty, en réduisant ses taux hypothécaires l’an dernier.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld La Banque de Montréal avait soulevé l’ire de l’ex-ministre des Finances, Jim Flaherty, en réduisant ses taux hypothécaires l’an dernier.

Les autres banques vont-elles suivre ? Pour une deuxième année, la décision de la Banque de Montréal d’amener ses taux hypothécaires sous la barre des 3 % fait des vagues et incite Ottawa à garder l’oeil sur la situation.

 

Le geste de la Banque de Montréal est survenu une semaine après le départ du ministre des Finances, Jim Flaherty, dont un des faits marquants a été de resserrer les règles afin de prévenir une surchauffe immobilière.

 

De façon précise, la Banque a fait passer de 3,49 % à 2,99 % le taux sur ses prêts hypothécaires de cinq ans.

 

L’an dernier, la décision de la Banque d’abaisser ses taux lui avait valu un appel téléphonique du ministre lui-même, dont le personnel avait aussi appelé Manuvie pour les mêmes motifs. Manuvie avait annulé sa décision.

 

« Notre gouvernement a adopté des mesures dans le passé pour réduire l’endettement des consommateurs et l’exposition du gouvernement au marché du logement », a dit hier Joe Oliver, qui a hérité du ministère des Finances la semaine dernière.

 

« De 2008 à 2012, nous avons adopté des mesures à quatre reprises. Les budgets de 2013 et de 2014 ont annoncé des mesures additionnelles pour réduire l’exposition du gouvernement au marché du logement », a dit le ministre dans une déclaration transmise par courriel. « Je vais continuer de surveiller étroitement le marché. »

 

En point de presse avec des journalistes, le ministre Oliver a dit qu’il avait eu une conversation avec le chef de la direction de la Banque de Montréal, Bill Downe, au sujet de la décision de la Banque. Le ministre a laissé entendre qu’il n’a pas essayé de convaincre M. Downe de renverser la vapeur.

 

La Banque de Montréal a dit que la décision découle simplement du « fait que le rendement des obligations a baissé ». Aussi, l’établissement a fait remarquer que la fin de l’hiver coïncide avant une période d’activité à la hausse dans le marché de l’immobilier, car les acheteurs reprennent les recherches en vue d’un déménagement estival.

 

Selon Marc Van Audenrode, professeur associé au Département d’économique de l’Université de Sherbrooke, Ottawa n’a pas à intervenir dans l’évolution des taux hypothécaires. « Pour un gouvernement conservateur, je trouve ça interventionniste », a-t-il dit.

 

De passage à Montréal en avril 2013, M. Downe avait affirmé lors d’un point de presse que le ministre Flaherty avait voulu à l’époque faire valoir certaines préoccupations.

 

« La crainte du ministre était qu’une baisse des taux hypothécaires permette à des gens d’emprunter alors qu’ils n’en ont pas les moyens », avait dit M. Downe. La Banque, selon lui, voulait permettre aux gens de réduire la durée d’amortissement de leur hypothèque. « L’important est la qualité des emprunteurs. »

1 commentaire
  • François Dugal - Inscrit 28 mars 2014 07 h 58

    1981

    En 1981, les taux hypothécaires étaient les suivants:
    1an, 22%
    3 ans, 20%
    5 ans, 18%
    Dites-moi pourquoi le gouvernement fédéral ne surveillait pas ces taux usuraires qui ont fait perdre leur maison à des milliers de canadiens?