Nouvelle mise en garde contre le bitcoin

Le bitcoin a été créé sous le couvert de l’anonymat en 2009 par un informaticien que l’on a longtemps baptisé Satoshi Nakamoto.
Photo: Associated Press Rick Bowmer Le bitcoin a été créé sous le couvert de l’anonymat en 2009 par un informaticien que l’on a longtemps baptisé Satoshi Nakamoto.

Une autre semaine, une autre mise en garde. Au lendemain du recours à la protection des tribunaux américains par la plateforme japonaise MtGox, l’organisme d’autoréglementation qui encadre l’industrie financière des États-Unis ajoute sa voix au concert d’avertissements.

 

« Nous invitons les investisseurs à la prudence quant à l’achat et à l’utilisation de devises virtuelles comme le bitcoin, lesquelles comportent des risques », a écrit la Financial Industry Regulatory Authority, qui supervise environ 4300 firmes de courtage et plus de 630 000 employés du secteur financier.

 

« La négociation spéculative du bitcoin comporte des risques significatifs », a ajouté la FINRA dans une note d’information susceptible de froisser les partisans du bitcoin, une devise qui évolue en dehors du contrôle des banques centrales. « Il y a aussi un risque de fraude lié aux compagnies qui offrent des plateformes de paiement en bitcoins et d’autres produits et services. »

 

MtGox, qui a déjà été la place boursière la plus achalandée pour les transactions de bitcoins, a interrompu ses activités le 25 février en alléguant des failles de sécurité qui auraient mené au vol de près d’un demi-milliard de dollars américains dans ses systèmes. La société s’est placée sous la protection des tribunaux japonais le 28 février, un geste qu’elle a répété lundi en sol américain.

 

Procédures juridiques

 

Des investisseurs qui ont perdu de l’argent ont déjà entamé des procédures juridiques aux États-Unis. Les médias américains ont recensé un premier cas il y a deux semaines : Gregory Greene a déposé une demande de recours collectif à Chicago dans laquelle il est question de négligence, de bris de contrat et de violation du devoir fiduciaire.

 

« Une devise virtuelle n’a pas cours légal », a écrit hier la FINRA. Rien n’empêche un commerce de l’accepter pour régler une transaction, mais « si personne ne l’accepte, le bitcoin n’aura plus de valeur ». L’organisme ajoute que les « plateformes qui achètent et vendent des bitcoins peuvent être victimes d’intrusion informatique, et certaines n’ont pas fonctionné ».

 

La Chine a interdit formellement aux établissements bancaires de traiter des transactions en bitcoins. D’autres pays ont décidé d’observer le phénomène, ou à tout le moins d’amender certaines lois pour tenir compte de cette nouvelle réalité, avant de poser des gestes plus costauds.

 

Le bitcoin a été créé sous le couvert de l’anonymat en 2009 par un informaticien que l’on a longtemps baptisé Satoshi Nakamoto. Le magazine Newsweek a consacré la semaine dernière un long reportage portant sur celui qui serait l’informaticien en question. Il s’appellerait en effet Satoshi Nakamoto, aurait dans la soixantaine et habiterait en Californie.

 

Des bitcoins peuvent être achetés en ligne ou dans un guichet automatique spécial, comme celui qui a été inauguré le mois dernier à l’Ambassade Bitcoin, sur le boulevard Saint-Laurent à Montréal. Il y a quelques guichets au Canada. Dans le Grand Montréal, le site Coinmap.org recense une trentaine de sociétés qui acceptent ce paiement, lequel se fait à l’aide d’un téléphone intelligent.

 

Les bitcoins sont créés quand des gens arrivent à résoudre des problèmes mathématiques avec des ordinateurs puissants. À terme, 21 millions de bitcoins seront émis. À ce jour, plus de 12 millions ont été mis en circulation.

 

Le cours de la devise a beaucoup fluctué depuis un an. Il a dépassé les 1000 $ il y a quelques mois, mais s’est replié avec le début des problèmes qui ont touché MtGox. Il se négocie ces jours-ci autour de 625 $US.