Québec vante les mérites de Goldcorp

La mine Éléonore, à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, devrait produire quatre millions d’onces d’or.
Photo: Goldcorp La mine Éléonore, à 350 kilomètres au nord de Chibougamau, devrait produire quatre millions d’onces d’or.

À la veille du déclenchement probable d’élections au Québec, le gouvernement Marois s’affiche en défenseur du développement minier. La ministre des Ressources naturelles a d’ailleurs salué lundi la décision de Goldcorp de déposer dès maintenant la totalité de la garantie financière de la restauration du site de sa future mine d’or, avant le début de la production.

 

La multinationale, deuxième joueur mondial du secteur aurifère, a en effet décidé de mettre de côté 40 millions de dollars qui serviront à restaurer le site, situé à 350 kilomètres au nord de Chibougamau. L’annonce a été faite en marge de la conférence annuelle de la Prospectors and Developers Association of Canada à Toronto, lors d’une conférence de presse organisée avec la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet.

 

Selon ce qu’a expliqué Brent Bergeron, premier vice-président, affaires de Goldcorp, le montant pourrait être revu à la hausse si l’exploitation s’avère plus importante que ce qui est prévu. Les coûts ont été estimés en consultant notamment des représentants du gouvernement, qui ont déterminé les sommes nécessaires pour la mise en place du plan de fermeture de la mine, a-t-il précisé.

 

Pour le moment, l’entreprise estime qu’elle produira quatre millions d’onces d’or, à raison d’une moyenne de 600 000 onces par année. La production doit débuter en octobre. Au prix actuel sur les marchés, soit 1350 $ l’once, cela signifie que les ressources extraites du sol auraient une valeur brute de 5,4 milliards de dollars. Et les réserves du précieux minerai pourraient être plus importantes que prévu, puisque l’exploration se poursuivra sur le site.

 

Après avoir accordé le bail minier à Goldcorp la semaine dernière, la ministre Ouellet a salué le dépôt de la garantie financière lundi. « Goldcorp démontre qu’il est un citoyen corporatif responsable », a-t-elle souligné, en entrevue au Devoir. Selon elle, cet imposant projet minier est un exemple de développement nordique réalisé avec « un meilleur respect de l’environnement », mais aussi « collaboration » avec les communautés touchées.

 

Comme il se situe sur le territoire de la Convention de la Baie-James, le projet de Goldcorp (nommé Éléonore) n’a pas été soumis au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE). Mais Mme Ouellet a rappelé que le Comité d’examen avait reçu l’étude d’impact préparée par l’entreprise et avait mené des rencontres publiques, notamment avec les Cris qui habitent sur ce territoire. Le projet a reçu le feu vert en novembre 2011.

 

Selon ce qu’ont déjà fait valoir des représentants des Cris, ce projet développé en collaboration avec les Premières Nations pourrait aider Goldcorp à regagner la confiance de certains peuples autochtones touchés par des projets ailleurs en Amérique. La multinationale a en effet été accusée en 2009 — par des groupes communautaires — d’avoir violé les droits de la personne dans le cadre d’un projet de mine d’or au Guatemala. Les groupes redoutaient aussi les impacts sur la qualité de l’eau.

 

Le Québec minier brille

 

Par ailleurs, Goldcorp et la ministre des Ressources naturelles ont indiqué que la région où se situe le projet Éléonore pourrait bien receler d’autres gisements aurifères. Toute cette région compte d’ailleurs plusieurs permis d’exploration minière actifs. Le « potentiel » minier semble très intéressant, a dit M. Bergeron, et l’intérêt des investisseurs est au rendez-vous.

 

En fait, le secteur minier se porte nettement mieux, a fait valoir lundi Martine Ouellet. « Je constate un changement de discours dans le secteur minier, mais aussi un changement d’atmosphère. » Selon ce qu’elle a expliqué, les entreprises ont « compris » que la modernisation de la Loi sur les mines était obligatoire, après des années de tentatives de réforme.

 

Les propos de la ministre se voulaient aussi une réponse à un nouveau sondage de l’Institut Fraser, qui martèle de nouveau le recul du Québec parmi les endroits préférés par les minières pour investir dans des projets. Le coup de sonde mené par le think tank néolibéral indique que le Québec « est tombé » au 21e rang parmi 112 territoires miniers du monde en 2013. Le recul serait dû aux changements apportés à la Loi sur les mines et à la hausse des redevances.

 

De 2007 à 2009, le Québec se trouvait en tête du classement mondial de l’Institut. À cette époque, le gouvernement québécois subventionnait davantage les minières qu’il ne touchait de redevances. La moitié des mines en activité ne payaient pas un sou de redevances. C’est aussi dans ces années qu’on a appris que les contribuables auraient à payer 1,2 milliard de dollars pour restaurer les sites miniers abandonnés par les minières au Québec.

12 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 4 mars 2014 10 h 00

    Réparer leurs erreurs ?

    C'est le PQ qui a fait fuir les minières en les accusant de se remplir les poches sur le dos des citoyens et ne pas payer assez de redevances.

    Maintenant à L'approche des élections, on les courtise, car on s'appercoit que notre principale richesse ce sont nos richesses naturelles et M.Marceau s'est apperçu qu'on a besoin des minières pour les exploiter. Comme le disait le ministre la moindre mine de fer exige des investisements de 15 milliards, et cela sans assurance de profit !!! Le Québec ne peut absolument pas se le permettre .

    Mais avec un référendum en vue pour augmenter l'incertitude économique..qui voudrait logiquement venir investir ces temps-ci?

    • Benoît Gagnon - Inscrit 4 mars 2014 12 h 08

      Les minières vivent et prospèrent de l'incertitude économique. En fait, elles sont des génératrices d'incertitude économique.

      Vous n'avez qu'à regarder la fluctuation du cours en Bourse de ces compagnies pour vous en rendre compte.

    • Guillaume Houle - Inscrit 4 mars 2014 18 h 03

      Ne pouvez-vous pas vous réjouir du fait que le gouvernement répare les erreurs des Libéraux? On parle de plus de redevances pour l'État Québécois.

      Ce sont des faits, du concret. Laissez de côté votre subjectivité partisane et émotive et réjouissez-vous de ce virage Pro-Québec, où les entreprises deviennent partenaires de l'État plutôt que d'en tirer les ficelles.

    • Vincent Bussière - Inscrit 5 mars 2014 00 h 14

      N'importe l'endroit au monde ou il y a du ''fric'' à faire vous trouverez des géants aux appétits voraces qui seront prêt à y aller, même chez le diable.

  • Claude Smith - Abonné 4 mars 2014 10 h 55

    L'institut Fraser

    Je suis très satisfait que le Québec ait reculé au 21e rang parmi 112 territoires miniers du monde en 2013. Ceci veut dire que la réalité décrite dans le dernier
    paragraphe du présent article perd des plumes, et que les Québécois seront dans
    l'avenir moins exploités au niveau des richesses naturelles.

    Clauder Smith

  • André Michaud - Inscrit 4 mars 2014 11 h 05

    Du premier au 21i`rang

    Le PQ a fait passé le Québec du 1er au 21e rang dans l'intérêt des minières, un sabotage en règle de notre industrie minière.

    Parmis ceux qui ont pris notre place , il y a la Suède, Norvège, la Finlande. Ces pays ont des normes environnementales élevées, ce qui prouve que ce n'est pas un problème pour les minières.

    Et en plus le PQ veut un référendum pour créer encore plus d'incertitude économique...et éloigner les investisseurs! Décidément Mme marois ne sera satisfaite que lorsque nous serons comme la Grèce! Elle fait tout pour nuire à notre économie et met tous ses oeufs dans l'idéologie; études sur 'l'identité, charte etc..

    • Guillaume Houle - Inscrit 4 mars 2014 18 h 03

      Ne pouvez-vous pas vous réjouir du fait que le gouvernement répare les erreurs des Libéraux? On parle de plus de redevances pour l'État Québécois.

      Ce sont des faits, du concret. Laissez de côté votre subjectivité partisane et émotive et réjouissez-vous de ce virage Pro-Québec, où les entreprises deviennent partenaires de l'État plutôt que d'en tirer les ficelles.

    • dietrik reinhardt - Inscrit 4 mars 2014 18 h 50

      moi je prend votre commentaire comme sarcastique car d aucune facon vous pouvez reelement croire ce que vous dites. Franchement, comparé le quebec a la grece ca ne fait aucun sens et vous le savez tres bien. on est en 2014, le quebec a une economie forte et sicerement, je ne vois pas d inconvénient a ce que les minieres n investissent pas notre territoire d un coup. De plus, comme vous avez surment vu dans le budget, les minieres rapportent moins de 400 millions au tresors publiques. Sur un budget de 70 milliard, il n y a pas de quoi s affoler.

      Arreter de poursuivre dans la campagne de peur du camp federaliste ca ne marche plus, les quebecois ne tombbent pu pour ces mensonges!

    • Kim Cornelissen - Inscrite 4 mars 2014 20 h 21

      D'où vient votre étude sur la Suède, Finlande et Norvège qui seraient mieux pour les minières ?

      Par ailleurs, les échos que j'ai de Suède et de Norvège, ce sont les nombreux problèmes que causent les minières... Ça ressemble au Québec, ça...!

  • Julie Carrier - Inscrite 4 mars 2014 11 h 50

    C'est fou...

    C'est fou comme l'argent fait changer le fusil d'épaule à des personnes qui autrefois avaient à coeur la protection de l'environnement.

    Un autre saccage en vue.

  • Michaël Lessard - Abonné 4 mars 2014 14 h 28

    Goldcorp, un modèle ?

    Je ne vais pas prendre le temps de vous nommer les divers cas d'espèce, mais Goldcorp n'est pas très aimé par plusieurs peuples qui subissent des mines d'or...

    C'est dégoûtant d'entendre le gouvenement du Québec en faire l'éloge.