Telus quitte à son tour le lobby de l’industrie

«Cette décision témoigne de notre volonté de miser sur notre stratégie distinctive “Le client d’abord”», a affirmé dans un courriel une porte-parole de Telus au Québec, Jacinthe Beaulieu.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz «Cette décision témoigne de notre volonté de miser sur notre stratégie distinctive “Le client d’abord”», a affirmé dans un courriel une porte-parole de Telus au Québec, Jacinthe Beaulieu.

Trois petits joueurs de la téléphonie sans fil se sont retirés du lobby de l’industrie en 2013 en l’accusant d’être trop centré sur les intérêts des grands acteurs, mais voici qu’un de ces grands vient de claquer la porte lui aussi.

 

Préférant faire cavalier seul en marge d’un groupe qui est composé notamment de Bell et de Rogers, Telus s’est retirée de l’Association des télécommunications sans fil (ACTS) hier matin avec l’intention de se concentrer sur son bassin d’abonnés.

 

« Cette décision témoigne de notre volonté de miser sur notre stratégie distinctive “ Le client d’abord ” », a affirmé dans un courriel une porte-parole de Telus au Québec, Jacinthe Beaulieu.

 

« Nous sommes reconnaissants pour l’excellent leadership de Bernard Lord [qui dirige l’ACTS]. Il a contribué au développement de notre industrie et nous souhaitons poursuivre notre collaboration avec lui pour des initiatives d’intérêt commun. »

 

Telus n’a pas fait d’annonce publique, signalant plutôt son retrait lors d’entrevues que son vice-président Josh Blair a données au Globe and Mail et à Canadian Press.

 

« Évidemment, l’ACTS est déçue de cette décision, mais respecte le voeu de Telus de faire valoir ses intérêts hors de l’ACTS, a écrit l’organisme. Nous serions ravis de voir Telus revenir comme membre à part entière si ses plans changeaient. »

 

L’industrie vient de traverser une période tumultueuse. Public Mobile (depuis rachetée par Telus), Mobilicity et Wind Mobile, qui avaient vu le jour à la suite des enchères de spectre sans fil de 2008, ont battu de l’aile en raison de problèmes financiers.

 

Une partie de l’attention a aussi été tournée vers l’organisation des enchères de spectre de 700 MHz, lequel navigue extrêmement bien dans les tunnels et les ascenseurs. (Il est devenu disponible grâce au passage de la télé au mode numérique.)

 

Les grands joueurs étaient limités dans ce qu’ils pouvaient acheter. Au cours de l’été 2013, les joueurs dominants que sont Bell, Rogers et Telus ont alors fait valoir qu’il était impensable de permettre à un groupe étranger — la rumeur voulait qu’il s’agisse de la société américaine Verizon — de participer à titre de « nouveau joueur ».

 

« Le gouvernement du Canada met en péril l’industrie canadienne du sans-fil. Les failles dans la réglementation, qui donnent un avantage aux géants américains pour les enchères de blocs de spectre, ne sont pas équitables et auront de lourdes conséquences sur chacun de nous », peut-on lire encore aujourd’hui sur un site Web mis sur pied pour l’occasion (soyonsequitables.ca).

 

Verizon, plus grande société américaine de l’industrie du sans-fil, n’a jamais signifié son intention de participer aux enchères.

 

Au cours de la vente, Telus a dépensé 1,14 milliard pour des blocs de spectre dans toutes les provinces, soit trois fois moins que Rogers avec ses achats de 3,3 milliards. L’investissement de Bell s’est chiffré à 566 millions comparativement à 233 millions du côté de Vidéotron.