Québec a besoin des autres provinces

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau : « L’harmonisation a été très bénéfique pour le Québec et pour le Canada, et on va poursuivre dans cette voie-là. »
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau : « L’harmonisation a été très bénéfique pour le Québec et pour le Canada, et on va poursuivre dans cette voie-là. »

Certains outils que Québec souhaite donner aux conseils d’administration pour qu’ils puissent mieux réagir aux offres d’achat hostiles ne peuvent être réalisés qu’avec la collaboration des autres provinces, a dit le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

 

Un groupe de travail a remis au ministre un rapport suggérant de modifier la Loi sur les sociétés par actions et qui reprend, par ailleurs, l’idée de « permettre aux conseils » d’exercer « pleinement » leurs devoirs fiduciaires lorsqu’ils sont visés par une offre non sollicitée.

 

Ce deuxième volet devrait faire l’objet de discussions pancanadiennes, a affirmé hier M. Marceau en marge d’un discours à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

 

« On parle de pilules empoisonnées, on parle de la durée de temps pendant laquelle la pilule peut être en place… Ça, ça exige une coordination avec les autres provinces »,a dit M. Marceau.

 

« Dès que j’en aurai l’occasion, je vais leur en parler, leur faire valoir que cette orientation-là est la bonne. Évidemment, on ne veut pas faire cavalier seul. L’harmonisation a été très bénéfique pour le Québec et pour le Canada, et on va poursuivre dans cette voie-là. »

 

Le groupe de travail était composé de Claude Séguin, vice-président chez CGI, Andrew Molson, l’avocat Robert Paré (conseil de Rona), André Dion (ex-Unibroue), l’ex-ministre Monique Jérôme-Forget et Michel Leblanc, le président de la Chambre.

 

Une« pilule empoisonnée » est un régime de droits des actionnaires. Il permet à ceux-ci de se procurer des actions supplémentaires à faible prix, une opération qui complique la tâche de l’acheteur, car l’acquisition coûte beaucoup plus cher.

 

L’an dernier, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont proposé d’augmenter les mesures temporaires pouvant être adoptées par les actionnaires. L’Autorité des marchés financiers du Québec a poussé la réflexion pour inclure les conseils d’administration.

 

L’allocution de M. Marceau a beaucoup porté sur le budget présenté la semaine dernière par le Parti québécois et sur les mesures à saveur économique dévoilées au cours des derniers mois.

 

Dans son mot d’introduction, le président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, a évoqué l’idée d’une éventuelle baisse d’impôts, une suggestion que le ministre n’a pas retenue d’emblée.

 

« On a des défis considérables, en particulier sur le plan des dépenses de santé. On va commencer par rétablir les choses et mettre de l’ordre dans nos finances publiques »,a dit M. Marceau lors d’un point de presse à la sortie de la salle.

 

Le ministre a notamment affirmé que Québec devra composer avec un vieillissement de la population qui exercera une pression sur les finances publiques et réduira le nombre de personnes sur le marché du travail.

 

« Évidemment, quand on admet qu’on doit baisser les impôts, c’est qu’on doit revoir le panier de services de l’État, et d’un autre côté, des stratégiques pour créer de la croissance économique »,a dit M. Leblanc.

 

M. Leblanc a dit qu’en ce qui concerne les entreprises, il faudrait notamment diminuer les taxes sur la masse salariale, qu’il qualifie de « frein direct perpétuel à la création d’emplois ».


 
5 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 28 février 2014 06 h 04

    Les autres provinces ont besoin du Québec..

    .., de Mme Marois, de M. Lisée, de M. Marceau,..., de...M. Dutton.

    En Amérique du Nord, la Nation québécoise pèse dans la balance beaucoup plus qu'en pensent le "ROC", les États-Unis et le Mexique.

    À la bonne vôtre!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 28 février 2014 08 h 47

      Quelqu'un doit se rendre compte qu'on est souvent à l'avant-garde quelque part !

      PL

    • Pierre Langlois - Inscrit 28 février 2014 22 h 16

      @ Gaétan Parent: Je me souviens très bien avoir entendu, à l'émission RDI économie, l'économiste Marcelin Joanis de l'Universite de Sherbrooke, un expert indépendant qui n'est ni un idoléogue ni un propagandiste, affirmer que le pourcentage de résidents qui ne paient pas d'impôts sur le revenu est exactement le meme ici qu'ailleurs en Amérique du Nord, incluant ce paradis sur terre qu'est l'Alberta...

  • Marcel Bernier - Inscrit 28 février 2014 09 h 00

    Comme dit Léo-Paul Lauzon...

    «Il faut taxer la richesse et les revenus [les profits des corporations et des banques], et non la consommation et les services publics, comme les garderies, si on veut vraiment créer de la richesse pour tous et non uniquement pour certains privilégiés. Mais nos élus n’ont pas l’indépendance et le courage de s’attaquer à la source de nos problèmes. Il leur est plus facile de couper et de tarifier les services sociaux et de taxer la classe moyenne.» C’est la seule méthode pour parvenir à équilibrer nos comptes publics.

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 28 février 2014 13 h 58

    Les "taxes sur la masse salariale"

    J'invite M. Leblanc à considéré ces "taxes" autrement.

    Elles ne portent d'ailleurs pas ce nom pour vrai et s'en est pas.

    Tous ces montants sont des mesures qui en réalité assurent une stabilité de salaire aux individus, et qui ont pour effet de stabiliser le pouvoir d'achats des individus selon les événements aux cours de leur vies.

    Ce sont toutes des mesures qui limitent l'économie en dent de scie, et je vois mal en quoi des commerçants devraient s'en plaindre.