Vidéotron veut-elle vraiment prendre pied au Canada anglais?

Au Québec, Vidéotron a profité de sa clientèle du câble pour asseoir son réseau sans fil, un avantage dont elle ne disposerait pas ailleurs si elle souhaitait devenir le quatrième joueur pancanadien du sans-fil.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Au Québec, Vidéotron a profité de sa clientèle du câble pour asseoir son réseau sans fil, un avantage dont elle ne disposerait pas ailleurs si elle souhaitait devenir le quatrième joueur pancanadien du sans-fil.

Au lendemain de la vente de spectre sans fil organisé par Industrie Canada, les paris sont ouverts à l’égard de ce que Vidéotron pourrait faire à l’extérieur du Québec avec les blocs de spectre de 700 MHz acquis en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

 

À la Bourse de Toronto, l’intérêt marqué des investisseurs pour le titre de Québecor, société mère de Vidéotron, s’est traduit par une poussée de 8 % à 25,50 $ grâce à un volume d’activité bien supérieur à la moyenne.

 

Mais selon un analyste de Valeurs mobilières Desjardins, il n’y a aucune certitude quant au désir concret de Vidéotron de sortir du Québec pour construire ce qui serait le quatrième réseau sans fil pancanadien.

 

« Nous croyons que la probabilité est faible », a écrit l’analyste Maher Yaghi dans une note aux clients. « Le démarrage du réseau sans fil avait été laborieux. […] Il a fallu trois ans avant de dégager un bénéfice d’exploitation. » Aussi, M. Yaghi souligne que Vidéotron s’est appuyée sur son bassin de clientèle du câble pour recruter des clients au sans-fil, un avantage « qu’elle ne pourrait pas utiliser » ailleurs au pays.

 

Aux yeux de plusieurs, le spectre de 700 MHz est perçu comme l’équivalent technologique d’un terrain à vendre au bord de la mer, principalement à cause de sa capacité à traverser les tunnels et à survivre aux ascenseurs. Il est devenu disponible quand les stations de télévision sont passées à la diffusion numérique.

 

Les droits achetés seront valides pendant 20 ans, contrairement à 10 ans lors des enchères de spectre de 2008 lors desquelles Ottawa avait récolté 4,3 milliards.

 

Le président de Québecor Média et chef de la direction de Vidéotron, Robert Dépatie, a simplement indiqué après le dévoilement des résultats qu’« étant donné le déroulement des enchères, l’entreprise ne pouvait passer à côté de l’occasion d’investir dans l’acquisition de licences d’une si grande valeur intrinsèque, ailleurs au Canada ». Il a ajouté que « diverses options s’offrent maintenant à nous afin de maximiser la valeur de notre investissement », sans en dire davantage.

 

Vidéotron a dépensé 233 millions pour du spectre qui couvre 80 % de la population canadienne, ce que plusieurs voient comme une somme relativement petite pour la qualité de ce qu’elle a acheté.

 

Par ailleurs, il n’est pas impossible, ajoute Valeurs mobilières Desjardins, que Vidéotron se serve comme prévu du spectre acquis en sol québécois et, advenant des changements aux règles fédérales, cherche à vendre les blocs hors Québec à une autre entreprise, nouvelle ou existante.

 

« Ça pourrait aussi être une occasion pour Vidéotron de se lancer dans des services de gros », dit Mark Goldberg, un analyste de Toronto qui organise annuellement le Sommet canadien des télécoms. En d’autres termes, la compagnie pourrait offrir de l’infrastructure sous-jacente à des sociétés comme Pétro-Canada ou Loblaw, qui vendent des forfaits sans fil.

 

Au total, les entreprises ont dépensé 5,3 milliards. Rogers a mené la charge avec un investissement de 3,2 milliards visant à arracher des blocs dans toutes les provinces. (Les achats par zone géographique à http://goo.gl/bTV6Fl)

 

De son côté, Bell a mis 566 millions, Telus a dépensé 1,14 milliard alors que sur le plan régional, Bragg a misé 20 millions pour les Maritimes et Sasktel a fait un chèque de 7,6 millions pour la Saskatchewan.

 

De leur côté, les titres de Bell, Telus et Rogers ont connu une séance sans grand mouvement à la Bourse de Toronto.

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