Les enchères ont rapporté plus de 5 milliards dans les coffres de l’État

Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir

Comme en 2008, les grands joueurs de l’industrie du sans-fil ont dépensé les plus gros montants lors de la vente aux enchères de spectre de 700 MHz, mais l’opération a été marquée par des achats de Vidéotron en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.

 

Au terme d’un processus de cinq semaines, Industrie Canada a indiqué que les entreprises ont dépensé 5,27 milliards pour le spectre de 700 MHz, hautement prisé car il permettra de mieux traverser les tunnels et de résister à l’épreuve des ascenseurs.

 

Rogers a misé 3,2 milliards, suivi de Telus avec 1,1 milliard et de Bell avec 565 millions. Vidéotron, dont les achats de sept licences couvrent une population de 28 millions de personnes, a dépensé 233 millions.

 

« Notre politique sur les services sans fil doit d’abord être avantageuse pour les consommateurs canadiens », a dit le ministre d’Industrie Canada, James Moore.

 

« Les résultats de ces enchères indiquent que ce but a été atteint. Les Canadiens profiteront bientôt du fait qu’un quatrième fournisseur de services sans fil dans chaque région du pays aura accès à ce spectre de premier ordre. »

 

Dix compagnies au total ont participé au processus, selon le ministre. Au final, 97 licences ont été octroyées à huit sociétés. Ce spectre de haute qualité est devenu disponible par la transition du monde à la diffusion numérique.

 

« Étant donné le déroulement des enchères, Québecor Média ne pouvait passer à côté de l’occasion d’investir dans l’acquisition de licences d’une si grande valeur intrinsèque, ailleurs au Canada, a affirmé le président de Québecor Média et chef de la direction de Vidéotron, Robert Dépatie. Diverses options s’offrent maintenant à nous afin de maximiser la valeur de notre investissement. »

 

Parmi les autres sociétés qui s’étaient qualifiées à l’opération figuraient Feenix Wireless (de l’homme d’affaires torontois John Bitove, qui a acheté une licence pour le Grand Nord canadien) et TBaytel (de Thunder Bay, qui n’a rien eu). Sasktel en a eu pour 7,6 millions, comparativement à 8,7 millions pour MTS au Manitoba. Dans les Maritimes, Bragg en a acheté pour 20,3 millions.

 

Le résultat surpasse de loin les attentes. Des analystes avaient prédit que la vente rapporterait au gouvernement fédéral une somme supérieure à 1,5 milliard, peut-être même 2,5 milliards.

 

Stimuler la concurrence

 

Le gouvernement fédéral ne cesse de répéter depuis quelques années qu’il souhaite davantage de concurrence dans le marché de la téléphonie sans fil.

 

À ce chapitre, plusieurs auraient voulu qu’une société étrangère aux reins solides s’inscrive à la vente, ce qui aurait alors mené à la création d’un quatrième grand joueur pancanadien. Pressenti dans un rôle de trouble-fête, le groupe américain Verizon a cependant refusé d’y participer, prétextant n’avoir jamais eu l’intention de mettre les pieds au Canada contrairement aux informations du Globe and Mail faisant état de discussions entre la compagnie et le personnel d’Industrie Canada en mai 2013.

 

En apprenant que Verizon ne viendrait pas, le ministre Moore avait indiqué au mois de septembre 2013 que cela ne traduisait « pas nécessairement » un échec de la part d’Ottawa pour stimuler la concurrence.

 

La dernière fois qu’Ottawa a organisé une telle vente aux enchères, le gouvernement avait récolté 4,3 milliards. Le plus gros chèque était venu de Rogers, à 999,4 millions. Telus et Bell Mobilité suivaient avec 880 millions et 741 millions respectivement. Vidéotron s’était classé au quatrième rang avec une dépense totale de 554 millions.

 

« L’ajout de spectre dans la bande de 700 MHz nous permettra d’étendre davantage notre couverture LTE aux régions rurales en déployant notre réseau à 97 % de la population », a indiqué Telus dans un communiqué.

 

Industrie Canada a indiqué dans ses documents que « le spectre de 700 MHz est à basse fréquence et [que] les soumissionnaires lui accordent une grande valeur puisqu’il se prête bien aux services de pointe : il transporte bien les signaux sur de longues distances, ce qui signifie que son déploiement nécessite moins d’infrastructure, et il pénètre mieux les structures que les bandes de spectre à plus haute fréquence ».