Jean Chrétien et Marcel Aubut changent d’employeur

L’ex-premier ministre canadien se joint à Dentons à titre d’avocat-conseil.
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir L’ex-premier ministre canadien se joint à Dentons à titre d’avocat-conseil.

Heenan Blaikie ayant fait le choix de sa dissolution, Jean Chrétien et Marcel Aubut se retrouvent sous d’autres cieux. L’ex-premier ministre canadien se joint à Dentons à titre d’avocat-conseil. Pour sa part, le président du Comité olympique canadien amène avec lui une trentaine de ses collègues de Québec et de Montréal dans le réseau de BCF.

 

Une semaine après l’annonce de la dissolution du cabinet Heenan Blaikie, spécialisé en droit des affaires, Jean Chrétien s’est retrouvé un nouveau poste d’avocat-conseil au sein du cabinet Dentons Canada. Il travaillera au bureau d’Ottawa, mais « jouera un rôle actif dans les autres bureaux du cabinet lorsque son expertise sera requise », peut-on lire dans le communiqué. Dentons est issu du regroupement, survenu en mars 2013, des cabinets Salans, Fraser Milner Casgrain et SNR Dentons, à l’international. Ce réseau abrite 2600 avocats et professionnels exerçant dans plus de 75 bureaux répartis dans une cinquantaine de pays.

 

Marcel Aubut, qui bénéficiait d’un statut particulier au sein de Heenan Blaikie à Québec, se joindra quant à lui à BCF. Il est suivi par une trentaine de ses collègues de Québec et de Montréal. Spécialisé en droit des affaires au Québec avec un bureau à Montréal, deux succursales à Québec, une à Sept-Îles et une autre à la Barbade, BCF regroupe plus de 200 avocats et professionnels. Il est membre du réseau international Meritas, un regroupement de 7000 professionnels présents dans plus de 80 pays.

 

Parmi les autres personnalités publiques reliées à Heenan Blaikie, Pierre Marc Johnson n’a toujours pas annoncé sa nouvelle association.

 

Vague de départs

 

Ces derniers déplacements surviennent moins d’une semaine après la décision du cabinet Heenan Blaikie de procéder à sa dissolution. Aux prises avec une vague de départs le forçant à entreprendre une restructuration majeure, le prestigieux cabinet n’a pu survivre à une dissension interne. À son sommet, le cabinet comptait plus de 500 avocats. Son réseau comprenait neuf bureaux au Canada et un à Paris. À Montréal, le bureau comptait sur la présence de 165 avocats et professionnels avant que ne se déclare l’hémorragie.

 

Perceptible depuis juillet 2013, l’exode s’est accéléré à la fin de janvier. Selon une liste récente, l’équipe s’occupant du droit de la santé avait fait le saut chez Lavery. Cette équipe est composée d’une douzaine d’avocats spécialisés, dont six au Québec. Puis trois vétérans, composant la force vive de Heenan Blaikie en droit des affaires, sont passés chez Osler, Hoskin au début de février. Une équipe d’Ottawa, spécialisée en droit réglementaire, s’est également jointe récemment à Gowlings et un groupe, également en droit du travail, grossissait les rangs de Fasken Martineau, à Toronto. Le lendemain, le cabinet Dentons annonçait l’arrivée de cinq nouveaux membres en droit immobilier et de deux en droit bancaire à son bureau de Montréal.

 

Au cours d’une réunion d’urgence tenue le premier week-end de février, les principaux associés convenaient que les bureaux régionaux deviendraient autonomes. Un partenaire international était recherché pour le bureau de Toronto. Ici, le nom de la firme DLA Piper, installée aux États-Unis, avait été avancé, mais les discussions auraient achoppé. L’on voulait également tenter le tout pour le tout afin de sauver celui de Montréal. Il appert qu’un plan de redressement invitant les partenaires-associés à contribuer à une recapitalisation a été rejeté au terme de cette réunion stratégique.

 

Les départs massifs sont venus sonner le glas du cabinet.

6 commentaires
  • Yves Gingras - Abonné 11 février 2014 05 h 08

    Quelle "expertise" au juste?

    Il serait bien de demander à ces "grands" cabinets d'avocats quelle est au juste l'expertise de tous les anciens politiciens qu'ils recrutent. Des personnages comme Chrétien et Charest qui ont fait plus de politique que de droit dans leur vie, en quoi sont-ils "experts"? En politique? Surement. En droit? J'en doute. Ils apportent probablement seulement leur "carnet d'adresse" et leur connexions au sein des gouvernements...

    • - Inscrit 11 février 2014 14 h 55

      C'est très bien vu. L'influencec de la grande bourgeoisie qui se sert des plus célèbres parvenus !

    • François St-Pierre - Abonné 11 février 2014 15 h 52

      Leur expérience des négociations complexes et leur connaissance des marchés étrangers et des relations internationales sont indispensables aux entreprises.

  • Marcel Bernier - Inscrit 11 février 2014 11 h 19

    L'art de se faire passe-muraille...

    Ce que nous dit la triste réalité, ici au Québec, côté enrichissement sans cause. Simple dans sa facture! Vous avez sûrement assisté à une représentation des Belles-sœurs de Tremblay ou lu la pièce. Et bien, vous savez quoi? Nos politiciens et nos politiciennes, pendant qu’ils et elles sont au pouvoir, font bien attention pour ne pas se faire prendre la main dans le sac. Cependant, comme nos Québécoises sur scène, ils amassent des timbres Gold Star dans leur petit livret de retours d’ascenseur. Et lorsqu’ils et elles ne sont plus en exercice, badam, ils et elles s’empressent d’échanger leurs timbres péniblement amassés pour des espèces sonnantes et trébuchantes dans des cabinets d’avocats-conseil et dans des postes d’administrateurs-trices de firmes (avec stock-options à la clé), auprès des clientèles auxquelles ils et elles ont procuré des avantages indus quand ils et elles étaient en position de pouvoir (le cas de Jean Charest est l’exception à la règle puisqu’il a dû justifier son train de vie et le parti libéral est venu à sa rescousse par un ingénieux stratagème). Ni vu ni connu!

  • gaston bergeron - Abonné 11 février 2014 12 h 09

    Expertise en magouillage

    ...mille fois démontrée par les révélations des commandites et des balles de golf pour la « guerre» contre le projet d'indépendance du Québec comme le déclarèrent Jean Chrétien, son bras droit Jean Pelletier et le témoin Guilbault.

  • - Inscrit 11 février 2014 14 h 53

    Deux beaux moineaux ...

    ... qui changent de niche. Ils n'ont par réussi à éviter la faillite du plus grand bureau d'avocats au Québec, ils vont tenter leur chance dans un autre ..
    Et on en fait une nouvelle !