Les Canadiens s'endettent et ils en ont les moyens

L'augmentation de l’endettement des consommateurs au Canada a été principalement le fait d’une augmentation annuelle de plus de 12 % des dettes hypothécaires.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L'augmentation de l’endettement des consommateurs au Canada a été principalement le fait d’une augmentation annuelle de plus de 12 % des dettes hypothécaires.

Le niveau de dettes des Canadiens a continué d’augmenter, l’année passée, mais ils ont, apparemment, les moyens de les honorer.

 

L’endettement des consommateurs au Canada totalisait 1422 milliards à la fin de 2013, soit 4,5 % de plus qu’à la fin septembre (1361 milliards) et 9,1 % de plus que 12 mois auparavant (1303 milliards), a rapporté lundi Equifax Canada. Cette augmentation a été principalement le fait d’une augmentation annuelle de plus de 12 % des dettes hypothécaires, qui composent presque les deux tiers de l’endettement des Canadiens, mais aussi d’une hausse presque équivalente (11,8 %) des dettes contractées auprès des commerçants (prêts à tempérament) et d’une hausse de près de 6 % des dettes de cartes de crédit.

 

Cette augmentation de l’endettement total n’a pas empêché le taux des retards de paiement de plus de 90 jours de poursuivre sa tendance à la baisse entreprise depuis la fin de la récession. Ce taux s’établit aujourd’hui à seulement 1,12 %, son niveau le plus bas depuis au moins 7 ans.

 

« La dette à la consommation fait assurément sourciller. C’est un chiffre qui semble dépasser l’entendement, a commenté dans le communiqué d’Equifax Christian de Ritis, directeur principal pour Moody’s Analytics. Cependant, les ratios du service de la dette sont stables et indiquent que la plupart des ménages ont des revenus adéquats pour s’acquitter de leurs obligations. »

 

Québécois moins endettés

 

Le total des dettes hors hypothèque a augmenté de 4,2 % en 2013, à 518,3 milliards. Le solde moyen hors hypothèque des individus a plus augmenté au Québec (+3,2 %) que la moyenne canadienne (+1,4 %), bien qu’il y suive généralement la même tendance à la hausse que dans le reste du pays depuis 2007 et que son niveau (environ 16 000 $ par personne) conserve plus au moins le même écart avec la moyenne du pays (à plus de 20 000 $).

 

À ce titre, ce sont les personnes âgées de 36 à 65 ans qui affichent les soldes individuels moyens hors hypothèque les plus élevés, entre 25 000 $ et 30 000 $. Comptant, encore en 2007, parmi les moins endettés au pays avec les jeunes de 0 à 25 ans et un solde d’un peu plus de 6000 $, les Canadiens de 65 ans et plus ont connu, depuis, un endettement plus rapide que les autres, leur solde avoisinant aujourd’hui 13 000 $, en hausse de 5,4 % par rapport à l’an dernier.

 

Parmi les grandes villes, c’est à Montréal que les individus affichent la dette moyenne hors hypothèque la moins élevée (à 5224$, en hausse de 2,3 %) et à Calgary où elle est la plus lourde (9274$, en hausse de 1,9 %).

 

C’est aussi au Québec qu’on trouve le taux de retard de paiement le plus faible au pays, à seulement 0,98 %, contre 1,23 % en Ontario et 1,42 % dans les provinces de l’Atlantique. Quant au nombre de faillites, il est en baisse au Canada depuis la fin de la récession en 2009 et s’élevait à la fin novembre à 117 437 pour la période de 12 mois précédents, en diminution de 8,6 % par rapport à 2012.

 

Pas de problème

 

Une forte majorité de Canadiens (85 %) disaient, le mois dernier, dans un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte d’Equifax, vouloir accorder la priorité absolue à l’acquittement de leur dette (38 %), à épargner plus d’argent (37 %), à investir dans des produits d’épargne, comme les REER et les CELI (24 %), ou encore à faire attention pour dépenser plus pour leurs besoins et moins pour leurs désirs. Ce désir d’assainir leurs finances personnelles n’empêchait pas 62 % des répondants d’estimer que leur situation financière était bonne et d’affirmer suivre un budget familial mensuel.

 

« Les tendances du crédit à la consommation devraient rester fermes tout au long de l’année, alors que l’économie américaine en expansion fait augmenter la demande des exportations canadiennes, a noté lundi Christian de Ritis. Les taux d’intérêt devraient rester relativement faibles tout au long de 2014, avec une hausse graduelle en 2015 et 2016 alors que les économies canadiennes et américaines s’intensifieront. Cette période de transition devrait permettre aux consommateurs d’ajuster leurs habitudes de dépenses tout en continuant de payer leurs dettes. »

2 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 11 février 2014 12 h 01

    Raisonnable?

    En cette période de taux d'intérêts très faible, il est raisonnable de s'endetter raisonnablement, surtout pour investir pour le moyen et long terme.

  • Andres Garcia - Inscrit 11 février 2014 16 h 58

    Une situation risquée

    Le produit brut interne du Canada est de CAD 1.82T (Google). Selon l'article, l'endettement des consommateurs est de CAD 1.42T.

    C'est à dire, l'endettement est de 78% du PBI. Ce semble "raisonnable" mais selon le Financial Post, la dette des ménagers canadiens est en moyenne de 163% du revenu familial, et ce semble très haut (pas au niveau des 250% des menages hollandais mais haut quand même).

    Je crois donc que nous sommes surendettés quand même.