La création d’emplois a été supérieure aux prévisions

Ottawa — L’économie canadienne a créé 29 400 emplois en janvier à la suite de son étonnant ralentissement de décembre — un revirement qui a été bien accueilli par le ministre des Finances, Jim Flaherty, lui qui se prépare à livrer son budget la semaine prochaine.

 

Le taux de chômage a en outre retraité de 0,2 point de pourcentage par rapport au mois de décembre pour s’établir à 7 % au premier mois de l’année, tandis que le nombre d’emplois à temps plein a progressé, révèlent les données publiées vendredi par Statistique Canada.

 

Le ministre Flaherty a estimé que la tendance de l’emploi était bonne. « Cela est rassurant en cette période où nous planifions le budget et nous nous attendons à une croissance modeste mais soutenue de l’emploi au Canada », a-t-il déclaré à Toronto.

 

Même si le nombre d’emplois créés surpasse les attentes des économistes — qui misaient sur 20 000 nouveaux emplois — certains d’entre eux ont averti que les chiffres mensuels étaient volatils et que la tendance générale du marché de l’emploi restait stagnante. « Même s’il n’est pas flamboyant, le solide revirement d’aujourd’hui représente une belle reprise par rapport aux horreurs du rapport sur l’emploi canadien du mois précédent », a estimé dans un rapport l’économiste en chef de BMO Marchés des capitaux, Doug Porter.

 

« Fait notable, cependant : le taux de chômage de 7 % est précisément inchangé par rapport à il y a trois mois et il y a un an. En d’autres mots, la tendance sous-jacente de la croissance de l’emploi est tout juste suffisante pour suivre la croissance de la population active — ni meilleure, ni pire. »

 

D’autres ont noté que le rebond ne représentait que les deux tiers des 44 000 emplois perdus en décembre. Capital Economics a estimé que ces chiffres permettaient de croire que « la mauvaise météo n’est pas le seul facteur de dépression pour les conditions du marché du travail ». La firme s’attend à de modestes gains dans l’emploi pour les quelques prochains mois.

 

L’économiste Peter Buchanan, de la Banque CIBC, a pour sa part fait valoir que même si la création d’emplois avait été meilleure que prévu, les données mensuelles sur l’emploi ne sont pas très révélatrices pour ce qui est du portrait économique plus large. « Ces chiffres sont volatils et nous avons eu un important déclin [en décembre] », a-t-il rappelé, tout en notant qu’il était encourageant de voir des gains dans les emplois à temps plein.

 

Hausse de l’emploi à temps plein

 

Quelque 50 500 emplois à temps plein ont été créés en janvier, tandis que le nombre d’emplois à temps partiel a reculé de 21 100. Le nombre de travailleurs autonomes a progressé de 28 300. Le taux d’activité de la population active — soit la proportion de personnes employés ou à la recherche d’un emploi — était de 66,3 % en janvier, comparativement à 66,4 % en décembre, la population active ayant diminué de 20 900 personnes. En outre, le taux d’emploi, ou la proportion de personnes en âge de travailler qui occupaient un emploi, était de 61,6 %, un taux inchangé par rapport au mois précédent.

 

L’emploi a augmenté de 12 700 au Québec le mois dernier, un gain entièrement attribuable à la création de postes à temps partiel, soit 13 500. Le taux de chômage a cédé 0,2 point de pourcentage pour s’établir à 7,5 %. Il a reculé de 0,4 point de pourcentage en Ontario, à 7,5 %. Quelque 6000 emplois ont été créés dans cette province, mais un moins grand nombre de personnes étaient à la recherche d’un emploi, a précisé Statistique Canada.

 


Par Maria Babbage