Front commun syndical contre le «laxisme» de la CCQ

Les syndicats œuvrant dans le secteur de la construction estime que la Commission de la construction du Québec ne fait pas son travail adéquatement pour enrayer le travail au noir dans cette industrie.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Les syndicats œuvrant dans le secteur de la construction estime que la Commission de la construction du Québec ne fait pas son travail adéquatement pour enrayer le travail au noir dans cette industrie.

Pour une rare fois, les cinq organisations syndicales de l’industrie de la construction font front commun. Elles viennent d’écrire conjointement à la présidente de la Commission de la construction du Québec, Diane Lemieux, pour se plaindre de ses méthodes d’enquête et de sa lenteur lorsqu’il y a dépôt d’une plainte concernant le travail au noir sur des chantiers.

 

La FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (international), la CSD-Construction, la CSN-Construction et le Syndicat québécois de la construction, qui représentent les quelque 165 000 ouvriers de la construction du Québec, affirment dans leur lettre commune que le temps de réponse des enquêteurs de la Commission de la construction s’est allongé depuis quelques mois, du moins lorsque la plainte émane du côté syndical.

 

Ce délai, soutiennent les cinq organisations syndicales de la construction, permet aux employeurs malhonnêtes de « camoufler leur fraude », voire de congédier les ouvriers qui se sont plaints de la présence de travail au noir sur le chantier.

 

Le problème vient du fait que la CCQ a modifié ses façons de faire, dans le cadre de sa lutte contre le travail au noir sur les chantiers. En entrevue, la présidente Diane Lemieux le confirme. Selon les cinq organisations syndicales, la CCQ privilégie les cas dits majeurs lors des inspections et enquêtes, ce qui fait que les cas interprétés comme mineurs sont « systématiquement tolérés, voire ignorés ».

 

En entrevue, le directeur général de la FTQ-Construction, Yves Ouellet, s’est plaint de ce qu’il voit comme un relâchement dans les façons d’enquêter et d’inspecter de la CCQ. « Quand vous prenez une auto de police et vous la mettez sur la 20, même si vous ne mettez pas de police dedans, le monde va ralentir quand ils vont arriver proche. C’est un automatisme. Bien sûr un chantier de construction, si tu laisses entendre que tes inspecteurs n’iront pratiquement plus, ou qu’ils vont n’y aller que sur des affaires extrêmes, mais que s’il y a des gars pas de cartes, bah, dans une semaine on va y aller. Et bien dans une semaine, le gars ne sera plus là. Et la plainte sera déclarée non fondée, alors que dans la réalité, elle est fondée. C’est juste parce qu’ils n’y sont pas allés ou qu’ils y sont allés dans un délai trop long. »

 

M. Ouellet rappelle que ce sont les travailleurs qui paient en partie pour la CCQ. Ceux-ci veulent donc voir des inspecteurs sur les chantiers et tiennent à une réponse rapide lorsqu’ils dénoncent des cas de travail au noir. À son tour, la présidente de la CCQ, Diane Lemieux, conteste l’affirmation selon laquelle ses inspecteurs seraient moins présents sur les chantiers. « Le nombre d’heures qu’on passe sur les chantiers a augmenté », assure-t-elle, étant passé de 34 500 à 37 000 visites par année.

 

Et le nombre de « plaintes de chantier » est passé de 4437 en 2012 à 5192 l’année suivante, a-t-elle souligné.

 

Elle attribue la perception des cinq organisations syndicales à une « incompréhension » des nouvelles façons de procéder et à de l’« inconfort » face à celles-ci. Mme Lemieux explique que dans sa lutte contre le travail au noir, la CCQ veut adopter différentes stratégies. Il n’y aura plus d’automatisme « une plainte-un inspecteur ». Ainsi, les plaintes sont désormais traitées comme des signalements, qui peuvent donner lieu à des enquêtes plus poussées, au montage d’un dossier sur un employeur, par exemple.

 

« L’automatisme que les syndicats avaient d’appeler à la CCQ — des fois, ils appelaient même des inspecteurs individuellement sur leur cellulaire — et de dire, de donner l’ordre: ‘‘va là’’, c’est ça que je veux briser, c’est ça que je suis en train de briser. Je peux comprendre que ça les fait réagir, parce que jusqu’à récemment, c’était l’approche. [Avant], les inspecteurs de la CCQ, c’était le prolongement de leur action syndicale », explique Mme Lemieux.


 
4 commentaires
  • Mario Leroux - Inscrit 7 février 2014 04 h 18

    Intimidation

    J°essaie d°imaginer ce que peut subir un travailleur non qualifié sur un chantier de construction où une majorité des travailleurs sont syndiqués.Les menaces et les gros bras doivent dominer. C°est cette culture que la CCQ veut voir disparaître des chantiers et ça dérange évidemment.Je serais curieux de connaître les statistiques à savoir quel pourcentage les indésirables représentent sur les gros chantiers?On doit pouvoir les compter sur les doigts de la main!

  • Simon Chamberland - Inscrit 7 février 2014 06 h 46

    Théorie du complot

    Les travailleurs de la construction, représentés par leurs syndicats, donc ceux sur le terrain, formulent des plaintes contre le travail au noir. Normalement, tous devraient êtres contents.

    Mme Lemieux, dans son bureau, déconnectée de ce qui se passe sur le terrain, invente une histoire de complot syndical pour expliquer les plaintes.

  • Carl Grant - Inscrit 7 février 2014 17 h 30

    Média GATORADE ...

    Je travaille partout au Québec sur tout les types de chantier depuis 8 ans.
    Je n'ai jamais été témoin d'intimmidation envers ma propre personne et j'ai très peu entendue d'acte d'itimmidation.

    Il règne une armonie dans la construction malgré ce que les gens de l'extérieur en pense. Les actes d'intimmidations sont surmédiatisé, l'opinion public me semble amplifier.

    Quand je dis qu'une armonie règne, c'est aussi l'équilibre entre la partis patronale et syndicale. Les compagnie sont a l'occasion très peu soucieuse du travailleur et de ses conditions. Les syndicats rétablisse l'équilibre.

    Nous avons un TRAVAIL A RISQUE, l'intimmidation viens parfois de l'employeur, assurer la sécurité sur un chantier peut lui couter TRÈS chère. Accepter de se mêtre a risque, c'est tourner les coins rond, sauté des étapes pour assurer sa sécurité et celle des autres.

    Ça permet d'être le 1er appeler sur la liste de l'employeur... c'est fréquent et ça, je le vois très souvent dans tout les corp de métier.

    Se forger une opinion ailleur qu'au Journal de Montréal et TVA. Se baser sur les grand des média par des journaliste professionnel et neutre comme Alain Gravel et compagnie. Au final une meilleurs compréhension de cette grand univers inconnue qu'est la construction.

    Les travailleurs du québec sont une main d'oeuvre particulièrement compétente, qualifier et productive si on se compare ailleurs.

    Ce que je vois c'est une ambiance de travail professionnel, des hommes et aussi des femmes qui travail très fort, qui sont professionnel par leurs attitudes, leurs compétentes et leurs déterminations.

    Le crimme organiser s'est maleureusement infiltré dans les rouages de la construction, mais au final ce n'est pas au travailleurs dans subir les conséquences

    qu'un ménage se fasse du haut vers le bas, pour la suite, nous avont besoin de nos syndicat.

  • Ouellet Yves - Inscrit 7 février 2014 18 h 27

    Quand ont sait pas de quoi ont parle...

    Monsieur Leroux,vous serait il possible de vous renseigner avant d émettre un commentaire comme celui la, c'est illégal d être sur un chantier si vous n avez pas de carte de compétence c'est une loi et tout les travailleur sont des personnes normales pas plus gros et pas plus petit que la moyenne normal,certain ont sûrement des gros bras comme la moyenne de la population mais chose certaine avant d'émettre des commentaires ils réfléchissent et s expriment sur ce qu'il connaissent ce qui n'est pas votre cas ,je vous invite donc à vous mettre des bottes de travail et d aller voir sur les chantiers ceux qui bâtissent le Québec et qui sont parmi les meilleurs au monde et après vous pourrez émettre un commentaires valable