Février comme si c'était janvier

Wall Street a continué sa chute amorcée en janvier.
Photo: Agence France-Presse (photo) Andrew Burton Wall Street a continué sa chute amorcée en janvier.
New York — Wall Street a succombé lundi à la multiplication des signaux préoccupants pour l’économie mondiale et a poursuivi sa dégringolade du mois de janvier, un mauvais indicateur américain s’ajoutant aux inquiétudes sur les pays émergents ou la zone euro.

Selon des résultats définitifs à la clôture, l’indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, a décroché de 2,1 % ou 326,05 points à 15 372,80 points, après avoir enregistré en janvier son pire mois depuis mai 2012, et son pire début d’année depuis 2009.

Le NASDAQ, à dominante technologique, a chuté de 2,6 % ou 106,92 points à 3996,96 points, passant ainsi sous le seuil symbolique des 4000 points. L’indice élargi S&P 500 a quant à lui cédé 2,3 % ou 40,70 points à 1741,89 points.

Signe de la nervosité du marché, l’indice de volatilité VIX, dit « indice de la peur », s’est envolé de 16,5 % à 21,44, repassant au-dessus de 20 pour la première fois depuis octobre.

Réagissant à deux indicateurs manufacturiers particulièrement décevants lundi dans les deux premières économies mondiales, aux États-Unis comme en Chine, Wall Street a été emportée dès l’ouverture par un mouvement de ventes qui s’est accéléré en fin de séance. « Le marché était jusque-là parvenu à se maintenir au-dessus de seuils psychologiques », a commenté Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital. Mais la Bourse de New York ayant été fortement bousculée ces derniers temps par le nouveau resserrement de la politique monétaire américaine, les turbulences persistantes dans les pays émergents ou les craintes de déflation en zone euro, ces seuils ont fini par être dépassés et « c’est le début de la correction que nous attendions », a souligné Peter Cardillo. La principale inquiétude est de voir les faiblesses économiques des marchés émergents avoir un effet négatif sur la croissance des marchés développés.

L’accélération de la chute des indices a été déclenchée lundi par le net ralentissement de l’expansion de l’activité des industries manufacturières en janvier aux États-Unis, plombée entre autres par les vagues de froid successives qui se sont abattues sur le centre et le nord-est du pays.

Les investisseurs continuent aussi à s’inquiéter pour la croissance de la Chine, deuxième économie mondiale, où la production manufacturière a chuté en janvier à son plus bas niveau depuis six mois. Autre élément alarmant : avec un recul de près de 2 % lundi, la Bourse de Tokyo est entrée dans une phase de correction en perdant plus de 10 % depuis fin décembre.

« C’est un peu ‘‘tous aux abris’’, a indiqué Steven Rosen, de la Société Générale. Personne n’est d’humeur à acheter et le marché pourrait bien descendre encore plus puisque la saison des résultats n’est pas vraiment enthousiasmante et qu’il n’y a pas vraiment de raisons de parier à la hausse. »

À Toronto l’indice composé S&P/TSX a culbuté de 208,74 points, soit 1,5 %, pour terminer la journée à 13 486,2 points. Le dollar canadien s’est pour sa part apprécié de 33 centièmes à 90,11 ¢US.

Sur Wall Street, la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a plongé de 326,05 points, soit 2,1 pour cent, à 15 372,8 points après que l’institut des gestionnaires en approvisionnement eut indiqué que son indice manufacturier de janvier avait reculé à 51,3 points, par rapport à 56,5 points en décembre — ce qui témoigne d’un ralentissement de l’activité, même si celle-ci continue à prendre de l’expansion. L’indice composé du Nasdaq a échappé 106,92 points à 3996,96 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 a glissé de 40,7 points à 1741,89 points.


Avec la Presse canadienne

À voir en vidéo