Enchères moins généreuses pour la deuxième ronde

Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir

Québec organise en mars prochain une vente aux enchères de crédits de carbone plus petite qu’en décembre 2013.

Le gouvernement du Québec prépare déjà la deuxième vente de droits d’émissions de carbone prévue en mars 2014, mais la taille des enchères sera considérablement plus petite que la première ronde de décembre 2013.

 

Le prix minimal des unités que pourront acheter les entreprises visées par le plafond d’émissions sera fixé à 11,39 $. Ces unités seront applicables aux années 2014 et 2017, alors que celles de décembre, vendues au prix plancher de 10,75 $, étaient liées aux années 2013 et 2016. (Une unité est égale à une tonne.)

 

Le défi des autorités, ici comme ailleurs, est cependant d’organiser des enchères de crédits de carbone qui se terminent au-delà du prix plancher. En Europe, par exemple, où les gouvernements ont récemment pris des mesures pour stimuler le marché, la tonne ne dépasse pas les 5 euros.

 

« On peut constater que le gouvernement a décidé de mettre en vente moins d’unités en mars que lors des enchères du mois de décembre, a dit Pierre-Olivier Pineau, spécialiste en politiques énergétiques à HEC Montréal. Le fait de restreindre l’offre, c’est peut-être pour qu’on évite de se retrouver encore au prix plancher, comme en décembre. »

 

En décembre, Québec avait mis en vente 3 millions d’unités pour 2013 et 6,3 millions pour 2016. Environ le tiers a été vendu. Cette fois, le gouvernement s’apprête à vendre 1 million d’unités pour 2014 et 1,5 million pour 2017.

 

Si tous les droits d’émissions étaient achetés lors de la vente du 4 mars, le gouvernement récolterait du coup 29,3 millions de dollars. La vente du mois dernier s’est soldée par une collecte de 24,9 millions.

 

Le Québec a imposé un plafond annuel global de 23,2 millions unités pour 2013 et 2014, un régime qui touche des papetières, des alumineries, des sociétés pétrolières et des entreprises pétrochimiques. Mais l’année 2015 marquera un tournant crucial, car des plafonds s’appliqueront alors au secteur du transport, très dépendant des combustibles fossiles. Le plafond annuel de 2015 passera donc à 65,3 millions de tonnes, et diminuera ensuite jusqu’à 54,74 millions en 2020.

 

Une partie des unités est offerte gratuitement aux émetteurs, alors qu’une autre sera graduellement soumise aux enchères. Le prix plancher des unités augmentera de façon automatique de 5 % par année jusqu’en 2020, plus l’inflation.

 

Le marché des crédits de carbone est encore en évolution. En Europe, où le prix de la tonne se situe présentement sous la barre des 5 euros, 28 gouvernements ont choisi de reporter la vente de 900 millions de tonnes — soit la moitié des quotas annuels — afin de resserrer le marché. La semaine dernière, l’agence financière Bloomberg a consulté neuf analystes dont la prévision médiane est celle d’une tonne qui coûtera désormais 7,75 euros.

 

Le Québec organisera cette année quatre ventes aux enchères, et son régime a été unifié avec celui de la Californie le 1er janvier dernier. Les résultats de la vente du 4 mars seront publiés trois jours plus tard.