Jean Coutu veut asseoir sa croissance sur les petits marchés

Désireux de poursuivre sa croissance, le groupe Jean Coutu a l’intention de se tourner vers les plus petits marchés, puisque l’entreprise considère que les possibilités de réaliser d’importantes acquisitions sont faibles.

 

C’est ce qu’a indiqué le président et chef de la direction de la société québécoise, François Coutu, jeudi, à l’occasion d’une conférence téléphonique concernant les résultats trimestriels du groupe.

 

La concurrence étant très féroce dans les grands centres urbains, notamment en raison des bannières Pharmaprix (Shoppers Drug Mart), Brunet (Métro), Uniprix, Familiprix et Proxim, Jean Coutu veut ainsi mettre l’emphase sur les marchés à l’extérieur des grandes régions de Montréal et de Québec. « Vous allez nous voir davantage dans ces marchés parce que nous avons eu du succès avec cette stratégie au cours des deux dernières années », a souligné M. Coutu.

 

Sans dévoiler le nombre d’établissements qu’elle veut ajouter à son réseau, l’entreprise québécoise a précisé que la superficie de ces succursales qui verront le jour pourrait varier entre 6000 et 7000 pieds carrés. « Nous ne pouvons pas arriver dans ces marchés avec une structure qui ne sera pas profitable, a expliqué M. Coutu. Les consommateurs vont avoir accès à une sélection plus étoffée que des magasins indépendants, mais c’est certain qu’il y aura des compromis sur l’offre de produits. ».

 

Selon l’analyste Irène Nattel, de RBC Marchés des capitaux, cette stratégie du groupe Jean Coutu lui permet de s’éloigner de certains concurrents, dont Target, qui se concentrent davantage sur les grands centres. « La population est également plus âgée dans les petits marchés, ce qui signifie qu’il y a une demande plus forte pour les médicaments prescrits », souligne-t-elle dans une note envoyée par courriel.


Résultats trimestriels

 

Quant à ses résultats du troisième trimestre, le groupe Jean Coutu a été en mesure d’afficher un bénéfice supérieur malgré un recul des revenus et des ventes. Le bénéfice net de l’entreprise a été de 62,5 millions, ou 30 ¢ par action, comparativement à 56,2 millions, ou 26 ¢ par action, pour le trimestre terminé le 1er décembre 2012. Toutefois, les ventes ont fléchi de 0,6 %, à 712,5 millions, comparativement à 716,6 millions pour le trimestre correspondant de l’année précédente. De plus, les ventes des magasins comparables ouverts depuis au moins un an, un indicateur clé du secteur de la vente au détail, ont reculé de 1,3 % au cours du trimestre. Elles ont glissé de 1,6 % dans la division pharmaceutique et de 1,3 % dans la section commerciale.

 

Le président et chef de la direction a reconnu que la concurrence entre les détaillants du secteur était féroce. « Ce n’est pas seulement l’arrivée de Target, a cependant nuancé M. Coutu. Tous les détaillants sont plus agressifs ces temps-ci. C’est en quelque sorte l’âge d’or pour les consommateurs. Je ne peux pas les blâmer d’aller ailleurs pour profiter de cette concurrence. »


Par Julien Arsenault