Les Québécois peinent à faire face à leur endettement et à leurs dépenses courantes

De sondage en sondage, il ressort que les Canadiens, davantage les Québécois, peinent à faire face à leur endettement et à leurs dépenses courantes.
Photo: Jacques Grenier - Archives Le Devoir De sondage en sondage, il ressort que les Canadiens, davantage les Québécois, peinent à faire face à leur endettement et à leurs dépenses courantes.

De sondage en sondage, les Québécois ressortent comme étant les plus pessimistes par rapport à leur situation financière. S’ils sont les plus nombreux à dire que leur santé financière ne s’est pas améliorée, leur confiance affichée n’est guère plus élevée présentement qu’il y a six ans, avant la crise.

 

Le plus récent coup de sonde revient à la Financière Manuvie. Calculé sur une base semestrielle, son indice de confiance des épargnants atteint 21 points, soit un point de moins que l’indice précédent. Mais au Québec, « le pessimisme des épargnants est particulièrement apparent, où l’indice de confiance est de 8, soit seulement trois points de plus que l’indice avant la crise financière de 2008 (5) », a mis en exergue l’institution financière.

 

« Il est assez surprenant de constater que les Québécois ont enregistré les résultats les plus faibles pour toute la gamme de produits de placement et d’épargne. Nous ne voyons vraiment aucune raison pouvant expliquer un tel pessimisme », a ajouté Guy Couture, vice-président régional de la division des Services aux particuliers. « Les Québécois ne croient pas que c’est un bon moment pour affecter de l’argent à des produits d’épargne ou de placement, et ils ne croient pas non plus que c’est un bon moment pour garder des liquidités ; il y a donc peut-être des matelas bien rembourrés au Québec. »

 

Ces résultats d’un sondage mené par Research House, du groupe Environics, pour la Financière Manuvie s’ajoutent aux autres données récentes conférant aux Québécois une humeur plutôt maussade. Ainsi, selon les résultats d’un autre sondage réalisé cette fois pour la Financière Sun Life et publiés le 16 décembre, 57 % des Canadiens disaient ne pas être en meilleure situation financière qu’il y a un an. Ce sentiment d’appauvrissement se mesurait davantage chez les femmes et les personnes de 55 ans et plus, où le pourcentage atteignait 61 %. Et il était pire chez les Québécois, 63 % ne pouvant indiquer qu’ils sont en meilleure situation financière qu’il y a un an.

  

Plus pauvres

 

Ce dernier constat est confirmé par Manuvie. Dans ses résultats publiés lundi, on observe que les résidants du Manitoba et de la Saskatchewan sont les plus nombreux (49 %) à déclarer que leur situation financière était meilleure qu’il y a deux ans, devant les résidants des provinces de l’Atlantique (39 %) et ceux du Québec (35 %).

 

Ce qui a fait dire à l’institution que « les Québécois font peut-être preuve d’une trop grande prudence après la crise financière, mais il est possible qu’elle leur soit profitable à certains égards. En effet, le Québec devance les autres provinces dans la mesure où plus de la moitié de ses résidants (53 %) ont déclaré être en bonne voie pour atteindre leurs objectifs financiers. De plus, 6 % des répondants ont déclaré avoir surpassé leurs objectifs financiers, le taux le plus élevé après celui de l’Alberta, où il est de 8 % », a souligné Guy Couture.

 

D’ailleurs, les conclusions d’un sondage CIBC–Harris-Decima rendues publiques vendredi faisaient ressortir que les Canadiens tentaient d’abord de satisfaire leurs besoins immédiats, cette préoccupation se voulant plus grande chez les Québécois. Le remboursement des dettes demeure ainsi la principale priorité pour 16 % des répondants canadiens, et 12 % des répondants québécois. Suivent la gestion des dépenses courantes et le paiement des factures, une priorité pour 8 % des Canadiens, mais pour 11 % des Québécois, les objectifs à plus long terme comme la planification de la retraite étant relégués au second plan. D’ailleurs, seulement 6 % des Québécois (contre 11 % des répondants à l’échelle canadienne) se disaient disposés à accroître leur épargne.

 

De sondage en sondage, il ressort que les Canadiens, davantage les Québécois, peinent à faire face à leur endettement et à leurs dépenses courantes. « Les résultats de cette année s’inscrivent aussi dans une tendance persistante en ce qui a trait aux objectifs et aux questions de nature financière à court terme, qui deviennent de plus en plus importants pour les Canadiens, tandis que les objectifs à long terme, par exemple la planification de la retraite, ont chuté dans le classement », a indiqué la CIBC. « Ainsi, alors que la planification de la retraite était la principale priorité financière de 13 % des Canadiens au début de 2011, elle occupe ce rang pour seulement 7 % des Canadiens à l’aube de 2014. À l’inverse, le paiement des factures a grimpé les échelons de façon constante depuis 2011. »


 
6 commentaires
  • Ronald Houde - Inscrit 7 janvier 2014 08 h 41

    Quand t'as pas d'argent... t'as pas d'argent!

    Je peine à comprendre la logique de monsieur Couture derrière l'énoncé suivant: « Les Québécois ne croient pas que c’est un bon moment pour affecter de l’argent à des produits d’épargne ou de placement, et ils ne croient pas non plus que c’est un bon moment pour garder des liquidités ; il y a donc peut-être des matelas bien rembourrés au Québec. »
    La réalité, monsieur Couture, est peut-être plutôt que les Québécois sont tellement endettés qu'ils n'ont plus un sou noir libre dans leurs poches pour mettre de côté. Vous devriez peut-être sortir de votre tour de crystal pour aller vivre dans le vrai monde pour quelques mois pour voir comment ce "vrai monde" vie les difficultés actuelles d'une économie toujours sur le point de s'effondrer et une population accroc à la surconsommation financée à coup de cartes de crédit.

    • Michel Mondat - Inscrit 7 janvier 2014 12 h 33

      Vous avez tout à fait raison, monsieur Houde, on ne peut pas faire saigner une roche...
      Et pendant ce temps, les banques, les pétrolières et les pharmaceutiques affichent des profits toujours à la hausse.
      Elles sont où les hausses de salaire???
      Pour résumer, les québécois de la classe moyenne peinent à chaque mois pour payer leurs comptes, sans avoir recours au crédit.

    • Guy Vanier - Inscrit 7 janvier 2014 16 h 24

      Et le ministre de finances du canada nous dit que nous ne sommes pas trop endettés.
      Quelqu'un peut-il allez le réveiller et ça presse.

  • Benoît Gagnon - Inscrit 7 janvier 2014 12 h 24

    La confiance

    Les assureurs, banques et autres organismes financiers ne sont et ne seront jamais, pour moi, des sources de confiance.

    Parce que la confiance, par chez moi, ça se mérite...

  • Francois Cossette - Inscrit 7 janvier 2014 13 h 49

    Une vraie joke que tout cela !!!!!

    Selon le ministre des finances on consomme pas assez, mais selon les banques on est trop endetté, ca serait bon que tout ce beau monde se parle pour avoir un discours coherent.

  • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 7 janvier 2014 15 h 19

    Si on arrêtait de se faire voler au quotidien, ça aiderait.